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Stephen King's Doctor Sleep

  • Stephen King's Doctor Sleep
    Encore profondément marqué par le traumatisme qu'il a vécu, enfant, à l'Overlook Hotel, Dan Torrance a dû se battre pour tenter de trouver un semblant de sérénité. Mais quand il rencontre Abra, courageuse adolescente aux dons extrasensoriels, ses vieux démons resurgissent. Car la jeune fille, consciente que Dan a les mêmes pouvoirs qu'elle, a besoin de son aide : elle cherche à lutter contre la redoutable Rose Claque et sa tribu du Nœud Vrai qui se nourrissent des dons d'innocents comme elle pour conquérir l'immortalité. Formant une alliance inattendue, Dan et Abra s'engagent dans un combat sans merci contre Rose. Face à l'innocence de la jeune fille et à sa manière d'accepter son don, Dan n'a d'autre choix que de mobiliser ses propres pouvoirs, même s'il doit affronter ses peurs et réveiller les fantômes du passé…

Critique de Mulder

  • Fascinant semble être le mot correspondant le mieux pour décrire le nouveau film écrit et réalisé par Mike Flanagan (The mirror (2013), Pas un bruit (2016), Ouija : les origines (2016), Ne t’endort pas (2016)..). Après avoir déjà adapté avec succès notre auteur préféré Stephen King pour Netflix (Jessie (2017) et créé une des séries les plus terrifiantes de ce service de streaming vidéo (The Haunting of Hill House), son nouveau film se veut à la fois être un hommage et une suite de Shining (1980) de Stanley Kubrick et également une adaptation fidèle du roman homonyme de Stephen King validé par l’auteur lui-même. Il faut reconnaitre que le résultat est une réussite indéniable qui s’inscrit dans le registre des grands films d’horreur du cinéma puisant aussi bien son énergie dans le cinéma des années 70 mais aussi en s’inscrivant dans notre société actuelle.

    Ecrit en 1977, Shining occupe une place importante aux yeux de son auteur non seulement car il mettait en lumière son addiction passée pour l’alcool mais aussi la source de son inspiration pour créer un véritable univers angoissé personnalisé à la perfection par cet hôtel délabré l’Overlook. Jack Torrance un professeur qui a perdu son emploi d’enseignant suite à son addiction à l’alcool, accepte ainsi un emploi de gardien dans cet hôtel et s’installe avec sa femme Wendy et leur jeune fils unique Danny (un médium). Peu à peu l’hôtel va s’avérer être hanté et possède Jack Torrence le forçant à tuer sa femme et son fils. Wendy et Danny réussissent à s’échapper à temps alors que Jack meurt pendant l’explosion de cet hôtel.

    Alors que le livre mettant en avant les thématiques de la désintégration de la famille mais aussi des méfaits de l’alcool dont le père de l’auteur et lui-même étaient addicts, l’adaptation de Stanley Kubrick prend un réel recul par rapport au livre et fait que ce réalisateur s’empare de cet univers pour le démystifier et se le réapproprier en y injectant lui-même ses propres peurs. Certes le film de Stanley Kubrick s’est imposé comme un chef d’œuvre du septième art mais a été renié d’une certaine manière par Stephen King. Une autre adaptation sous la forme de deux téléfilms a vu le jour en 1997 réalisée pour la télévision par Mick Garris sur un scénario de Stephen King lui-même (le résultat fut assez décevant car de nombreux éléments ont été gommés pour être diffusé en prime time à la télévision). Il aura fallu attendre trente-six ans pour que Stephen King publie la suite de Shining et raconte l’histoire du jeune Danny Torrance qui a du apprendre à maitriser son don et faire face également à son addiction pour l’alcool.

    Dès les premières scènes du film, le réalisateur et scénariste Mike Flanagan revisite le film Shining en recréant une scène culte du film de Stanley Kubrick mais aussi montant une réelle volonté de de ne pas dénaturer l’œuvre de Stephen King. Son approche se révèle être à double tranchant tant sa mise en scène est parfaite et réussit réellement à nous faire peur mais s’accompagne d’un autre côté d’un rythme très lent pouvant agacer certains spectateurs habitués à des montages hachés dignes des réalisateurs hollywoodiens comme Michael Bay nettement plus inspirés par l’aspect vidéoclip de films que de créer un univers opaque et immersif. Reste que Stephen King’s Doctor Sleep retrouve toute la force du grand cinéma fantastique et donne vie à des personnages à la psychologie parfaitement maitrisée. Certes Mike Flanagan change volontairement plusieurs éléments du roman notamment la fin mais réussit pour autant à rester fidèle à la trame du roman qu’il adapte.

    Si Stephen King’s Doctor Sleep est d’une efficacité redoutable c’est qu’il repose non seulement sur l’un des meilleurs livres de Stephen King mais qu’il réussit à prolonger le film Shining et à donner vie à des personnages multiples que cela soit cette tribu sillonnant les Etats-Unis en camping car en tuant de jeunes enfants possédant le don du Shining dont ils se repaient mais aussi qu’il montre l’union entre une jeune fille, Abra Stone possédant un grand pouvoir et les liens l’unissant à Danny Torrance. Souder pour mettre fin aux agissements de cette bande dirigée par Rose O’Hara, ils devront pourtant retourner à l’hôtel Overlook pour affronter celle-ci dans un dernier combat.

