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Capturing the Friedmans

  • Capturing the Friedmans
    Au milieu des années 1980, Arnold Friedman, un père de famille et professeur respecté, est inculpé pour possession de matériel pédophile et actes pédophiles sur mineurs. Pendant le procès, sa famille se désintègre rapidement, avec ses trois fils, dont un est accusé à ses côtés, convaincus de son innocence, alors que la mère exprime des doutes et des reproches, après un mariage de plus de trente ans qui gérait tant bien que mal le penchant du père.

Critique de tootpadu

  • Ce documentaire sur le fléau épineux de la pédophilie se concentre presque exclusivement sur le côté de l'agresseur, ne laissant aux victimes qu'une place accessoire pour renforcer son propos. Il cherche en effet plus un semblant de vérité dans cette affaire brumeuse que de dresser un portrait universel des dégâts que provoquent ces actes abominables. Evidemment, il revient en fin de compte au spectateur de trouver sa vérité dans ce dédale de témoignages troublants. On assiste alors d'un côté aux plaidoiries plus ou moins effarantes des membres de la famille qui, en partie, n'arrivent pas à croire, et certainement pas à comprendre ces actes dont le membre le plus brillant parmi eux a été accusé. De l'autre côté, les enquêteurs et l'entourage des victimes rappellent les circonstances de l'enquête et de l'arrestation, en soulignant l'aspect dégoûtant, voire horrible de certaines pratiques (le saute-mouton). En quelque sorte au milieu de ces deux camps se retrouve la mère, visiblement anéantie par l'envergure de l'affaire et écoeurée par la trahison de la part de son mari. Un peu comme elle, on ne sait pas trop quoi, ni qui croire, tellement tout le monde semble suivre son propre agenda, que ce soit la défense sans réserve du père adulé, la poursuite d'un pédophile avéré accablé par une série de témoignages à fort effet domino, ou bien l'affrontement d'un événement choquant par une communauté renfermée qui veut presque s'identifier au rôle de victime à tout prix.
    Là où ce portrait d'une famille dysfonctionnelle se démarque, par contre, est dans son usage fréquent des films de famille, dûs à la prédilection du père et de sa progéniture pour toute forme d'enregistrement. On assiste alors à des disputes conjugales, tout comme à des spectacles innocents, à l'hystérie enjouée au cercle familial. L'étendue des troubles et des clivages qui minent la vie chez les Friedman se laisse alors plus facilement soupçonner. A la fois une bénédiction et un risque pour le réalisateur, ces prises qui couvrent les temps forts du scandale et le bonheur instable qui l'a précédé font parfois trop pencher le film en faveur d'Arnold Feldman. C'est d'ailleurs là, le défi pas toujours remporté par Andrew Jarecki, de rendre compte de la vie d'un homme et de ses proches, de susciter une sorte de compréhension, qui ne saurait jamais être de la sympathie, bien que ses actes, peu importe s'il a été condamné dans la bonne affaire ou pour des atouchements commis auparavant, soient simplement inacceptables.
    Alors que le documentaire pose la plupart du temps les bonnes questions afin d'élucider une existence et une affaire choquantes et horriblement banales à la fois, il est poussé occasionnellement hors du chemin de l'objectivité, notamment par la musique trop mélancolique de Morricone fils.

    Vu le 03 mai 2004, au MK2 Parnasse, Salle 2, en VO

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