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Le Mans 66

  • Le Mans 66
    Basé sur une histoire vraie, le film suit une équipe d'excentriques ingénieurs américains menés par le visionnaire Carroll Shelby et son pilote britannique Ken Miles, qui sont envoyés par Henry Ford II pour construire à partir de rien une nouvelle automobile qui doit détrôner la Ferrari à la compétition du Mans de 1966.

Critique de Mulder

  • A Sylvain,

    "Aujourd’hui, l’action au cinéma se veut généralement spectaculaire et renforcée par des effets numériques. J’ai voulu au contraire quelque chose de profondément analogique, de réel et de brut. Je désirais montrer ce qu’il y a de séduisant dans ces bolides, la mécanique, les moteurs, le danger. Ces hommes roulaient à plus de 300 km/h coincés dans une fine coquille d’aluminium autour d’une piste. C’était un vrai miracle qu’ils aient une telle audace, un miracle qu’ils survivent dans de telles conditions. Et je voulais que les spectateurs puissent le ressentir aussi." – James Mangold

    Si nous devions retenir cette année qu’un film pour ses nombreuses qualités mais aussi pour avoir réussi à nous conquérir autant par sa mise en scènes inspirée, son duo au sommet de deux des meilleurs comédiens actuels, cela serait sans aucune hésitation Le Mans 66 (Ford V Ferrari). Certains films marquent notre mémoire à jamais que cela soit des films révolutionnaires ou faisant preuve de l’œuvre d’un réalisateur visionnaire marquant à jamais de sa patte un cinéma mondial. On sent une réelle volonté du réalisateur James Mangold de chercher en permanence à proposer des films de qualité et surtout de se renouveler. Après avoir réalisé un film policier marquant (Copland (1997), un thriller parfait (Identity (2003), un western crépusculaire (3h10 pour Yuma (2007), une comédie d’action efficace (Night and Day (2010) et redonner toute sa splendeur au personnage de Wolverine (Wolverine, le combat de l’immortel (2013) et Logan (2017)), il s’attache cette fois à raconter sur la base d’un excellent scénario écrit par Jez Butterworth, John-Henry Butterworth, Jason Keller comment Ford a réussi à faire preuve d’une réelle recherche en innovation pour terrasser Ferrari à la compétition du Mans en 1966.

    Alors que de nombreux films cherchent en permanence à en mettre plein la vue aux spectateurs mais ne rien proposer de réellement nouveau ni de chercher à trouver une manière d’apporter une pierre à l’édifice de certains genres, Le Mans 66 présente non seulement deux portraits de deux hommes, ne cherchant à aucun moment à être glorifier mais à jouer dans les règles et avec un réel attachement à leurs convictions et à leur métier mais aussi faisant équipe pour se battre réellement. Carroll Shelby (Matt Damon) et Ken Miles (Christian Bale) ont été pour beaucoup de véritables héros du monde des courses automobiles. Chacun de ses deux hommes avaient un respect mutuel pour l’autre et avait leur propre caractère. Shelby après avoir été un grand coureur automobile était chaleureux et coriace et savait que Ken Mies était le meilleur coureur automobile malgré un côté ombrageux et sa franchise totale.

    Si le film est aussi captivant c’est qu’il réussit non seulement à reproduire à la perfection les années 60 mais aussi à donner une réelle présence aux différents personnages. Le spectateur est ainsi le témoin de comment les courses se préparaient et se déroulaient et surtout de l’envers du décor guère flatteur pour certains dirigeants se croyant tout permis et n’écoutant pas toujours les conseils des bonnes personnes. Une nouvelle fois, le comédien Christian Bale s’est totalement investi dans son rôle comme Matt Damon et on sent un respect mutuel entre les deux comédiens et leur personnage.

    En découvrant ce film, on se replonge totalement dans une véritable fresque à l’image de L'Étoffe des héros (The Right Stuff) (1983) de Philip Kaufman. De la même manière les nombreuses scènes de course sont filmées à la perfection et surtout en évitant de recourir à des effets spéciaux. Cette volonté du réalisateur pour que les spectateurs ressentent une véritable immersion sur ces courses se ressent en permanence. Certes les films Grand Prix (1966) de John Frankenheimer et Le Mans (1971) ont servi de références aux scénaristes mais l’histoire ici contée retrouve toute la force des fresques de Sergio Leone et de Clint Eastwood portées par un casting parfait mais aussi par une réalisation inspirée et une photographie inoubliable.

