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The Dead don't die

  • The Dead don't die
    Dans la sereine petite ville de Centerville, quelque chose cloche. La lune est omniprésente dans le ciel, la lumière du jour se manifeste à des horaires imprévisibles et les animaux commencent à avoir des comportements inhabituels. Personne ne sait vraiment pourquoi. Les nouvelles sont effrayantes et les scientifiques sont inquiets. Mais personne ne pouvait prévoir l’évènement le plus étrange et dangereux qui allait s’abattre sur Centerville : The dead don't die – les morts sortent de leurs tombes et s’attaquent sauvagement aux vivants pour s’en nourrir. La bataille pour la survie commence pour les habitants de la ville.  

Critique de Mulder

  • “ Oh the dead don’t die
    Any more than you or I
    They’re just ghosts inside a dream
    Of a life that we don’t own
    They walk around us all the time
    Never paying any mind
    To the silly lives we lead
    Or the reaping we’ve all sown
    There’s a cup of coffee waiting on every corner
    Someday we’re gonna wake up and find the corner’s gone “
    The dead don’t die – Sturgill Simpson

    The Dead don’t die, film d’ouverture du 72ème festival international du film de Cannes promettait une comédie horrifique menée par un excellent casting et surtout un hommage à peine déguisé aux films de zombies. On pense ainsi aux classiques que sont La nuit des morts-vivants (1968) de George A Romero, 28 jours plus tard (2002) de Danny Boyle, L’armée des morts (2004) de Zack Snyder. Ecrit et réalisé par Jim Jarmusch (Dead man (1995), Ghost Dog : la voie du samouraï (1999), Broken flowers (2005), Paterson (2016)…) The Dead don’t die avait suffisamment d’atouts pour nous proposer un film synthèse d’un genre qui a connu son heure de gloire et qui semble plus à même actuellement à trouver un second souffle dans des séries de qualités (Walking Dead, Fear of walking dead)..

    Il est souvent intéressant de voir que de nombreux jeunes réalisateurs ont trouvé dans le genre horrifique une manière de mettre en avant les travers de notre société consumériste actuelle, voire brocarder nos mauvaises habitudes et notre manière de nous complaire dans notre situation sans vouloir forcer le destin et prendre des risques. Dans la petite ville de Centerville, une ville reculée des Etats-Unis en pleine campagne, tout semble paisible et calme, pourtant suite à un dérèglement climatique, la nature va se détraquer.

    Les animaux semblent avoir disparu ou ont un comportement inquiétant, les montres semblent ne plus fonctionner et des phénomènes bizarres vont se produire. Peu à peu le calme va faire place à un climat de violence et les morts-vivants vont pulluler dans la ville. Il est intéressant de voir à quel point le réalisateur est respectueux du genre du film de zombies. Ici les morts semblent ne pouvoir prononcer qu’un seul mot (wifi, Fashion, guitare..) leur rappelant leur préoccupation principale. Alors que les forces de l’ordre en manque d’effectif semblent se rendre compte que pour stopper l’invasion de zombies, il faut se référer aux films cultes dont le personnage Bobby Wiggins qui tient une station-service et une modeste boutique est un fan de cinéma, l’affrontement semble inévitable.

    Tout en respectant les codes des films de zombies, le réalisateur ne perd à aucun moment ses thématiques importantes et porte un regard très pessimiste sur l’évolution de l’humanité. L’homme semble ainsi oublié le plus important pour se préoccuper uniquement d’avoir les derniers gadgets à la mode, à vouloir penser à ses propres intérêts sans se soucier de respecter la nature et son environnement. Alors que le film se réfère à plusieurs reprises à la chanson de Sturgill Simpson, The Dead don’t die (titre homonyme de ce film), le scénario manque certes d’originalité et ne réussit pas toujours à donner vie à une comédie horrifique réellement drôle. Certes le film se regarde avec intérêt mais ne réussit pas à revigorer un genre dont les règles semblent immuables. En suivant le film, on pensera ainsi aux nombreux maitres de l’horreur qui eux ont réussi à exploser ces codes et à donner vie à des classiques instantanés que cela soit John Carpenter (l’utilisation de la musique occupe la même place importante), David Cronenberg (un regard sur la frustration engendrée par notre société actuelle), Wes Craven et bien entendu George A Romero.

    Certes passer après deux comédies horrifiques basées sur le film de zombies que sont Shaun of the Dead (2004) d’Edgar Wright, Bienvenue à Zombieland (2009) de Ruber Fleischer (Bill Murray occupait un second rôle important dans ce dernier) semble réellement une mission impossible et le réalisateur et scénariste Jim Jarmusch n’arrive pas toujours à ses fins et à nous surprendre tant le fil conducteur de ce film semble être prédéfini. Même si le scénario a recours à un moment donné à une explication semble-t-il logique expliquant les raisons du dysfonctionnement du soleil et l’apparition de ces zombies, celui-ci nous rappelle un peu trop les écarts du réalisateur devenu culte Ed Wood. Si une navette spatiale apparait ainsi à un moment du film et révèle la nature véritable de l’un des personnages, The Dead don’t die n’arrive pas totalement à nous convaincre. De même, certaines scènes semblent être des contresens évidents et diminuent l’impact de certains personnages devenus de simples pions (on n’en dira pas plus à ce sujet il suffira de bien écouter certains dialogues..).

    Reste que The dead don’t die mérite amplement d’être découvert car il sort le film de zombies de son carcan plutôt réduit d’initiés. Qui aurait pu ainsi imaginer que ce film plus propice à faire l’ouverture d’un festival comme le Paris International Fantastic Film Festival (Le PIFFF) ou encore le festival international du film fantastique de Gérardmer ferait l’événement en guise d’ouverture du festival de Cannes. Certes le casting prestigieux du film en est sûrement la raison : Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton, Chloë Sevigny, Steve Buscemi, Danny Glover, Caleb Landry Jones, Rosie Perez, Iggy Pop, Sara Driver, RZA, Selena Gomez, Tom Waits. Malheureusement pour la plupart il ne s’agit que quelques minutes comme par exemple la jeune comédienne Selena Gomez réduit à de courtes apparitions. Pourtant les fans de Bill Murray et d’Adam Drive risquent d’apprécier ce film car leurs personnages sont parfaitement construits et ont retenu notre attention.

    The Dead Don't Die
    Un film écrit et réalisé par Jim Jarmusch
    Produit par Carter Logan, Joshua Astrachan
    Avec Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton, Chloë Sevigny, Steve Buscemi, Danny Glover, Caleb Landry Jones, Rosie Perez, Iggy Pop, Sara Driver, RZA, Carol Kane, Selena Gomez, Tom Waits
    Directeur de la photographie : Frederick Elmes
    Montage : Affonso Gonçalves
    Production : Animal Kingdom
    Distribué par Focus Features (Etats-Unis), Universal Pictures International France (France)
    Date de sortie : 14 mai 2019 (France), 14 juin 2019 (Etats-Unis)
    Durée : 103 minutes

    Vu le 14 mai 2019 à l’UGC Normandie, salle 01, en VO

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