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Dirty God

  • Dirty God
    Le visage à moitié brûlé et une petite fille de deux ans. C'est tout ce qu'il reste de la relation de Jade à son ex, qui l'a défigurée à l'acide. À la violence de cette histoire, succède désormais celle du regard des autres. Pour ne pas couler, Jade n'a d'autre choix que de s'accepter, réapprendre à sourire et à aimer.

Critique de Mulder

  • « D’une certaine manière ce film m’a sauvé la vie parce que Sacha et Marleen m’ont fait comprendre que je me me résume pas à mes cicatrices « Vicky Knight

    Le cinéma n’a pas comme unique vocation de nous divertir et de nous présenter uniquement des blockbusters américains plus ou moins efficaces avec moult explosions et scènes d’action non-stop. Il a également pour vocation à nous amener à la réflexion comme le fait si bien de nombreux livres. Le cinéma de genre ne démérite pas ainsi et nous propose souvent des immersions dans des univers originaux, de découvrir des personnages atypiques mais surtout de dresser un constat de notre société actuelle.

    Le cinéma européen a compris qu’il ne pouvait pas faire face à l’hégémonie du cinéma américain des grands studios hollywoodiens mais a aussi compris qu’il était possible de proposer des divertissements de qualité et surtout de chercher à proposer une véritable expérience cinématographique aux spectateurs. Dans ce sens, The Jokers réussit depuis de nombreuses années à nous proposer des divertissements de qualité et surtout à prendre des risques ce que de nombreux autres studios actuels évitent au possible.

    Le troisième film de la jeune réalisatrice Sacha Polak après Hemel (2012) et Zurich (2015) met en scène une femme qui a été victime d’un jet d’acide par son ancien petit ami et qui se retrouve défiguré. Ses rapports avec son proche entourage (sa fille, sa mère, sa meilleure amie) s’en retrouvent affectés. L’approche du film très proche des films sociaux britanniques nous dévoile le portrait d’une jeune mère qui essaye de se reconstruire après avoir connu l’enfer. Sa force est d’autant plus grande que la principale comédienne a vraiment été défigurée suite à un incendie dans lequel elle s’est retrouvée.

    Dirty God a ainsi le mérite d’être original et d’être direct et frontal. On regrette cependant l’image donné par ce film de la gente masculine. Que cela soit un ancien petit ami méritant de rester en prison à vie , un père absent, un ami guère loyal envers sa petite amie ou des collègues manquant de respect, tout sonne comme une charge à peine déguisée. Pourtant nous ne pouvons que féliciter cette jeune réalisatrice d’avoir pris le sujet de son film avec une véritable vitalité et surtout réussi à le rendre vivant et rythmé.

    La mise en scène inspirée et surtout l’interprétation forte de Vicky Knight qui se livre sans modération font de ce film un divertissement réussi et prenant. Co-scénariste et réalisatrice Sacha Polak nous livre un film choc et surtout un très beau portait d’une femme meurtrie qui essaye juste de retrouver une vie normale et ne plus être une monstre aux yeux du monde. On ne peut que vous conseiller ce film.

    Dirty God
    Un film de Sacha Polak
    Sur un scenario de Sacha Polak et Susanne Farrell
    Avec Vicky Knight, Katherine Kelly, Eliza Brady-Girard, Rebecca Stone, Bluey Robinson, Dana Marineci, Tachia Newall, Frieda Thiel
    Compositeur : Rutger Reinders
    Producteurs : Marleen Slot, Michael Elliott, CoproducteurJean-Claude Van Rijckeghem, John Keville, Conor Barry
    Producteur délégué : Frank Klein, Clea De Koning, Nicky Tüske, Isabel Davis, Eva Yates, Celine Haddad
    Producteur exécutif : Chris Jorna
    Directeur de la photographie : Ruben Impens
    Montage : Sander Vos
    Production : A private view, Emu Films, Viking Film
    Distributeur France (Sortie en salle) : The Jokers

    Vu le 1 avril 2019 au Club de l’Etoile , en VO

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