Logo
Accueil > Reviews > Crawl

Crawl

  • Crawl
    Quand un violent ouragan s’abat sur sa ville natale de Floride, Hayley ignore les ordres d’évacuation pour partir à la recherche de son père porté disparu. Elle le retrouve grièvement blessé dans le sous-sol de la maison familiale et réalise qu’ils sont tous les deux menacés par une inondation progressant à une vitesse inquiétante. Alors que s’enclenche une course contre la montre pour fuir l’ouragan en marche, Haley et son père comprennent que l’inondation est loin d’être la plus terrifiante des menaces qui les attend…

Critique de Mulder

  • Crawl s’impose dès sa découverte comme un thriller implacable mais également comme une prouesse technique d’un réalisateur et qui n’a de cesse de se renouveler. Ainsi après abordé la science-fiction (Furia (2000)), le film fantastique (Mirrors (2008), Horns (2013), La 9ème vie de Louis Drax (2015)), Alexandre Aja revient à un genre dans lequel il excelle le film d’horreur (Haute Tension (2003), La colline à des yeux (2006), Piranha 3D (2010)). Son septième film Crawl tourné pratiquement en huis-clos dans une maison inondée d’une petite ville de Floride suite à un terrible ouragan et dans laquelle une fille et son père vont devoir affronter de nombreux alligators vindicatifs. Au fur et à mesure que l’eau monte, les chances de survivre de Haley Keller et de son père vont s’amenuiser et surtout les faire se rapprocher et de nouveau rétablir un lien fort entre eux.

    Le réalisateur Alexandre Aja a toujours su à travers ses films trouver la bonne approche pour ne rien négliger de la psychologie des personnages et créer un véritable climat angoissant et sublimer autant par une réalisation irréprochable mais surtout reposant sur des effets spéciaux réussis et des comédiens réellement investis. Alors qu’on pouvait s’attendre en découvrant le scénario à une simple série B mettant de nouveau en affrontement entre l’homme et des crocodiles ou autres alligators, l’orientation du film s’apparente plus à un mixte parfait entre le home invasion, le film de monstres (on pensera notamment à Jurassic Park) et le film catastrophe.

    En s’éloignant ainsi de l’approche identique de certains films comme Crocodile (2000), L’incroyable alligator (1982), Solitaire (2007), Lake Placid (1999), le réalisateur réussit à redorer le blason de ce genre trop souvent catalogué à de simples séries B préférant miser sur des effets horrifiques et gores que du thriller angoissant aux nombreux rebondissements. Alexandre Aja à chacun de ses films semble vouloir chercher de nouveaux angles et surtout des challenges originaux pour éviter toute simplicité et complaisance inutile.

    On se doute que le tournage n’a pas dû être simple ni encore le fait de chercher constamment à rester le plus réaliste possible. Dans ce sens les nombreuses scènes aquatiques sont d’un effet saisissant et créer une véritable ambiance inquiétante dans laquelle les terribles alligators semblent tout simplement impossible à arrêter. De la même manière, en explosant tout simplement un cadre familial d’une maison accueillante en la transformant en véritable labyrinthe dans laquelle la mort est omniprésente, Crawl réussit tout simplement à sublimer et dépasser le simple film de monstres pour nous présenter un survival d’une puissance émotionnelle forte.

    On appréciera également le grand soin porté au côté sonore du film, que cela soit les nombreux bruitages mais aussi l’utilisation de la musique de Max Aruj et Steffen Thum dans certains moments forts du film. Ces effets sonores permettent une excellente immersion et surtout réussir à nous faire sursauter à plusieurs reprises. Le scénario plutôt habile de Michael et Sawn Rasmussen et d’Alexandre Aja joue constamment avec les règles du jeu d’un tel film et cherche constamment à nous étonner. Alors que plusieurs films au sujet similaire auraient tendance à miser sur des flux de sang massif, Alexandre Aja semble suivre les traces Des Dents de la mer (1975) de Steven Spielberg et ainsi maximiser les attaques des alligators plutôt que de miser sur un aspect gore trop outrancier.

    La réussite du film revient également au duo principal composé de la magnifique Kaya Scodelario (la série Skins (2007-2013), Pirates des Caraïbes : la vengeance de Salazar (2017)..) et de l’excellent Barry Pepper (Ennemi d’Etat (1998), La 25ème heure (2002), Mémoires de nos pères (2006), True Grit (2010)..). Ceux-ci avaient déjà tourné ensemble dans la saga cinématographique Le Labyrinthe (2014-2018). Il est tout simplement impossible de ne pas s’attacher à ces deux personnages et de subir avec eux les attaques vindicatives de redoutables prédateurs.

    Alors que la période des grandes vacances est souvent identifiable à des blockbusters cherchant à tout prix à nous en mettre plein les yeux pour éviter à ce que l’on s’attarde réellement à la qualité scénaristique de tels films, Crawl s’apparente à une réussite indéniable, à un thriller immersif parfait dans lequel il est impossible de reprendre son souffle et de ne pas rentrer pleinement dans le récit. On ne peut donc que vous encourager à découvrir ce film événement de l’été dès le 24 juillet.

    Crawl
    Un film d’Alexandre Aja
    Produit par Craig J. Flores, Sam Raimi, Alexandre Aja
    Sur un scenario de Michael Rasmussen, Shawn Rasmussen
    Avec Kaya Scodelario, Barry Pepper, Ross Anderson, Anson Boon, George Somner, Ami Metcalf, Jose Palma, Morfydd Clark, Tina Pribicevic, Annamaria Serda, Savannah Steyn, Jovana Dragas, Colin McFarlane
    Directeur de la photographie : Maxime Alexandre
    Montage Elliot Greenberg
    Production : Raimi Productions
    Distribution : Paramount Pictures
    Date de sortie : 12 Juillet 2019 (Etats-Unis), 24 Juillet 2019 (France)

    Vu le 19 juin 2019 au Royal Monceau, en VO

  • 4.5