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Rambo : Last Blood

  • Rambo : Last Blood
    Onze ans après les évènements en Birmanie, John Rambo vit dans l'ancien ranch de son père à Bowie, dans le comté de Cochise dans l'Arizona. Il gère les lieux avec sa vieille amie Maria Beltran et sa petite-fille, Gabrielle. Cette dernière se rend au Mexique, pensant y rencontrer son père biologique, mais kidnappée par un Cartel de la drogue mexicain. Rambo va alors tenter de la sauver.

Critique de Mulder

  • Créé en 1972 par l’écrivain David Morrell le personnage de John James H. Rambo aura non seulement été un roman américain marquant stigmatisant les blessures d’une Amérique blessée par son échec de la guerre du Vietnam allant jusqu’à rejeter les soldats s’étant battu pour leur pays et ayant pour beaucoup laisser leur vie voi des blessures qui ne se refermeront jamais.

    Adapté au cinéma dans un premier volet devenu culte au fil du temps. Réalisé par Ted Kodcheff, le premier volet prenait un certain recul par rapport au livre homonyme allant jusqu’à en changer la fin. La réussite de ce film tient autant du miracle que de la présence charismatique du comédien Sylvester Stallone qui s’imposait alors que le véritable visage d’une Amérique certes encore meurtrie mais qui allait de l’avant. Le second volet resté comme beaucoup comme l’un des meilleurs films de guerre renvoyait John Rambo au Vietnam pour libérer des otages et surtout gagner sa propre guerre. Réalisé par George Pan Cosmatos et co-scénarisé par James Cameron, ce second volet était certes moins original et moins émouvant mais marquait amplement des points en faisant de Sylvester Stallone une star mondiale. Le troisième réalisé par Peter MacDonald en 1988 était certes le moins réussit malgré la présence toujours remarquable de Sylvester non seulement dans le rôle principal mais également co-scénariste. Il aura fallu attendre plus de vingt ans pour que Sylvester Stallone s’empare réellement du personnage et signe la réalisation de l’un des volets les plus réussis de cette saga cinématographique culte. Sortir en 2008, John Rambo s’imposait par ces dernières minutes hyper violentes et dans lesquelles la fureur de ce vétéran de la guerre du Viêt Nam rende sa propre justice et renvoie une armée entière à néant. On se doutait qu’après une telle réussite et surtout une fin montrant le personnage de John Rambo arriver dans sa maison familiale à Bowie en Arizona dans un coin reculé et perdu d’Amérique, un autre film allait se profiler à l’horizon.

    On comprend aisément la volonté du producteur, co-scénariste et comédien principal de clore la saga consacrée à l’un de ses deux personnages cultes et mondialement apprécié (Avec Rocky Balboa). De la même manière, avec le temps passé, son personnage n’a plus la même force qu’avant et garde une volonté de donner le meilleur de soi pour aider non seulement ses proches (sa vieille amie Maria Beltran et sa petite fille Gabrielle dont la mère est morte et le père qui s’est enfui au Mexique un être de la pire espèce). Ce n’est donc pas un hasard non plus que dès la première scène du film on découvre un Rambo loin du guerrier que l’on connait mais plutôt un cow-boy qui préfère la solitude et venir en aide que de se reposer dans sa propriété. Les nombreux traumatismes du personnage principal ne sont en aucun cas oublié et les nombreux médicaments que John Rambo prend sont non seulement un moyen de ne pas se déconnecter du monde mais aussi de trouver la force de continuer. Ses nombreux amis sont en effet morts hormis Gabrielle que John Rambo considère comme sa propre fille et Maria Beltran. Lorsque Gabrielle partie au Mexique malgré le désaccord de sa grand-mère et de John Rambo se retrouve prisonnière d’un dangereux cartel , ce dernier n’a d’autre solution que de repartir en guerre et tenter de libérer celle-ci.

    Certes la première heure du film s’éloigne du film de guerre symptomatique des précédents volets mais c’est pour mieux donner vie au personnage de John Rambo, de nous décrire un être qui a vieilli, qui s’est refermé sur lui et qui semble ne trouver plaisir qu’a travailler dans sa ferme en élevant de chevaux et construisant des couloirs souterrains lui rappelant son passé et les tranchées de la guerre du Viet nam. Lorsque John Rambo après avoir été brutalisé par tout un gang et sauvé in extrémis de la mort par une journaliste dont la sœur est morte à cause de ce même gang qui prostitue des femmes enlevées en les droguant, décide de se venger, il doit non seulement mettre fin aux agissements du très dangereux Victor Jaenada un des deux frères chefs de ce gang mais aussi préparer son propre territoire à une armée complète constituant ce cartel.

    La dernière demie heure du film s’avère juste extrêmement jubilatoire et d’une violence exacerbée. Il faut reconnaître que la point de violence dépasse allègrement celle du volet précédent et nous montre que ce film n’aurait jamais pu avoir une telle force et émotion si il avait été conçu au sein d’une des majors américaines préférant trop souvent minimaliser la violence pour plaire au plus grand nombre quitte à livre des films perçus plus comme de simples produits marketing que des œuvres d’auteurs. Certes Rambo Last Blood reste avant tout une brillante série B mais réussie autant à nous faire pleurer le temps d’une scène très dure et juste inoubliable que de nous proposer un film d’action comme on aimerait plus en voir au cinéma (même si la sage John Wick a déjà réussi à nous montrer que le cinéma d’action comme on l’aime tant existe encore).

    Rambo : Last Blood bénéficie également non seulement d’une belle photographie signée par Brendan Galvin, d’une réalisation inspirée de Adrian Grunberg (Kill the Gringo (2012)) mais surtout de la très belle musique de Brian Tyler (il avait également signé celle du précédent volet). Une fois de plus on ne peut qu’applaudir la somme de talents réunis et donnant une force réelle à celui-ci. Impossible de ne pas penser au film de James Mangold, Logan (2017) dans lequel le comédien Hugh Jackman faisait ses adieux à son personnage de James Logan Howlett (Wolverine).

    Rambo : Last Blood malgré des critiques US guère bonnes (ce fut le cas aussi des précédents volets) ne trahi en rien le personnage de John Rambo, au contraire le film lui permet de livrer son dernier combat et à Sylvester Stallone qui on ne le redira jamais est un excellent comédien de dire adieu à son personnage. On en ressort avec la volonté d’applaudir un tel film et surtout on peut se délecter lors du générique de fin de moments importants des précédents films (on remarquera au passage la variation de l’ossature de Sylvester Stallone entre 1985 et 2019 pour donner vie à ce personnage).

    Rambo: Last Blood
    Un film d’Adrian Grunberg
    Produit par Avi Lerner, Kevin King Templeton, Yariv Lerner, Les Weldon
    Sur un scénario de Matt Cirulnick et Sylvester Stallone
    Sur une histoire de Sylvester Stallone
    Basé sur les personnages de David Morrell
    Avec Sylvester Stallone, Paz Vega, Sergio Peris-Mencheta, Adriana Barraza, Yvette Monreal, Genie Kim, Joaquín Cosío, Oscar Jaenada
    Musique de Brian Tyler
    Directeur de la photographie : Brendan Galvin
    Montage : Todd E. Miller, Carsten Kurpanek
    Production : Millennium Media, Balboa Productions, Templeton Media
    Distribution : Lionsgate (Etats-Unis), Metropolitan (France)
    Date de sortie : 20 septembre 2019 (Etats-Unis), 25 septembre 2019 (France)

    Vu le 25 septembre 2019 au Gaumont Disney Village, Salle 01 place L20 , en VF

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