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Seberg

  • Seberg
    Dans les années 1960, Jean Seberg, comédienne principale d’À bout de souffle et icône de la Nouvelle Vague, fut l’une des victimes du programme de surveillance COINTELPRO, mis en place par le FBI. Son engagement politique et romantique avec l’activiste des droits civiques Hakim Jamal fit d’elle une cible idéale qui permit au FBI de lancer une campagne de dénigrement à son encontre afin de discréditer le mouvement de revendications du Black Power. Jack Solomon, un jeune et ambitieux agent affecté à sa surveillance, ne pensait pas alors mettre sa carrière en danger...

Critique de Mulder

  • Si le film Seberg réussit à nous captiver ce n’est malheureusement pas dû à la mise en scène trop quelconque de Benedict Andrews (Una (2017)) mais surtout à l’interprétation remarquable de Kristen Stewart.

    Se basant sur des faits réels, le film retrace le déclin d’une brillante comédienne, Jean Seberg (A bout de souffle (1960), L’homme a la tête félée (1966), Airport (1970)..) qui suite à ses engagements politiques va se retrouver face au FBI désireux de noircir son portrait et de la voir disparaitre. L’engagement politique et romantique avec l’activiste des droits civiques Hakim Jamal fit d’elle ainsi une cible idéale et amena à la rupture de son couple avec son mari le réalisateur français Romain Gary.

    Par sa forme rappelant de nombreux excellents thrillers politiques des années 70, Seberg réussit à retenir notre attention et bénéficie d’une reconstitution historique de qualité. Le scénario de Joe Shrapnel et Anna Waterhouse permet de mettre en avant aussi bien les agissements nauséabonds du FBI mais aussi de mieux comprendre la position de Jean Seberg prônant une cause juste celle de l’égalité des droits aux Etats-Unis des afro-américains. Certes nous ne pouvons pas accepter les agissements de certains groupuscules violents comme les Black Panthers mais comprenons aisément et défendons leurs idées pour une égalité raciale indispensable au sein de notre société.

    Il est intéressant de voir comment certaines forces de l’ordre sont prêtes à dépasser le cadre légal de leurs activités pour arriver à leurs fins. Nous ne pouvons que condamner le FBI pour cela et vouloir protéger cette jeune comédienne Jean Seberg cherchant à défendre une cause juste qui ébranlera non seulement sa carrière mais sa vie privée. La structure du film nous permet ainsi de mieux comprendre les faits qui se sont déroulés et surtout d’ouvrir notre conscience sur une période guère glorieuse pour les Etats-Unis

    Autour de Kristen Stewart (Jean Seberg) nous retrouvons Anthony Mackie (Hakim Jamal), Jack O'Connell (Jack Solomon), Zazie Beetz (Dorothy Jamal), Vince Vaughn (Carl Kowalski), Colm Meaney (Frank Ellroy) et la superbe Margaret Qualley (Linette). Indéniablement cet excellent casting donne au film une réelle valeur ajoutée. Pourtant la mise en scène guère inspirée de Benedict Andrews ne permet pas de faire de Seberg une réussite exemplaire. Vraiment dommage car l’interprétation de qualité et un excellent scénario aurait pu déboucher sur un film ambitieux, passionnant et indispensable.

    Seberg (Etats-Unis)
    Un film de Benedict Andrews
    Produit par Marina Acton, Fred Berger, Kate Garwood, Stephen Hopkins, Brian Kavanaugh-Jones, Bradley Pilz, Alan Ritchson
    Sur un scénario de Joe Shrapnel, Anna Waterhouse
    Avec Kristen Stewart, Jack O'Connell, Anthony Mackie, Margaret Qualley, Colm Meaney, Zazie Beetz, Vince Vaughn
    Musique de Jed Kurzel
    Directeur de la photographie : Rachel Morrison
    Montage : Pamela Martin
    Production : Automatik, Bradley Pilz Productions, Phreaker Films
    Distribution : Amazon Studios (Etats-Unis)
    Date de sortie : 30 août2019 (Venise)
    Durée : 102 minutes

    Vu le 13 septembre 2019 au Centre International de Deauville, en VO

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