    Le Mans 66 montre une nouvelle fois que James Mangold est l’un des plus grands réalisateurs actuels mais surtout que Christian Bale est assurément le meilleur comédien actuel. Aussi à l’aise dans des blockbusters hollywoodiens que des films indépendants, il mérite amplement ici une nouvelle nomination pour les prochains Oscars de meilleur comédien. Nous ne pouvons donc que vous conseiller de découvrir et revoir ce film inoubliable qui sera non seulement vous passionner mais aussi vous émouvoir. La dernière scène du film reste à ce titre à jamais marquée dans notre mémoire…

    Le Mans 66 (Ford v Ferrari)
    Un film de James Mangold
    Produit par Peter Chernin, Jenno Topping, James Mangold
    Sur un scénario de Jez Butterworth, John-Henry Butterworth, Jason Keller
    Avec Matt Damon, Christian Bale, Caitriona Balfe, Jon Bernthal, Tracy Letts, Josh Lucas, Noah Jupe, Remo Girone, Ray McKinnon
    Musique de Marco Beltrami
    Directeur de la photographie : Phedon Papamichael
    Montage Michael McCusker, Andrew Buckland
    Production : 20th Century Fox, Chernin Entertainment
    Distribution Walt Disney Studios Motion Pictures
    Date de sortie : 30 août 2019 (Telluride), 13 novembre 2019 (France), 15 novembre 2019 (Etats-Unis)
    Durée : 152 minutes

    Vu le 5 octobre 2019 à la Salle Fox, en VO

  • 5

Critique de Marianne Velma

  • Commençons avec un constat : Vous pouvez ne pas aimer les sports mécaniques ou même n’avoir que très peu d’intérêt pour les belles cylindrées, et pourtant vous vous passionnerez quand même pour cette histoire de compétition un peu folle entre Ford et Ferrari qui a agité les circuits dans les années 60. Pourquoi ? Parce que le cinéma a ce pouvoir fou : rendre accessible et graphique des contingences réservées habituellement aux experts. Comme pour la boxe, les voitures sont éminemment cinématographiques et Le Mans 66 ne déroge pas à la règle.

    Il faut dire que derrière la caméra, James Mangold sait ce qu’il fait. De Copland à Logan en passant par Walk the Line, le cinéaste qui s’est essayé à pas mal de genres différents affiche une filmographie riche et de plus en plus personnelle. Ne nous le cachons pas, Le Mans 66 avec sa facture classique s’inscrit dans cette grande tradition du cinéma hollywoodien. Sa mécanique narrative parfaitement bien huilée, comme les voitures dont elle parle, est un pur bonheur cinéphile. La construction de chaque séquence apparaît comme particulièrement fascinante à observer. Car chacune a son importance dans l’avancée de l’intrigue et/ou le développement des personnages.

    Derrière le volant, Mangold a opté pour deux figures quasi aussi iconiques que les bolides qu’elles conduisent. Matt Damon qui trimballe sa bonhomie depuis 25 ans sur les écrans incarne avec force tranquille Carroll Shelby. Il fait face au plus rugueux Christian Bale qui s’en donne à cœur joie dans le rôle du chien fou Ken Miles. Les deux électrisent à coup de joutes verbales les dialogues du long métrage, ce qui rend les séquences hors-pistes presque aussi excitantes que celles qui se jouent sur le bitume. Pas de doute cette bataille d’égo entre Ford et Ferrari, derrière laquelle se cache forcément la fierté américaine, vous réserve son lot de surprises et de suspens.

    Sur les circuits, Mangold envoie sa caméra au 7e ciel. Il maîtrise la vitesse sans jamais perdre le spectateur en route. Aucun doute que Le Mans 66 devrait figurer en bonne place des nominations aux prochains Oscars. A titre personnel, j’aurais aimé que ce classicisme ultraléché s’autorise parfois quelques sorties de routes, notamment dans sa manière de traiter le personnage de l’épouse de Miles, interprété par Caitriona Balfe (Outlander). Mais le résultat sublime mérite plus que largement votre attention.

    Le Mans 66 (Ford v Ferrari)
    Un film de James Mangold
    Produit par Peter Chernin, Jenno Topping, James Mangold
    Sur un scénario de Jez Butterworth, John-Henry Butterworth, Jason Keller
    Avec Matt Damon, Christian Bale, Caitriona Balfe, Jon Bernthal, Tracy Letts, Josh Lucas, Noah Jupe, Remo Girone, Ray McKinnon
    Musique de Marco Beltrami
    Directeur de la photographie : Phedon Papamichael
    Montage Michael McCusker, Andrew Buckland
    Production : 20th Century Fox, Chernin Entertainment
    Distribution Walt Disney Studios Motion Pictures
    Date de sortie : 30 août 2019 (Telluride), 13 novembre 2019 (France), 15 novembre 2019 (Etats-Unis)
    Durée : 152 minutes

    Vu le 5 octobre 2019 à la Salle Fox, en VO

  • 4.5