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Border

  • Border
    Tina, douanière à l’efficacité redoutable, est connue pour son odorat extraordinaire. C'est presque comme si elle pouvait flairer la culpabilité d’un individu. Mais quand Vore, un homme d'apparence suspecte, passe devant elle, ses capacités sont mises à l'épreuve pour la première fois. Tina sait que Vore cache quelque chose, mais n’arrive pas à identifier quoi. Pire encore, elle ressent une étrange attirance pour lui...

Critique de Mulder

  • Il serait trop simpliste de cataloguer Border à uniquement un seul genre cinématographique tant il brasse avec un talent inné aussi bien le drame humain, le thriller fantastique et la romance et d’une certaine manière le film de super-héros post x-men. En effet, Tina est une douanière à l’allure féline et à l’odorat surdéveloppé, une mutante qui a réussi à trouver sa place dans notre société et a su exploiter son don (un odorat surdéveloppé) pour s’imposer comme un excellent élément. Pourtant un lourd secret semble lié à son enfance expliquant sa différence aussi bien physique que son don acquis et surdéveloppé. Entre un père en maison de retraite lui cachant cette vérité et une rencontre avec un homme à l’apparence semblable à la sienne, Tina va voir sa vie qui va schanger à jamais.

    Après avoir écrit et réalisé un premier film Shelley (2016) qui fut projeté dans la section Panorama au 66e Festival international du film de Berlin, Ali Abbasi signe avec son deuxième film l’adaptation de la nouvelle Gräns de John Ajvide Lindqvist (2004). Le scénario co-écrit par l’auteur de Gräns, le réalisateur et Isabella Eklöf réussit le passage sur grand écran d’un histoire complexe et aux différents degrés de lecture. On retrouve ainsi à l’écran tout le charme et l’originalité de cet auteur dont un des précédents romans Laisse-moi entrer fut adapté au cinéma à deux reprises (Morse (2009) et Laisse mot entrer (2010) de Matt Reeves).

    Border renvoie également à certains films marquants de David Cronenberg dans lesquels le cinéma fantastique lorgnait autant vers l’étude sociale que vers un cinéma horrifique ne reculant devant aucun interdit. Loin des nombreux clichés véhiculés par le cinéma de genre actuel, Border étonne constamment et englobe les spectateurs dans un conte moderne dans lequel les apparences sont souvent trompeuses.

    On comprend ainsi aisément que ce film original et prenant obtint le prix un certain regard au festival de Cannes mais aussi fut projeté dans différents festivals internationaux dans lesquels il rencontra son public et fut salué pour ses nombreuses qualités. Loin de se cantonner au terrain banalisé du cinéma de genre, Border joue constamment avec les codes de celui-ci et à implanter un climat oppressant et horrifique dans un contexte ordinaire. Plus nous en apprenons sur Tina plus nous apprécions sa personnalité et la comprenons. De sa relation avec Vore nous rappelant ainsi les difficultés de trouver sa place dans une société dans laquelle l’apparence physique se doit d’être conventionnelle et non obéissant à des règles dépassant notre compréhension.

    Alors que le cinéma fantastique actuel semble se cantonner à appliquer des formules toutes faites, Border s’impose par son audace, son scénario parfaitement maitrisé et une interprétation convaincante. Il en sort un des premiers films forts de cette année 2019 que nous ne pouvons que vous conseiller et défendre.

    Vu le 20 décembre 2018 à la Salle Metropolitan, en VO

  • 4.5