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Skin

  • Skin
    Un jeune homme désorienté, élevé par un groupe de skinheads suprémacistes blancs dont il est un illustre membre, décide de renoncer à toute haine et violence pour une nouvelle vie. Bien que soutenu par un activiste noir et la femme qu’il aime, trahir ceux qui lui ont tout donné, y compris la colère, le mènera dans une situation inextricable.

Critique de Mulder

  • Triste état des lieux d’une société américaine dans laquelle des groupuscules extrémistes souvent constitués de personnes d’une classe sociale pauvre se laissent manipuler et n’arrivent pas à comprendre que la société ne peut évoluer qu’en agissant ensemble et en faisant place à une véritable entente interraciale.

    Ecrit, coproduit et réalisé par Guy Nattiv (Mabul (2010), Strangers (2007), Magic Men (2014)), Skin est le premier film américain d’un réalisateur israélien. Après avoir réalisé un court métrage à l’origine de ce long métrage et portant le même titre, récompensé par l’Oscar du meilleur court métrage en 2019, le réalisateur Guy Nattiv nous livre un film porté par l’interprétation remarquable de Jamie Bell (Billy Elliot (2000), King Kong (2005), Snowpiercer, le Transperceneige (2013), Les 4 Fantastiques (2015), Rocketman (2019)..).

    Ce film est inspiré de l’histoire vraie de Byron Widner qui avait déjà été mis en avant à travers un documentaire, Erasing Hale (2011). Cet homme ne ressentant que haine raciale et ancien skinhead va ouvrir les yeux en tombant amoureux d’une femme ayant perçu la bonté qui était toujours présente en lui et sa volonté de protéger à tout prix les siens. Le scénario très convaincant et la mise en scène percutante de Guy Nattiv font de ce film un des films événements du festival du cinéma américain de Deauville.

    Alors que les films issus des grands studios américains tentent trop souvent de proposer des œuvres d’une neutralité exacerbée tout en voulant ne froisser personne et plaire à tous, des films comme Skin montrent qu’il est préférable de se donner les moyens de faire passer des messages forts. Le réveil de la conscience de Byron Widner face à des actions condamnables du groupe de skinheads suprémacistes blancs dont il fait parti est d’autant plus juste qu’il montre l’endoctrinement de certains personnes faibles vivant en grande précarité et voyant dans ce type de mouvement un moyen uniquement de survivre. Un tel constat montre l’autre face d’une Amérique se voulant un modèle mondial mais n’arrivant pas à contrôler la rancœur persistante de certains individus voyant dans les minorités raciales les explications d’un chômage en perpétuelle hausse et le fait de ne pas pouvoir vivre dans de bonnes conditions.

    Skin aurait mérité amplement un prix lors de la cérémonie de clôture du festival de Deauville et il s’impose à nos yeux comme l’un des meilleurs de la compétition officielle de cette année.

    Skin (Etats-Unis)
    Un film écrit et réalisé par Guy Nattiv
    Produit par Guy Nattiv, Jaime Ray Newman, Oren Moverman, Dillon D. Jordan, Celine Rattray, Trudie Styler
    Avec Jamie Bell, Danielle Macdonald, Daniel Henshall, Bill Camp, Louisa Krause, Zoe Colletti, Kylie Rogers, Colbi Gannett, Mike Colter, Vera Farmiga
    Musique de Dan Romer
    Directeur de la photographie : Arnaud Potier
    Montage : Lee Percy, Michael Taylor
    Production : Voltage Pictures, Maven Pictures, PaperChase Films, Lost Lane Entertainment, Item 7, Sight Unseen Pictures
    Distribué par A24 (Etats-Unis), DirecTV Cinema, , The jokers (France)
    Date de sortie : 8 septembre 2018 (TIFF), 26 juillet 2019 (Etats-Unis)
    Durée : 110 minutes

    Vu le 7 septembre 2019 au Centre International de Deauville, en VO

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