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Maléfique : le pouvoir du mal

  • Maléfique : le pouvoir du mal
    Plusieurs années après avoir découvert pourquoi la plus célèbre méchante Disney avait un cœur si dur et ce qui l’avait conduit à jeter un terrible sort à la princesse Aurore, Maléfique - le pouvoir du mal continue d’explorer les relations complexes entre la sorcière et la future reine, alors qu’elles nouent d’autres alliances et affrontent de nouveaux adversaires dans leur combat pour protéger leurs terres et les créatures magiques qui les peuplent.

Critique de Mulder

  • Alors que le premier volet ne nous avait pas complètement charmé, il faut reconnaître que ce second volet se révèle être une réussite indéniable non seulement par les différentes thématiques abordées mais aussi par une volonté certaine de donner vie à un film fantastique plus complexe et plus adulte. La plupart des suites ont tendance à exploiter les éléments forts du premier film sur lesquels elles reposent. Maléfique 2 semble vouloir quant à lui prendre un recul certain avec le premier volet et surtout Cendrillon, film d’animation ayant servi de base pour le premier volet. Nous retrouvons donc plusieurs années après les faits relatés dans Le premier film la jeune princesse Aurore qui s’apprête à se marier et celle qu’elle considère dorénavant comme sa propre mère Maléfique.

    Le scénario de Linda Woolverton, Noah Harpster et Micah Fitzerman-Blue gagne non seulement en maturité mais également en efficacité en abordant ainsi les thèmes de certains régimes totalitaires opprimant certains peuples, la protection de la nature, les apparences souvent trompeuses et les liens du sang. On prend assez vite parti pour la princesse Aurore qui tombe malgré elle dans un piège fomenté par la Reine Ingrith visant à détruire les créatures fantastiques du royaume et imposer ainsi sa vision sur son royaume. Maléfique : le pouvoir du mal aligne ainsi avec une réelle intelligence les scènes d’action sans oublier de jouer sur les codes des films fantastiques et d'heroic fantasy avec ses dragons, ses anges ailés et ses multiples créatures. La noirceur qui émane du film donne à celui-ci une réelle identité et évite de tomber dans le piège de la fadeur de nombreux films fantastiques voulant plaire à tous et perdant de ce fait une grande part de leur saveur.

    Maléfique : le pouvoir du mal montre de nouveau ce que doit être un film fantastique réussi, loin d’être un déferlement d’effets spéciaux outranciers comme de nombreuses productions récentes, c’est d’abord l’intrigue qui se doit d’être soignée. La réalisation de Joachim Ronning (Opération sabotage (2008), Pirates des Caraïbes : la vengeance de Salazar (2017), Origin (2018),..) sied parfaitement à la volonté de donner une réelle noirceur au récit et de montrer que la frontière entre le bien et le mal est souvent infime et repose réellement sur les motivations des personnages. On appréciera ainsi de voir certains enfantillages réduits au maximum pour donner au récit une réelle noblesse.

    En donnant une plus grande importance aux origines de Maléfique, le film évite des redites et montre que le cinéma hollywoodien est encore capable de nous étonner voire de nous émouvoir. Alors que de nombreuses productions Disney semblent nettement plus orientées vers un jeune public, ce film s’impose par ses nombreuses qualités et son originalité comme l’un des événements cinématographiques marquants de cette fin d’année (on comprend donc assez mal l’embargo critique imposé jusqu’à la veille de sa sortie au cinéma en France).

    On reconnait ici tout la force des divertissements familiaux des studios capables de plaire autant à un public jeune (la photographie particulièrement soignée créée une réelle immersion auprès du public dans ce monde de contes de fées) qu’adulte en abordant de nombreuses thématiques actuelles. Entre la grâce incarnée et la fragilité de la jeune princesse Aurore (Elle Fanning parfaite comme à l’accoutumée), la présence impressionnante de Maléfique incarnée par Angelina Jolie et celle dans un contre rôle de Michelle Pfeiffer dans le rôle de la Reine Ingrith le film ne manque pas de charme et mérite amplement d’être découvert au cinéma dans les meilleures conditions possibles.

