Logo
Accueil > Reviews > Le Grand bain

Le Grand bain

  • Le Grand bain
    C’est dans les couloirs de leur piscine municipale que Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine, ancienne gloire des bassins. Ensemble, ils se sentent libres et utiles. Ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là propriété de la gent féminine : la natation synchronisée. Alors, oui c’est une idée plutôt bizarre, mais ce défi leur permettra de trouver un sens à leur vie...

Critique de Mulder

  • Aux dix ans du club 300

    « L’idée, c’était surtout de trouver un sujet qui me touche et me permette de réaliser un film plus personnel que NARCO, qui était malgré tout un film de commande. C’est un film que j’ai pris beaucoup de plaisir à faire mais qui n’est pas intimement lié à qui je suis. Tout ça a pris du temps car après NARCO, mes films d’acteurs ont pris toute la place. » - Gilles Lellouche

    Le cinéma français semble se cantonner dans un formalisme appliqué dans lequel on observe certes de grands comédiens et des réalisateurs inspirés mais qui n’arrivent pas toujours à nous émouvoir, à nous faire réagir. Pourtant nous continuons à découvrir ces films à les aimer ou détester et si possible à éviter ces comédies encéphaliques créées artificiellement pour mettre en valeur un comédien adulé par un large public. Pourtant des réalisateurs nous montrent que les travers de notre société actuelle laissent sur le banc des personnes qui auraient mérités qu’on leur offre une chance, une certaine reconnaissance non seulement par leur volonté de tenir coûte que coûte alors que tout semble s’effondrer autour d’eux. Des réalisateurs comme Louis-Julien Petit ont redonné leurs lettres de noblesse aux comédies sociales (Discount (2015)), c’est maintenant au tour du comédien, scénariste et réalisateur Gilles Lellouche de nous proposer une comédie dramatique dans l’ère du temps.

    Sur la base d’un scénario qu’il a co-écrit avec Ahmed Hamidi et Julien Lambroschini, le réalisateur Gilles Lellouche délaisse son rôle de comédien pour se consacrer à celui de réalisateur. Pour son second film qu’il réalise seul après Narco, il souhaite livrer une véritable comédie sociale et surtout une œuvre plus proche de sa sensibilité. Il en découle une comédie dramatique jubilatoire dans laquelle le casting réuni est non seulement prestigieux mais surtout bénéficie d’un excellent scénario et d’une véritable originalité. Qui aurait ainsi cru que faire des personnages dans la quarantaine ayant plus raté leur vie que réussi dans une équipe de natation synchronisée allait pouvoir fonctionner aussi bien. Malgré leurs échecs personnels ces personnes que la vie n’a pas gâtée réussissent à mettre leurs différents de côté et à trouver une véritable grâce et volonté dans l’eau. En les voyant partir dans un championnat, on n’a qu’une envie les soutenir quitte à prendre des coups comme eux.

    Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres s’entraînent ainsi sous l’autorité de Delphine qui fut une ancienne gloire des bassins. Pourtant les problèmes sentimentaux de celle-ci vont compliquer les choses et la faire partir temporairement de son équipe. Sa méthode guère probante pour faire travailler son équipe se verra entièrement revue par son ancienne co-équipière devenue paralysée, Amanda incarnée par Leila Bekhti. Cette nouvelle coach ne parie que sur le dépassement sportif pour réussir quitte à se mettre une bonne partie de l’équipe à dos. Le grand bain par son originalité et un sujet émouvant nous rappelle les grandes comédies sociales et plus précisément The Full Monty (1997) de Peter Cattaneo. On apprécie aussi le soin apporté au scénario qui ne cherche à aucun moment à nous émouvoir mais plutôt à chercher un véritable réalisme et à nous montrer que c’est en réunissant nos qualités que nous pouvons avancer aussi bien dans notre vie personnelle mais aussi professionnelle.

    Le grand bain montre également que ce n’est pas uniquement le fait de réunir un casting somptueux qui fera la qualité d’un film, c’est surtout trouver matière à construire une véritable intrigue et des personnages profondément humains avec leurs faiblesses et leurs qualités. On retrouve ainsi ici Mathieu Amalric (Bertrand), Guillaume Canet (Laurent), Benoît Poelvoorde (Marcus), Jean-Hugues Anglade (Simon), Virginie Efira (Delphine), Leïla Bekhti (Amanda), Marina Foïs (Claire), Philippe Katerine (Thierry) et Mélanie Doutey.

    Le grand bain s’impose aisément comme l’une de plus belles surprises de l’année, un film que nous ne voyons pas venir, non pas une comédie aussi vite vue qu’oubliée mais un film à l’image de ses personnages attachants humains et libres.

    Vu le 3 octobre 2018 au forum des images

  • 4.5