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It must be heaven

  • It must be heaven
    ES fuit la Palestine à la recherche d'une nouvelle terre d'accueil, avant de réaliser que son pays d'origine le suit toujours comme une ombre. La promesse d'une vie nouvelle se transforme vite en comédie de l'absurde. Aussi loin qu'il voyage, de Paris à New York, quelque chose lui rappelle sa patrie. Un conte burlesque explorant l'identité, la nationalité et l'appartenance, dans lequel Elia Suleiman pose une question fondamentale : où peut-on se sentir " chez soi " ?

Critique de Mulder

  • Découvrir la sélection des films proposés dans le cadre de Cannes à Paris permet très souvent de découvrir des œuvres qui ne connaitront pas une large diffusion mais qui méritent amplement d’être découvert non seulement car ils témoignent de la bonne forme du cinéma indépendant mais surtout d’un vrai regard de réalisateurs. Dans le cas de It must be heaven écrit et réalisé par Elia Suleiman (Chronique d'une disparition (1996), Intervention divine (2002), Le Temps qu'il reste (2009)), il s’agit de l’un de nos gros coups de cœur des films découverts cette année au festival Cannes à Paris. On comprend aisément que celui-ci ait remporté une mention spéciale du jury4 et le Prix FIPRESCI (prix de la critique internationale)..

    Se mettant lui-même en scène dans le rôle d’un personnage homonyme ES (Elia Suleiman) qui recherche ses racines et surtout à savoir dans quel pays en dehors de la Palestine il pourrait se trouver en phase avec son environnement. Sa quête vers une nouvelle quête d’accueil l’amène à voyager à Paris dans lequel il se balade et essaye de comprendre la mentalité et comportement des parisiens puis à New York dans lequel il a déjà quelques connaissances. Pratiquement sans parole son personnage semble en totale inadéquation avec son entourage loin de chez lui. De cette sensation d’écartement se dégage une certaine poésie mais également un véritable sens burlesque nous renvoyant aux comiques des années 30 (Charlie Chaplin, Bsuter Keaton..)

    Si It must be heaven fonctionne aussi bien c’est que ce film ne ressemble à aucun d’autres découverts récemment au cinéma. Totalement immersif et trouvant la bonne approche pour décrire la superficialité de notre société actuelle, ce film aborde avec une réelle intelligence la crise palestinienne même si il n’arrive pas à amener sa propre solution. De la même manière impossible de ne pas voir dans ce film une certaine caricature de notre société moderne.

    Loin du cinéma actuel considéré comme un simple produit marketing le plus souvent, It must be heaven s’impose comme une excellente expérience cinématogaphique entre la fable moderne, le film social et surtout une vision pittoresque de notre société…

    It Must Be Heaven
    Un film écrit et réalisé par Elia Suleiman
    Avec Ali Suliman, Elia Suleiman, François Girard, Basil McKenna, Robert Higden, Sebastien Beaulac, Aldo Lopez, Stephen Mwinga, Holden Wong
    Costumes : Alexia Crisp-Jones
    Photographie : Sofian El Fani
    Distribution : Le Pacte
    Genre : comédie
    Durée : 97 minutes
    Date de sortie : mai 2019 (festival de Cannes 2019), 4 décembre 2019 (France)

    Vu le 25 mai 2019 au Gaumont Opéra Capucines, Salle 1, en VO

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