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I feel good

  • I feel good
    Monique dirige une communauté Emmaüs près de Pau. Après plusieurs années d’absence, elle voit débarquer son frère, Jacques, un bon à rien qui n’a qu’une obsession : trouver l’idée qui le rendra riche. Plus que des retrouvailles familiales, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent.

Critique de Mulder

  • "Nous montrons combien l’individualisme forcené, la volonté de devenir riche pour devenir riche, sans penser aux conséquences, est une maladie… Ce que le film essaie de dire, c’est qu’il y a peut-être une voie possible à travers ces petits groupuscules humains qui s’aiment et se respectent. La notion de groupuscule nous importe depuis longtemps. De toute façon c’est clair : sans décroissance on va dans le mur. On y est condamné, alors autant le faire bien. Et ces groupuscules nous semblent un bon moyen." - Benoît Delépine

    Liberté semble être le maitre mot du cinéma de Benoit Delepine et Gustave Kervern. Dès leur premier film AAltra (2004) et en passant par les très réussis Louise Michel (2008), Near dead experience (2004), Saint Amour (2016), ces deux scénaristes et réalisateurs sont restés fidèles à leur volonté de traiter du véritable visage de notre pays actuel loin des nombreux stéréotypes véhiculés par des productions françaises plus imposantes.

    Les moyens limités ne sont pourtant pas un frein à leur inventivité permanente et surtout à cette volonté de donner la parole à des personnages que l’on ne verrait pas dans d’autres productions. Après avoir travaillé avec Gérard Depardieu, Benoit Poelvoorde, Michel Houellebecq, Albert Dupontel , cette fois-ci ils dirigent le comédien Jean Dujardin dans un rôle de l’image qu’il a pu se faire dans de nombreuses comédies (Mariages ! (2004), Brice de Nice (2004), OSS 117 le Caire nid d’espions (2006)) ou thrillers (LA French (2014)). Son personnage Jacques est un rêveur en quête perpétuelle d’une idée qui le rendrait riche et surtout sans avoir à travailler. Cette idée il la trouvera en créant un agence pour proposer à des personnes en difficulté de pouvoir avoir accès aux soins d’une clinique de chirurgie esthétique low cost en Roumanie. Pourtant les choses ne vont pas se passer comme prévu ni pour lui ni pour ses premiers clients.

    I feel good retrouve toute la force d’un cinéma social qui brocarde notre société et qui nous fait découvrir la vie au sein du village Emmaus de Lescar-Pau dans les Pyrénées-Atlantiques dans lequel se créé peu à peu une microsociété dans laquelle des laisser pour compte peuvent retrouver confiance en eux, un travail et un endroit pour manger et dormir. La bonne humeur qui se dégage en permanence du film en faisant jouer deux comédiens aguerris Jean Dujardin et Yolande Moreau avec des comédiens non professionnels mais donnant le meilleur d’eux-mêmes. En faisant passer les spectateurs du rire aux larmes le temps de quelques scènes. Ce village Emmaus correspond parfaitement à la filmographie de ces deux scénaristes et réalisateurs atypiques, fait de bric et de broc, de beaucoup d’idées et de peu de moyens, la magie du cinéma opère pourtant.

    I feel Good réussit sans ombrage à donner à Jean Dujardin l’un de ses meilleurs rôles. En cassant son image de gendre parfait, en prenant du poids, il fait de son personnage un looser doux rêveur. On suit donc la traversée d’un homme arrivé en peignoir de chambre dans ce village Emmaus retrouver sa sœur et essayer de trouver un sens à la vie. Ses tribulations font de ce film un conte social émouvant et juste, un reflet de l’envers du consumérisme rongeant notre société. Alors que le cinéma français peine à se renouveler, Benoit Delépine et Gustave Kervern continuent à nous prouver que celui-ci peut nous étonner, nous émouvoir et nous ouvrir l’esprit. Pour cela on ne peut que les remercier et vous encourager à découvrir leur nouveau film.

    Vu le 10 septembre 2018 à l’UGC Gobelins

     

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