Logo
Accueil > Reviews > Portrait de la jeune fille en feu

Portrait de la jeune fille en feu

  • Portrait de la jeune fille en feu
    1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde.

Critique de Mulder

  • Le festival Cannes à Paris qui s’est étendu cette année à plusieurs autres villes nous a permis de découvrir une excellente sélection de films certains nous ont complètement convaincus d’autres beaucoup moins. Portrait de la jeune fille en feu est l’un de nos gros coups de cœur de cette sélection. Le quatrième film écrit et réalisé par Céline Sciamma s’impose dès sa découverte comme un grand drame romanesque servie par deux grandes comédiennes Noémie Merlant et surtout Adèle Haenel.

    Impossible de ne pas penser à la leçon de piano de Jane Campion (1993) en découvrant cette histoire aussi simple que très émouvante. Après Naissance des pieuvres (2007), Tomboy (2011) et Bande de filles (2014), Céline Sciamma montre une nouvelle fois qu’elle a l’étoffe d’une des plus grandes réalisatrices actuelles tant sa mise en scène pure et limpide sied parfaitement au scénario et surtout fait de de nombreuses scènes de ce film de véritables tableaux prenant vie devant nos yeux.

    Certes l’histoire assez simpliste de d’une jeune peintre (Marianne / Noémie Merlant) arrivant dans une grande demeure pour faire le tableau d’une jeune femme, Héloise (Adele Haenel) venant juste de quitter le couvent et devant remplacer sa sœur décédée pour épouser un riche propriétaire peut sembler guère en adéquation avec un cinéma actuel privilégiant des situations contemporaines. Il faut par contre reconnaitre que tout ici sonne à la perfection et surtout permet de mettre en avant un amour interdit et surtout le portrait de deux jeunes femmes qui sont en quête d’un équilibre personnel.

    Comme dans ses films précédents, Céline Sciamma met en avant des thématiques qui lui tiennent à cœur et dresse grâce à un scénario parfaitement élaboré le portrait d’une société qui semble condamnée à suivre des règles ancestrales quitte à condamner par avance de jeunes innocentes à un destin funeste. Peu à peu le film nous permet de comprendre le lien qui va se tisser entre Marianne et Héloise et devoir les séparer laissant les deux dans la tourmente d’une vie qu’elles n’ont pas forcément choisie.

    Si Portrait de la jeune fille en feu à remporter lors du festival de Cannes trois prix (scénario, Queer Palm, Prix CST de l'Artiste-Technicien) c’est amplement mérité tant la réalisatrice et scénariste ne recherche guère la simplicité chacune des scènes de ce film semble avoir été pensée et conçue de la meilleure manière possible. Certes on pourrait reprocher un trop grand académisme à ce film tant il réussit à conjuguer le cinéma et le théâtre par son sens du cadrage, du grand soin apporté à la lumière et surtout une utilisation de la musique à la perfection.

    Une fois de plus Adèle Haenel montre qu’elle a la grâce et la présence des plus grandes comédiennes actuelles. En choisissant avec un grand soin chacun de ses films, elle retrouve ici la réalisatrice Céline Sciamma après Naissance des pieuvres. Elle apporte à son personnage toute sa fragilité et sa force véritable, son tempérament de femme forte et libre se heurte ici aux obligations familiales.

    Portrait de la jeune fille en feu sortira au cinéma le 18 septembre prochain et nous ne manquerons pas d’en reparler d’ici sa sortie dans quelques mois.

    Portrait de la jeune fille en feu
    Un film écrit et réalisé par Céline Sciamma
    Avec Noémie Merlant, Adèle Haenel, Valeria Golino, Luàna Bajrami
    Direction artistique : Thomas Grézaud
    Costumes : Dorothée Guiraud
    Photographie : Claire Mathon
    Montage : Julien Lacheray
    Musique : Jean-Baptiste de Laubier et Arthur Simonini1
    Production : Bénédicte Couvreur
    Sociétés de production : Lilies Films ; Arte France Cinéma et Hold Up Films (coproductions)
    Sociétés de distribution : Pyramide Distribution (France), Cinéart (Belgique)
    Genre : drame historique
    Durée : 119 minutes
    Dates de sortie : mai 2019 (Festival de Cannes), 18 septembre 2019 (France)

    Vu le 25 mai 2019 au Gaumont Opéra Capucines, Salle 1

  • 5