    Alors que Shining n’avait pas eu l’approbation de Stephen King, il faut reconnaitre que cette suite lui convient parfaitement car on ressent un réel lien entre le réalisateur et cet auteur. Il en ressort un grand thriller horrifique mené de main de maitre par un réalisateur expert dans ce genre et surtout qui a pu se reposer sur un excellent casting dans lequel on retrouve avec plaisir la superbe Rebecca Ferguson et surtout Ewan McGregor dans l’un de ses meilleurs rôles. De ce fait nous ne pouvons que vous conseiller ce film réussi et qui s’impose instantanément comme un classique du genre et surtout faisant de Mike Flanagan un maitre de l’épouvante de manière indéniable.

    Doctor Sleep
    Un film réalisé et écrit par Mike Flanagan
    d’après le roman Doctor Sleep de Stephen King
    Produit par Trevor Macy et Jon Berg
    Avec Ewan McGregor, Rebecca Ferguson, Kyliegh Curran, Cliff Curtis, Bruce Greenwood, Alex Essoe
    Directeur de la photographie : Michael Fimognari
    Montage : Mike Flanagan
    Direction artistique : Austin Gorg, Richie Bearden, Justin O’neal Miller
    Compositeur : The Newton Brother
    Costumes : Terry Anderson
    Décors : Maher Ahmad, Patricio M. Farrell, Gene Serdena
    Effets spéciaux : Ken Gorrell
    Maquillage : Greg McDougall
    Production : Warner Bros, Vertigo Entertainment, Intrepid Pictures
    Distribution : Warner Bros
    Durée : 2 h 32
    Date de sortie : 30 octobre (France)

    Vu le 1 novembre 2019 au Gaumont Disney Village, Salle 16 place A19, en VF

  • 5

Critique de Marianne Velma

  • Il y a des films qui repoussent les frontières de l’imagination. Shining, film hypnotique de Stanley Kubrick appartient à cette catégorie. Une fois terminé, encore un peu terrifié, impossible de ne pas se demander ce qui va se passer après. Comment Danny va pouvoir se remettre d’un tel traumatisme ? Et surtout, que va-t-il advenir de l’âme torturée de Jack Torrence qui a succombé aux forces maléfiques de l’hôtel Overlook ?

    Stephen King a attendu plusieurs années mais il a répondu à ces questions pour nous dans la suite de Shining, Doctor Sleep. En portant à l’écran ce sequel, Mike Flanagan était face à un double défi : rendre hommage au film culte de Kubrick tout en respectant l’histoire originelle de Stephen King. Autant dire qu’il se trouvait devant une montagne quasi infranchissable. Mais Flanagan, passé maître dans la chasse aux fantômes (On lui doit la magnifique série The Haunting of Hill House), réussi à déjouer les pièges de cet exercice périlleux pour nous offrir un thriller psychologique d’horreur inspiré.

    Le film commence par convoquer de manière frontale l’imagerie de Kubrick en reprenant certaines séquences mythiques. Ce cadeau cinéphilique est réalisé sobrement, sans effets de manche, car Flanagan connaît parfaitement le pouvoir iconique de cet univers seventies sur les spectateurs. Nul besoin d’en rajouter. Une fois cette entrée en matière dépassée, Flanagan décide d’évacuer toutes ces références pour trousser un film personnel et créer ses propres marques. Plusieurs scènes créatives, jouant notamment avec les lois de géométrie et de l’espace viennent ainsi donner une personnalité à Doctor Sleep.

    Au-delà de ces considérations esthétiques, le film séduit avant tout grâce à son pouvoir narratif. Cette histoire de bataille rangée contre des créatures maléfiques se nourrissant du « Shining » des enfants est un pur plaisir de storytelling. On aurait aimé en savoir un peu plus sur les origines de ces vilains à l’apparence séduisantes (Rebecca Ferguson avec son chapeau magique possède une aura magnétique qui sied parfaitement à son personnage). Mais leurs confrontations avec la jeune Abra (qui n’a rien de la victime adolescente habituelle) et Danny (Ewan McGregor, parfait) est conçue comme un trompe l’œil particulièrement palpitant.

    Doctor Sleep est un film qui prend son temps. Certains lui reprocheront sans doute ses 2 h 32 pourtant cette durée permet aux enjeux émotionnels de l’œuvre de King de se déployer pleinement. Le trauma de Danny d’un côté, le quotidien d’Abra de l’autre, le fil psychologique se construit finement rendant le combat final particulièrement émouvant. Tous les fantômes (métaphoriques, réels et cinéphiliques) y sont invoqués une dernière fois pour mieux effrayer le spectateur. Vous n’en avez décidément pas fini d’avoir peur dans les longs couloirs déserts des hôtels.

    Stephen King's Doctor Sleep
    Un film réalisé et écrit par Mike Flanagan
    d’après le roman Doctor Sleep de Stephen King
    Produit par Trevor Macy et Jon Berg
    Avec Ewan McGregor, Rebecca Ferguson, Kyliegh Curran, Cliff Curtis, Bruce Greenwood, Alex Essoe
    Directeur de la photographie : Michael Fimognari
    Montage : Mike Flanagan
    Direction artistique : Austin Gorg, Richie Bearden, Justin O’neal Miller
    Compositeur : The Newton Brother
    Costumes : Terry Anderson
    Décors : Maher Ahmad, Patricio M. Farrell, Gene Serdena
    Effets spéciaux : Ken Gorrell
    Maquillage : Greg McDougall
    Production : Warner Bros, Vertigo Entertainment, Intrepid Pictures
    Distribution : Warner Bros
    Durée : 2 h 32
    Date de sortie : 30 octobre (France)

    Vu le 29 octobre 2019 dans la Salle Warner Bros, en VO

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