    Maléfique : le pouvoir du mal (Maleficent: Mistress of Evil)
    Un film de Joachim Rønning
    Produit par Joe Roth, Angelina Jolie, Duncan Henderson
    Sur un scénario de Linda Woolverton, Noah Harpster, Micah Fitzerman-Blue
    Sur une histoire de Linda Woolverton basée sur les personnages du film d’animation Disney La Belle au bois dormant et La Belle au bois dormant de Charles Perrault
    Avec Angelina Jolie, Elle Fanning, Chiwetel Ejiofor, Sam Riley, Ed Skrein, Imelda Staunton, Juno Temple, Lesley Manville, Michelle Pfeiffer
    Musique de Geoff Zanelli
    Directeur de la photographie : Henry Braham
    Montage : Laura Jennings, Craig Wood
    Production : Walt Disney Pictures, Roth Films
    Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
    Date de sortie : 18 octobre 2019 (Etats-Unis), 16 octobre2019 (France)
    Durée ; 118 minutes

    Vu le 9 octobre 2019 au Publicis Cinémas, Salle 1, en VO

  • 4

Critique de Marianne Velma

  • Dans la grande famille Disney, je demande Maléfique (inspirée de la Fée Carabosse), méchante emblématique du classique La Belle aux bois dormants. Réhabilitée dans un premier film sorti en 2014, la pas si vilaine marraine fait son retour dans ce deuxième opus. Toujours portée par une Angelina Jolie qui prête une certaine étrangeté au personnage, Maléfique va cette fois devoir faire face à une guerre entre les humains et les fées.

    Comme dans le premier long métrage, l’univers apparaît irrémédiablement comme le point fort de cette nouvelle aventure. Outre la forêt magique et ses créatures qui se disputent toutes ou presque le prix de la « mignonnerie » de l’année, on retiendra surtout l’antre des fées obscures dont les premières images rappellent les créations contemporaines de Serra. Les formes angulaires de Maléfique avec ses cheveux détachés en font à ce moment-là presque une sculpture d’art brut.

    Si du côté de la partition graphique, le fourmillement créatif est indéniable, on aurait aimé que la réciproque soit vraie pour la section scénario. Las, il n’en est rien. Une fois les enjeux exposés, le mariage d’Aurore avec Philippe fait ressortir les vieilles rancœurs entre l’humanité et le monde magique. Tout se déroule de manière assez linéaire. Il n’y a guère que quand le film introduit la lignée originelle de notre fée sombre que notre curiosité est vraiment éveillée.

    Dans son traitement thématique, le long métrage de Joachim Rønning tente évidemment d’être en phase avec son époque. Cette guerre inter-espèce n’est rien moins qu’une métaphore sur l’avidité des hommes à s’approprier des terres (et des ressources) qui ne sont pas les leurs. Le propos écologique se joint en plus ici à une métaphore assez sombre sur le génocide des indigènes. Mais tout ceci reste bien trop inoffensif pour nous bouleverser complètement.

    Pour qu’on y croit un peu plus, encore aurait-il fallu donner de vraies nuances à la némésis. Car si Michelle Pfeiffer prend un plaisir évident à incarner cette méchante reine, ses cartes trop prévisibles depuis le début de la partie finissent par la disqualifier au rayon des grands vilains Disney. On ne parlera pas non plus de la gente masculine, particulièrement falote, que nous offre le film. Même Diaval, le corbeau si charismatique a perdu de son panache entre les deux films. Heureusement, Elle Fanning avec son minois de petit elfe s’octroie sans effort la caution émotion de Maléfique. Son duo avec Angelina Jolie fonctionne à merveille. De quoi redonner du cœur à ce conte hollywoodien.

    Maléfique : le pouvoir du mal (Maleficent: Mistress of Evil)
    Un film de Joachim Rønning
    Produit par Joe Roth, Angelina Jolie, Duncan Henderson
    Sur un scénario de Linda Woolverton, Noah Harpster, Micah Fitzerman-Blue
    Sur une histoire de Linda Woolverton basée sur les personnages du film d’animation Disney La Belle au bois dormant et La Belle au bois dormant de Charles Perrault
    Avec Angelina Jolie, Elle Fanning, Chiwetel Ejiofor, Sam Riley, Ed Skrein, Imelda Staunton, Juno Temple, Lesley Manville, Michelle Pfeiffer
    Musique de Geoff Zanelli
    Directeur de la photographie : Henry Braham
    Montage : Laura Jennings, Craig Wood
    Production : Walt Disney Pictures, Roth Films
    Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
    Date de sortie : 18 octobre 2019 (Etats-Unis), 16 octobre2019 (France)
    Durée ; 118 minutes

    Vu le 9 octobre 2019 au Publicis Cinémas, Salle 1, en VO

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