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Une intime conviction

  • Une intime conviction
    Depuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau de le défendre pour son second procès, en appel. Ensemble, ils vont mener un combat acharné contre l'injustice. Mais alors que l’étau se resserre autour de celui que tous accusent, la quête de vérité de Nora vire à l’obsession.

Critique de Mulder

  • A Éric Dupond-Moretti

    Rares sont les films français qui nous subjuguent et retiennent totalement notre attention. Non pas que le cinéma français n’ait pas souvent d’excellentes qualités mais plutôt qu’il préfère se contenter d’être un produit marketing pouvant plaire au plus grand nombre plus qu’un film porté par une véritable ambition artistique et ayant un véritable regard sur notre société actuelle.

    Inspiré de faits réels, Une intime conviction revient sur la disparition de Suzanne Viguier et le procès dont son époux a fait l'objet. Le scénario co-écrit par le réalisateur Antoine Raimbault dont il s’agit ici de son premier film et Isabelle Lazard trouve son inspiration des éléments du second procès de Jacques Viguier qui s'est déroulé en mars 2010. Faire un film essentiellement sur une plaidoirie se révèle être aussi difficile d’autant plus qu’il s’agit ici d’une histoire basée sur des faits véridiques.

    De nombreux films américains ont réussi à retranscrire avec une véritable passion les cours d’assises en les rendant non seulement intéressantes mais aussi en soulevant parfaitement le climat angoissant qui en découle. Que cela soit 12 hommes en colère (1957), Le verdict (1982), les accusés (1988), Présumé innocent (1990), Des hommes d’honneur (1992), Philadelphia (1993), au nom du père (1993), La Firme (1993), Jugez-moi coupable (2006), La défense Lincoln (2011), Le juge (2013) chacun de ces films ont pu montrer l’importance d’avoir non seulement un excellent scénario propice à moults rebondissements mais aussi d’avoir un réalisateur sachant trouver le bon angle et un casting irréprochable. A cette liste constituée essentiellement de films américains il faudra rajouter Une intime conviction qui s’impose non seulement comme un excellent premier film mais consacre une nouvelle fois Olivier Gourmet comme l’un des meilleurs comédiens actuels. Son interprétation parfaite du célèbre avocat Éric Dupond-Moretti est non seulement puissante mais elle montre bien l’intelligence d’un tel avocat prêt à s’investir totalement sur ses dossiers et irréprochable par son attitude, son analyse des faits et par sa connaissance des lois.

    Une intime conviction retranscrit à la perfection le déroulement d’un procès mais surtout réussit à pointer un véritable regard de réalisateur inspiré trouvant dans son film un moyen de partager une véritable passion pour le Droit. Après la réalisation de quatre courts métrages (24/24 (2001), Good Dog (2003), Vos Violences (2014), Garde la pêche (2017)), Antoine Raimbault signe ici un film digne des plus grands réalisateurs français. Sans chercher constamment à interloquer les spectateurs ni à aller dans leur sens, il livre un film porté par la foi et dans lequel les seconds rôles sont tout aussi importants. On retiendra ainsi Marina Fois (parfaite comme à l’accoutumée) aussi à l’aise dans une comédie que dans un drame, elle apparait ici comme le sidekick parfait pour l’avocat chargée de l’affaire. Son personnage est le seul fictif de cette affaire et sa présence est justifiée pour renforcer le climax du film. On retiendra aussi Laurent Lucas et Jean Benguigui dont les rôles sont tout aussi importants.

    Une intime conviction s’impose comme un coup de maitre par un réalisateur dont on suivra la carrière de près et dont nous attendons avec impatience le prochain film.

    Une intime conviction
    Un film d’Antoine Raimbault
    Sur un scénario d’Antoine Raimbault, Isabelle Lazard et Karim Dridi
    Avec Marina Foïs, Olivier Gourmet, Laurent Lucas, Jean Benguigui, François Fehner, François Caron, Philippe Dormoy, Jean-Claude Leguay, Philippe Uchan, Roger Souza, India Hair, Armande Boulanger
    Directeur de la photographie : Pierre Cottereau
    Montage : Jean-Baptiste Beaudouin, assisté de Simon Burdet et Jérôme Tanguy
    Musique : Grégoire Auger
    Son : Frédéric Meert
    Mixage : Alek Goosse
    Productrice : Caroline Adrian
    Production : Delante Productions et UMedia
    Distribution : Memento Films Distribution
    Genre : Drame
    Durée : 110 minutes
    Dates de sortie :6 février 2019

    Vu le 28 février 2019 au Gaumont Opéra Côté Premier, Salle 5, plac A2

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