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Si Beale street pouvait parler

  • Si Beale street pouvait parler
    Harlem, dans les années 70. Tish et Fonny s'aiment depuis toujours et envisagent de se marier. Alors qu'ils s'apprêtent à avoir un enfant, le jeune homme, victime d'une erreur judiciaire, est arrêté et incarcéré. Avec l'aide de sa famille, Tish s'engage dans un combat acharné pour prouver l'innocence de Fonny et le faire libérer…

Critique de Mulder

  • Si Beale Street pouvait parler s’impose dès ses premières images comme un grand film dramatique, un cri du cœur contre certaines injustices qui se révèlent être trop souvent tournées vers les minorités, vers ceux qui n’ont pas eu la chance d’être nés dans des milieux aisés. Le nouveau film écrit et réalisé par Barry Jenkins dont on garde un excellent souvenir de son précédent film Moonlight (2016) est non seulement un film touché par la grâce mais surtout un hymne à la vie, à la famille et à nos rêves brisés.

    En adaptant le best-seller de James Baldwin, son nouveau film retient toute notre attention de la première minute à la dernière et nous laisse simplement sans voix et révolté contre ce système qui brise des innocents et qui fait triompher des personnes immorales et se croyant au-dessus des lois. Certes, une nouvelle fois, c’est encore les forces de l’ordre et certains de leurs agents qui sont montrés du doigt par leur absence de sens moral et d’éthique professionnelle mais c’est surtout la beauté d’être en couple et surtout de donner la vie qui ressort de ce film.

    Dans les années 70 nous découvrons donc le quartier de Harlem dans lequel Tish et Fonny ont grandi ensemble, ont appris à s’estimer et à s’aimer malgré des conditions de vie difficile. Alors que Alonzo Fonny Hunt s’est mis à dos un agent des forces de l’ordre raciste et sans aucun sens moral, il se retrouve accusé d’un viol et sous l’emprise d’une erreur judiciaire. Arrêté, incarcéré et brisé, il verra grandir son fils derrière les barreaux. Malheureusement à cette époque les forces de l’ordre ne possédaient pas les mêmes moyens actuels pour vérifier les preuves et passaient ainsi à côté de la vérité par mégarde. Si Beale Street pouvait parler montre également une nouvelle fois les difficultés d’insertion des minorités aux Etats-Unis et se révèle d’actualité par certains rapprochements avec le Pouvoir actuel.

    Barry Jenkins réussit une nouvelle fois à nous livrer une histoire prenante et superbement filmée et interprétée. En s’entourant d’un casting inspiré et parfaitement dirigé, il fait de son film un plaidoyer contre les inégalités d’un système judiciaire et surtout nous montre que notre société n’est nullement égalitaire et juste. Il bénéficie ainsi de la présence de deux excellents comédiens dans les deux rôles principaux Kiki Layne et Stephan James mais également dans les seconds rôles de Regina King (Golden Globes dans la meilleure comédienne dans un second rôle féminin), Colman Domingo, Teyonah Parris, Michael Beach mais aussi de la présence de Dave Franco et Diego Luna. Une nouvelle fois son scénario parfaitement ciselé donne à ce film des fondations solides. De la même manière, sa nouvelle collaboration avec le compositeur Nicholas Britell apporte à ce film une aura toute particulière. La musique occupant de nouveau une place importante pour renforcer le climax du film et ainsi rendre certaines scènes du film d’une émotion rare.

    Si Beale Street pouvait parler (If Beale Street Could Talk)
    Un film écrit et réalisé par Barry Jenkins
    Produit par Megan Ellison, Dede Gardner, Jeremy Kleiner, Adele Romanski, Sara Murphy, Barry Jenkins
    Basé sur If Beale Street Could Talk de James Baldwin
    Avec KiKi Layne, Stephan James, Colman Domingo, Teyonah Parris, Michael Beach, Dave Franco, Diego Luna, Pedro Pascal, Ed Skrein, Brian Tyree Henry, Regina King
    Musique de Nicholas Britell
    Directeur de la photographie : James Laxton
    Montage : Joi McMillon, Nat Sanders
    Production : Plan B Entertainment, Pastel Productions
    Distribution : Annapurna Pictures (Etats-Unis), Mars Films (France)
    Date de sortie : 14 décembre 2018 (Etats-Unis), 30 janvier 2019 (France)
    Durée : 117 minutes

    Vu le 21 janvier 2019 à l’UGC Ciné-cité Les Halles, salle 1, en VO

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