Logo
Accueil > Reviews > Bumblebee

Bumblebee

  • Bumblebee
    1987. Alors qu'il est en fuite, l'Autobot Bumblebee trouve refuge dans la décharge d'une petite ville balnéaire de Californie. Il est découvert, brisé et couvert de blessures de guerre, par Charlie, une ado qui approche de ses 18 ans et cherche sa place dans le monde. Et quand elle le met en marche, elle se rend vite compte qu'il ne s'agit pas d'une voiture jaune ordinaire.

Critique de Mulder

  • La franchise Transformers qui fut initialement une ligne de jouets créée par Hasbro et Takara Tomy en 1984 a pu se construire un univers dans différents medias sous forme de série animées, de jeux video mais surtout d’une saga cinématographique aux effets spéciaux spectaculaires au détriment souvent d’un scénario manquant d’âme et de consistance. Réalisés par Michael Bay les cinq films constituent cet univers cinématographique qui aura connu d’excellents volets (Transformers (2007), Transformers 2 la revanche (2009) et d’autres certes impressionnants mais n’arrivant guère à faire oublier l’absence d’un excellent scenario propice à de nombreux rebondissements (Transformers 3 : La Face cachée de la Lune (2011), Transformers : L'Âge de l'extinction (2014), Transformers : The Last Knight ( 2017)).

    Il fallait donc revoir cet univers pour retrouver tout le charme de ces robots géants mais aussi redéfinir leur place sur terre. On comprend donc aisément la volonté de retourner aux racines même de cette franchise en proposant une sorte de préquelle dont la principale qualité ne serait pas de nouveau une profusion d’effets spéciaux outranciers mais belle et bien un scenario parfaitement troussé mettant en scène l’arrivée du premier Transformers sur terre, Bumblebee. Ce retour aux sources se traduit non seulement par le fait que Bumblebee prend la forme d’une Volkswagen Coccinelle et non plus comme dans les films précédents d’une Chevrolet Camaro (selon les films modèles 1976, SS, ZL1 et 2014). On retrouvera certes dans un second role et le temps de quelques scenes Optimus prime mais sa presence ici anecdotique sert à relier ce film à ceux de la saga cinématographique.

    Après une scène très spectaculaire se déroulant sur Cybertron et laissant présager de nouveau un déferlement d’effets spéciaux pour pallier une fois de plus à des lacunes scénaristiques, il n’en est rien. Il faut ainsi reconnaitre que le scenario de Bumblebee se veut aussi bien un hommage aux films des années 80 (on pensera notamment à E.T l’extraterrestre mais aussi aux Goonies et à Breakfast Club) mais aussi à la série d’animation diffusée en France sur Canal + entre 1985 et 1989. Il en ressort un film brassant à la perfection film d’aventures, film d’action et de science-fiction. Une des grandes qualités de ce film est de ne pas chercher constamment à en mettre plein les yeux et les oreilles des spectateurs mais de rechercher la note parfaite pour décrire aussi bien la société américaine des années 80 mais surtout la relation entre une jeune adolescente (campée à la perfection par Hailee Steinfeld) et cet Autobot veritable réfugié dans un milieu hostile pourchassé par l’armée (comme le fut E.T l’extraterrestre) et de Decepticons vindicatifs (Blitzwing, Dropkick et Shatter). Une fois de plus les forces de l’ordre mèneront la vie dure à Bumblebee mais aussi se feront berner par des Autobots.

    Il est intéressant de voir que Bumblebee s’impose aisément comme le meilleur volet de cette saga cinématographique non seulement en proposant des effets spéciaux irréprochables mais aussi en s’appuyant sur de nombreuses chansons parfaitement sélectionnées et l’envie de proposer un divertissement familial de qualité . On s’attache ainsi à Bumblebee, à ce veritable colosse voulant bien faire mais capable de destructions importantes (comme la scène de son passage dans la maison de la famille reconstituée de Charlie Watson (Hailee Steinfeld), son père étant décédé et sa mère remariée. Bumblebee réussit aisément à nous émouvoir et à retrouver l’essence même des blockbusters américains des années 80 dans lesquels tout sonnait juste et nous permettaient de nous immerger dans des univers captivants.

    Pour les besoins de ce nouveau film, Michael Bay laisse sa place à Travis Knight (Kubo et l'Armure magique (2016)). Il en resort une mise en scène moins déstructurée et nettement plus immersive. En se focalisant directement sur le duo principal formé des personnages Charlie Watson et Bumblebee on entre directement dans l’action et surtout on découvre un film parfaitement maitrisé carburant à l’émotion véritable. Une nouvelle fois, Hailee Steinfeld est parfaite et se révèle excellente comédienne. Après True Grit (2010), La stratégie Ender (2013), Pitch perfect 2 & 3 (2015/2017) on a pu également l’entendre dans la version originale du tout aussi excellent Spider-man : New Generation (2018) dans le rôle de Gwen Tracy.

    Après cinq films au montage hystérique et aux scènes plus ou moins lisibles, on apprécie d’autant plus ce Bumblebee qui montre ce qu’aurait dû être dès le premier film l’univers cinématographique Transformers, non pas un déluge d’effets spéciaux mais une histoire passionnante. Certes les deux premiers films de cette saga étaient réussis mais les autres décevaient en général. L’apport à la réalisation de Travis Knight est clairement visible. Il retrouve ainsi le charme intact des grands films de Steven Spielberg et autres Robert Zemeckis. Après Ready player one, Bumblebee s’impose comme un des événements forts de cette année, un film familial dont vous allez tomber amoureux et surtout donc vous allez vouloir posséder un Transformers en espérant pouvoir retrouver Bumblebee dans de nouvelles aventures.

    Vu le 11 décembre 2018, à Pathé La Villette

  • 5