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Kursk

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    KURSK relate le naufrage du sous-marin nucléaire russe K-141 Koursk, survenu en mer de Barents le 12 août 2000. Tandis qu’à bord du navire endommagé, vingt-trois marins se battent pour survivre, au sol, leurs familles luttent désespérément contre les blocages bureaucratiques qui ne cessent de compromettre l’espoir de les sauver.

Critique de Mulder

  • « Le film est fidèle au livre à bien des égards et présente une description très précise des événements tels que je les ai vécus. Il se devait de l’être, car il s’agit de faits historiques communément admis. Ce n’est pas un documentaire, donc il prend quelques libertés. Mais il reste fidèle à l’esprit du livre. Et le livre est lui-même fidèle à la réalité. En ce sens, c’est une vision très juste, même si artistique, de ce qui s’est réellement passé. » - David Russell

    Les films catastrophe ont bercé notre enfance et connus leur apogée des années 70 au début des années 80 avec des films comme la Tour Infernale (1974), L’aventure du poséidon (1972), Tremblement de terre (1975). Ces films ne cherchaient pas à impressionner par des effets spéciaux spectaculaires pour masquer la minceur de leur scénario mais reposaient sur des castings parfaits donnant à des comédiens appréciés par le public des rôles parfaitement définis. Alors que d’autres films ont réussi à s’imposer dans le temps comme des classiques du genre comme Backdraft (1991), Armageddon (1998), Titanic (1997), K19 : le piège des profondeurs (2002) misant sur les mêmes codes et réussissant à donner vie à des films mémorables.

    Kursk le nouveau film du réalisateur danois Thomas Vinterberg (Festen (1998), Dear Wendy (2005), La chasse (2012), Loin de la foule déchaînée (2015)..) est l’adaptation du livre de Robert Moore A Time to Die: The Untold Story of the Kursk Traged (Sauvez le Kursk ! aux éditions Archipel). Il s’agit d’une histoire vraie et montrant la bêtise humaine et le manque de coordination international. Loin de chercher tout sensationnalisme inutile et en voulant rendre hommage aux cent dix-huit hommes d’équipage morts suite à une négligence humaine qui aurait pu être évitée. Le film quant à lui se focalise sur les vingt-trois derniers survivants des deux explosions intervenues le 12 aout 2000. Ces marins se sont réellement battus jusqu’à leur dernier souffle pour survivre et ils auraient pu être sauvés si l’armée soviétique avait autorisée plus tôt l’aide internationale au lieu de se contenter d’essayer de les sauver avec du matériel obsolète et manquant cruellement d’un suivi de qualité.

    Il est intéressant de voir le traitement du scénariste Robert Rodat et du réalisateur pour donner vie à cette histoire. Loin d’une vision hollywoodienne avec moult effets spéciaux, le film revient aux sources du film catastrophe avec une véritable intrigue et donnant vie à des héros ordinaires s’étant battus jusqu’à la fin. Les premières scènes nous présente donc ces marins sous-payés qui sont liés entre eux par de véritables codes de conduite et prêts jusqu’à donner leur bien le plus précieux, une montre pour payer le mariage de l’un d’eux. Certes la photographie du film aurait gagné à être un peu moins datée car cela minimise notre immersion dans ce film. De la même manière le passage de l’écran à deux tailles différentes semblait être sur le papier une excellente idée mais se révèle en parti gâché par une image manquant cruellement de luminosité.

    Pourtant Kursk mérite d’être découvert par sa réalisation certes très classique mais nous rappelant que le bon cinéma se doit d’abord de reposer sur un excellent casting et sur un véritable regard de réalisateur. Même si il s’agit ici pour le réalisateur d’un film de commande pour le studio Europacorp, on ne peut que saluer son travail car malgré un budget moindre comparé à productions équivalentes américaines, son film tient en haleine sans aucun temps mort et se permet quelques scènes en pleine mer imposantes et très réussies. De la même manière, le réalisateur a pu bénéficier d’un casting international de qualité avec notamment dans les rôles principaux

    Matthias Schoenaerts (Mikhail Averin), Léa Seydoux (Tanya Averina), Colin Firth (Commodore David Russell) et Max von Sydow (Vladimir Petrenko).

    En misant plus sur le réalisme de ce drame humain en pleine mer, Kursk mérite amplement malgré ses quelques faiblesses à être découvert au cinéma. Il montre une nouvelle fois que le cinéma européen (le film est franco-belgo-luxembourgeois) peut aisément tenir compte au cinéma américain hollywoodien et ses budgets grandiloquents.

    Vu le 8 novembre 2018 au Gaumont Disney Village, Salle 2, en VF
    Note 3/5

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