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Mon chien stupide

  • Mon chien stupide
    Henri est en pleine crise de la cinquantaine. Les responsables de ses échecs, de son manque de libido et de son mal de dos ? Sa femme et ses quatre enfants, évidemment ! A l’heure où il fait le bilan critique de sa vie, de toutes les femmes qu’il n’aura plus, des voitures qu’il ne conduira pas, un énorme chien mal élevé et obsédé, décide de s’installer dans la maison, pour son plus grand bonheur mais au grand dam du reste de la famille et surtout de Cécile, sa femme dont l’amour indéfectible commence à se fissurer.

Critique de Mulder

  • Adapter un roman à succès est souvent un exercice difficile tant il faut non seulement trouver le bon axe d’adaptation en lui restant fidèle mais aussi apporter plusieurs éléments nouveaux pour faire d’une fiction utilisant un langage littéraire une œuvre cinématographique vivante et rythmée. L’auteur américain John Fante a publié en 1986 le roman Mon chien stupide (My dog stupid) dans le cadre du cycle Molise après Les Compagnons de la grappe (The Brotherhood of the Grape) en 1977. Le cadre de l’histoire ne se déroule plus ici aux Etats-uis au bord du pacifique mais en France dans le pays basque. Comme dans le roman, un chien fait irruption dans la vie chaotique d’un auteur à succès qui ne trouve plus l’inspiration entre sa femme en dépression nerveuse et des enfants en difficultés et en pleine crise.

    Co-écrit et réalisé par Yvan Attal (avec l’aide de Dean Craig, Yaël Langmann), Mon chien stupide se révèle être une comédie dramatique au tempo parfait mettant en scène la destruction d’une famille vivant sur le succès d’un père de famille incapable d’écrire un nouveau roman à succès et souhaitant trouver l’inspiration nécessaire. La réussite du film tient au fait que le réalisateur a su se réapproprier l’œuvre de John Fante et s’est entouré notamment de sa femme dans la vie Charlotte Gainsbourg et de leur propre fils Ben Attal. Il en ressort un film aux multiples niveaux de lecture passionnant, profondément amoral (comme le livre) et donnant une vision juste d’un couple en période de crise.

    La voix off qui est omniprésente et importante dans ce film lui donne une intonation toute particulière. Il en ressort une comédie dramatique dans laquelle un homme essaie de retrouver son inspiration et surtout qui cherche à avoir sa maison pour lui tout seul avec son chien homosexuel, pas propre et surtout qui semble proche de la débilité profonde. Il faut reconnaitre une réelle volonté à chaque plan de trouver le bon angle et surtout de donner vie au récit.

    Après notamment ma femme est une actrice (2001), Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants (2003), Do not Disturb (2012), Yvan Attal continue à préférer donner le rôle principal féminin à sa femme afin de s’investir totalement dans son œuvre et couper la séparation entre sa vie professionnelle et personnelle. Dans ce sens son cinéma se révèle être passionnant car réellement nourri par son vécu. A l’exception faite du film Le brio (son meilleur à ce jour, avec Daniel Auteuil et Camelia Jordana), Yvan Attal continue à faire des films qui lui ressemblent et toujours à vouloir autant plaire au public qu’à lui-même. Ce ressenti oscille tout au long du film qui réussit autant à nous faire réfléchir sur nos erreurs personnelles que pour la recherche de son propre équilibre personnel.

    Certes Mon chien stupide ne s’imposera pas comme l’un des meilleurs films de cette année mais se laisse regarder avec plaisir et surtout bénéficie d’un casting intéressant et de comédiens investis réellement dans leur rôle.

    Mon chien stupide
    Un film d’Yvan Attal
    Sur un scénario d’Yaël Langmann et Yvan Attal,
    d'après le roman Mon Chien Stupide (My Dog Stupid) de John Fante
    Avec Yvan Attal, Charlotte Gainsbourg, Pascale Arbillot, Éric Ruf, Panayotis Pascot, Sébastien Thiéry, Ben Attal, Adèle Wismes, Pablo Venzal
    Photographie : Rémy Chevrin
    Montage : Célia Lafitedupont
    Musique : Brad Mehldau
    Production : Vincent Roget, Georges Kern et Florian Genetet-Morel
    Sociétés de production : Same Player, Montauk Films, Good Times Productions ; coproduit par France 2 Cinéma
    Société de distribution : Studio Canal (France)
    Date de sortie : 30 octobre 2019 (France)

    Vu le 1 novembre 2019 au Gaumont Disney Village, Salle 14 place A19

  • 3.5