Logo
Accueil > Reviews > Godzilla 2 - Roi des monstres

Godzilla 2 - Roi des monstres

  • Godzilla 2 - Roi des monstres
    L'agence crypto-zoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces créatures considérées jusque-là comme chimériques menace d'éclater. Alors qu'elles cherchent toutes à dominer la planète, l'avenir même de l'humanité est en jeu…

Critique de Mulder

  • Godzilla 2 – roi des monstres est le trente-cinquième film consacré au dinosaure le plus connu et apprécié de l’univers cinématographique mondial. De sa première apparition en 1954 dans le film homonyme de Ishirô Honda à ses nombreux films qui suivirent, on peut voir dans ce personnage le digne pendant japonais de King Kong mais aussi un moyen de responsabiliser le public pour la défense de l’environnement. Ce n’est donc pas un hasard si les thématiques de l’écologie, de la peur du nucléaire et de la peur de se retrouver face à un ennemi plus fort que soi a nourri tout un pan du cinéma japonais et amener les studios américains à reprendre ce personnage mythique dans déjà trois films Godzilla (1998) de Rolan Emmerich et plus récemment Godzilla (2014) de Gareth Edwards (un des meilleurs de cette très longue saga cinématique) et récemment ce Godzilla 2 – roi des monstres. On comprend aussi la volonté des studios Warner Bros en collaboration avec Legendary Pictures de créer un monsterVerse dans lequel King Kong et Godzilla seront amenés à se rencontrer et sûrement s’affronter avant de faire cause commune pour affronter un ennemi très puissant.

    Ce film avait suffisamment d’atouts en main pour proposer non seulement un véritable blockbuster magistral dans lequel les plus connus des monstres géants japonais allaient pouvoir s’affronter à notre plus grand plaisir. Ainsi on retrouve certes sur grand écran, les fameux Ghidorah (monstre à trois têtes), Rodan (le ptérosaure mutant) mais surtout Mothra (un papillon géant) mais le film se centre nettement plus sur l’affrontement entre le puissant Ghidorah et Godzilla.

    Malheureusement à force de vouloir chercher en permanence à donner du grand spectacle aux spectateurs, le film oublie trop souvent à donner une épaisseur suffisante aux trois principaux personnages constituant la famille Russell Mark (Kyle Chandler), Emma (Vera Famiga) et Madison (Millie Bobby Brown). Le scénario co-écrit par le réalisateur de ce film Michael Dougherty épaulé par Zach Shields et Max Borenstein semble souvent peiner à créer une véritable ambiance angoissante et devoir à tout prix impressionner le public par des scènes spectaculaires et nombreuses. Malheureusement le fait de faire dérouler la grande majorité du film dans la pénombre fait que nous avons réellement du mal à rentrer dans l’action et regardons d’un œil discret combattre ces monstres géants, blesser grièvement Godzilla et lui redonner sa force en lui envoyant des armes nucléaires.

    Les films du studio Japonais Toho dans lequel un comédien se glissait le plus souvent dans un costume pour ravager de nombreuses maquettes avait un côté aussi naïf qu’enfantin qui seyait parfaitement à ces histoires de monstres géants dont plusieurs films se tournaient nettement plus vers un public jeune. La carte évidente de la surenchère ici jouée dénature d’une certaine manière le lyrisme qui se dégageait du film précédent réalisé par Gareth Edwards. On préférera ainsi nettement Godzilla Resurgence (2016) de Shinji Higuchi et Hideaki Anno pour son scénario et sa volonté de ne négliger en rien les personnages à ce film manquant de naturel et semblant répondre uniquement à un cahier de charges très rempli et une formule commerciale manquant cruellement de piquant.

    De la même manière nous avions été nettement plus impressionnés par Kong Skull Island qui non seulement évitait une bouillie visuelle dans laquelle les effets spéciaux étaient trop outranciers pour nous faire ressentir la moindre peur mais surtout possédait un casting dantesque avec notamment Brie Larson, Tom Hiddleston, Samuel L Jackson, John Goodman et John C Reilly. Certes la présence des comédiens Kyle Chandler, Vera Farmiga, Millie bobby Brown, Ken Watanabe, Saly Hawkins et Charle Dance ne démérite pas mais le manque de profondeur de leurs personnages ne retient pas notre attention. La jeune comédienne Millie Bobby Brown qui excellait dans son personnage d’Eleven dans Stranger Things semble avoir vraiment du mal à trouver ses repères pour donner vie à son personnage.

    Pourtant le réalisateur Michael Dougherty avait réussi à gagner toute notre attention en mettant en scène deux excellents films d’horreur Trick’r’Treat (2007) et Krampus (2015) mais semble ici avoir une réelle difficulté à passer après l’ingéniosité de la mise en scène de Gareth Edwards. En livrant un film qui ne retrouve pas toute la magie de ces deux films précédents, il semble ici trouver difficilement ses repères pour nous livrer un film impersonnel dénué de réels enjeux. Le film arriverait presque à nous faire regretter la version de Roland Emmerich nettement plus fun et gigantesque.

    Enfin, on ne saurait trop vous conseiller de rester jusqu’à la fin du générique de fin pour découvrir une scène importante reliant ce film au prochain Godzilla vs Kong d’Adam Wingard dans lequel on retrouvera de nouveau la jeune comédienne Millie Bobby Brown, cette fois entourée des comédiens Alexander Skarsgård, Rebecca Hall et Brian Tyree Henry. La sortie de ce film est annoncée en France pour le 11 mars 2020.

    Godzilla roi des monstres (Godzilla: King of the Monsters)
    Un film de Michael Dougherty
    Produit par Thomas Tull, Jon Jashni, Brian Rogers, Mary Parent, Alex Garcia
    Sur un scénario de Michael Dougherty, Zach Shields
    Sur une histoire de Max Borenstein, Michael Dougherty, Zach Shields
    Basé sur Godzilla, King Ghidorah, Mothra, Rodan de Toho
    Avec Kyle Chandler, Vera Farmiga, Millie Bobby Brown, Bradley Whitford, Sally Hawkins, Charles Dance, Thomas Middleditch, Aisha Hinds, O'Shea Jackson Jr., David Strathairn, Ken Watanabe, Zhang Ziyi
    Musique de Bear McCreary
    Directeur de la photographie : Lawrence Sher
    Montage : Roger Barton, Richard Pearson, Bob Ducsay
    Production : Legendary Pictures
    Distribution : Warner Bros. Pictures, Toho (Japon)
    Date de sortie: 13 Mai 2019 (Beijing), 29 mai 2019 (France), 31 Mai 2019 (Etats-Unis)
    Durée : 132 minutes

    Vu le 30 mai 2019 au Gaumont Disney Village, Salle 11 place E19, en IMAX et VF

  • 2