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Rocketman

  • Rocketman
    Rocketman nous raconte la vie hors du commun d’Elton John, depuis ses premiers succès jusqu’à sa consécration internationale. Le film retrace la métamorphose de Reginald Dwight, un jeune pianiste prodige timide, en une superstar mondiale. Il est aujourd’hui connu sous le nom d’Elton John. Son histoire inspirante – sur fond des plus belles chansons de la star – nous fait vivre l’incroyable succès d’un enfant d’une petite ville de province devenu icône de la pop culture mondiale. 

Critique de Mulder

  • A Elton John, un artiste d’exception

    Reginald Kenneth Dwight (connu sous son nom d’artiste Elton John) a traversé les époques, a connu depuis ses débuts une carrière internationale remarquable souvent accompagnée par ses nombreux excès (drogue, alcool, vestimentaire) et sa vie privée mouvementée. Avec plus de cinquante années de carrière, plus de trois cent millions d’albums vendus et à ce jour trente-trois albums studios enregistrés entre 1969 et 2016, nombreuses de ses chansons sont devenues des classiques interplanétaires et ont réussi à passer le poids des années tout en restant dans nos mémoires que cela soit notamment Your song (1970), Tiny Dancer (1971), Rocketman (1972), Honky Cat (1972), Candle in the Wind (1973), Goodbye Yellow Brick Road (1973), Don’t Let the Sun Go Down on Me (1974), Philadelphia Freedom (1975), Don't Go Breakin' My Heart (1976), Song for Guy (1978), I’m Still Standing (1983), Sad Songs (1984), Circle of Life (1994).

    Un tel artiste méritait de voir un jour un biopic abordant la longévité d’une carrière riche en événements insolites et de rencontres diverses. Il fallait également aborder sa véritable amitié avec le parolier Bernie Taupin, son fidèle collaborateur depuis cinquante ans avec lequel il a composé ses principaux morceaux les plus connus. Le film Rocketman a connu une longue gestation depuis que le principal intéressé et producteur Elton John souhaitait proposer non pas un biopic traditionnel mais faire découvrir des éléments forts de sa vie pour mieux comprendre autant les sources de ses compositions mais aussi des sujets importants à ses yeux comme ses relations conflictuels avec ses parents, sa longue relation personnelle et professionnelle avec son manager John Reid et sa dépendance aux drogues et à l’alcool. En cela le scénario de Lee Hall (Billy Elliot (1999), Cheval de guerre (2011) et prochainement cats (2019)..) trouve la parfaite approche pour livrer une histoire sincère qui montre autant les zones d’ombre de cet artiste surdoué que l’excentricité lors de ses nombreux concerts.

    Dès la première scène le cadre est placé et nous découvrons Elton John dans une sorte de réunion de thérapie et nous narrant une grand partie de sa vie de son enfance où il découvre son don naturel pour le piano et son écoute parfaite et sa grande timidité guère aidé par des parents guère soucieux de lui donner de l’importance (c’est sa grand-mère maternelle qui a longuement veillé sur lui), de la découverte de son homosexualité, à sa rencontre avec Bernie Taupin qui changea à jamais sa vie, tout ici sonne juste et nous permet une réelle immersion dans l’univers d’un des plus grands artistes actuels. La réalisation réellement inspirée de Dexter Fletcher (monteur et co-réalisateur de Bohemian Rhapsody (2018) et réalisateur de Sunshine on Leith et Eddie the Eagle) permet de juxtaposer avec brio comédie musicale avec de nombreuses chansons très connues et moments plus intimistes avec toujours le même soin pour sonner juste.

    Alors que de nombreux biopics ne trouvent pas la bonne approche ou le souffle nécessaire pour donner vie à de grands films mémorables, Rocketman s’impose comme une réelle immersion dans l’univers d’Elton John dont l’ombre semble réellement planer à chacune des scènes. Ce même soin se ressent sur l’excellent travail de la costumière Julian Day dont le générique de fin montre à quel point les nombreux costumes du film sont fidèles à ceux portés par Elton John lors de ses nombreux concerts. Il se dégage ainsi du film une véritable émotion qui nous maintient en permanente immersion suite aux nombreux plans qui se succèdent par un montage irréprochable. Mais la plus grande réussite est d’avoir pu trouver un comédien pouvant réellement être crédible dans le rôle d’Elton John (initialement le premier choix de cet artiste fut Justin Timberlake suite à une collaboration sur un vidéoclip de David LaChapelle (This Train Don't Stop There Anymore)). Taron Egerton qui avait déjà joué avec Elton John dans Kingsman : Le Cercle d'or (2017) se révèle parfait dans son rôle au point de reproduire certaines mimiques d’Elton John et surtout à avoir une voix suffisamment juste pour réinterpréter les nombreuses chansons du film. Le reste du casting tient également de la perfection avec dans les rôles importants Jamie Bell (Bernie Taupin), Richard Madden (John Reid), Bryce Dallas Howard (Sheila Eileen, la mère d'Elton John), Steven Mackintosh (Stanley), Gemma Jones (Ivy).

    Rocketman dépasse ainsi le simple cadre d’un biopic musical pour retrouver l’essence même de la création artistique et aligner de nombreuses scènes qui resteront longtemps dans nos mémoires. De la même manière, le film donnera l’envie de réécouter les chansons d’Elton John avec un regard nouveau et un soin particulier porté aux textes mémorables de Bernard Taupin. Sans aucun doute possible, ce film s’impose comme le meilleur film des sorties de ce mercredi 29 mai. A voir et revoir.

    Rocketman
    Un film de Dexter Fletcher
    Sur un scénario de Lee Hall
    Avec Taron Egerton (Elton John), Jamie Bell (Bernie Taupin), Richard Madden (John Reid) et Bryce Dallas Howard (Sheila Dwight)
    Direction artistique : Steve Carter, Emily Norris et Alice Walker
    Décors : Marcus Rowland
    Costumes : Julian Day
    Photographie : George Richmond
    Musique : Matthew Margeson
    Production : Lawrence Bender, Adam Bohling, David Furnish, Elton John, David Reid et Matthew Vaughn
    Producteur délégué : Peter Schlessel
    Sociétés de production : Marv Films, New Republic Pictures et Rocket Pictures
    Société de distribution : Paramount Pictures (États-Unis, France)
    Date de sortie : 24 mai 2019 (Angleterre), 29 mai 2019 (France), 31 mai 2019 (Etats-Unis)

    Vu le 28 mai 2019 au Gaumont Disney Village, Salle 3 place E19, en VF

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