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Pupille

  • Pupille
    Théo est remis à l'adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. C'est un accouchement sous X. La mère à deux mois pour revenir sur sa décision...ou pas. Les services de l'aide sociale à l'enfance et le service adoption se mettent en mouvement. Les uns doivent s'occuper du bébé, le porter (au sens plein du terme) dans ce temps suspendu, cette phase d'incertitude. Les autres doivent trouver celle qui deviendra sa mère adoptante. Elle s'appelle Alice et cela fait dix ans qu'elle se bat pour avoir un enfant. PUPILLE est l'histoire de la rencontre entre Alice, 41 ans, et Théo, trois mois.

Critique de Mulder

  • A nos mères

    Pupille s’impose dès sa découverte comme un film d’une tendresse profonde et qui sonne à la perfection sans chercher à aucun moment à chercher la facilité. En abordant le sujet de d’adoption à travers plusieurs périodes de la vie de plusieurs personnages, le film dresse un portrait de notre société et s’impose comme une comédie sociale forte et profondément émouvante. Alors que le cinéma français tend à la facilité en proposant des sujets propices à donner à des comédiens des rôles sur-mesure mais manquant cruellement d’âme, Pupille est un film qui vous donnera envie de vous dépasser, de croire en une seconde chance et surtout vous montrera des comédiens investis dans leur rôle. Sandrine Kiberlain (Alice), Gilles Lellouche, Élodie Bouchez donnent ici le meilleur d’eux-mêmes et ont envie de défendre ce film.

    Jeanne Henry après avoir réalisé un documentaire Marcher (2009) et un premier film Elle l’adore (2014) déjà avec la comédienne Sandrine Kiberlain signe ici sa seconde réalisation. Elle aborde avec une véritable passion partagée la vie de personnes simples luttant entre un système imparfait devant trouver la bonne personne pour adopter un jeune enfant et une femme qui depuis de longues années souhaite plus que tout adopter un enfant. Leur parcours fait de ce film une histoire universelle et fragile à la fois.

    On ne redira jamais l’importance d’avoir une image claire et précise pour donner au film une force nécessaire et surtout permettre aux spectateurs de s’immerger dans une œuvre cinématographique. Après avoir travaillé sur Frères ennemis, Sofian El Fani trouve l’inspiration nécessaire pour participer à la réussite de Pupille et teinte le film d’un réalisme entier. Les scènes fortes s’enchainent et nous nous laissons guider par ce film rappelant par sa simplicité et sa force les grands films de Robert Altman dans lesquels de nombreuses personnes s’entrecroisent et retiennent notre attention par leur simplicité.

    Pupille c’est surtout un trio de trois comédiens. Le personnage joué par Gilles Lellouche s’inspire d’une personne existant réellement et qui exerce un métier d’assistant familial. La scénariste a pu lui donner le matériel nécessaire pour créer son personnage. Comme il le dit, son personnage a été écrit avec une telle bienveillance qu’il s’est glissé dans un bloc de tendresse et de délicatesse qui ne va pas sans angoisse. Alors que son nouveau film, Le grand bain, a rencontré un grand succès au cinéma, il témoigne une fois de plus ici qu’il n’est pas qu’un simple acteur de comédies mais un comédien complet aussi à l’aise dans une scène dramatique que comique. A ses côtés Sandrine Kiberlain et Elodie Bouchez sont juste parfaites dans leur rôle. Alors que ces dernier films n’avaient pas totalement marqué nos mémoires (Fleuve noir (2016), Réalité (2014), Seuls two (2007)..) Elodie Bouchez apporte à son personnage une véritable émotion. Comme elle le dit, elle voit dans son personnage une ode à la confiance, confiance dans le destin, et dans la bienveillance des travailleurs sociaux qui l’accompagnent. Son personnage est une femme dont le parcours pour adopter sera un véritable parcours du combattant et il lui faudra attendre de nombreuses années avant que son rêve devienne réalité. Pupille nous permet de redécouvrir cette grande comédienne qui trouve enfin ici un film à la hauteur de son immense talent…

    Certes nous aimons les blockbusters américains mais on aime aussi être étonné, touché par un beau film qui nous amène à la réflexion. Pupille semble avoir germé longuement dans les pensées de la réalisatrice et scénariste et est née d’une véritable volonté de trouver la parfaite approche

    Vu le 22 novembre 2018 au Club Marbeuf

  • 5