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L'ombre d'Emily

  • L'ombre d'Emily
    Stephanie Smothers, une mère de famille blogueuse, enquête sur la soudaine disparition de sa meilleure amie, Emily Nelson. Veuve, elle s'occupe seule de son petit garçon. Emily est également mère d'un enfant et est mariée avec un dénommé Sean. Avant de disparaître, elle demande à Stephanie de récupérer son fils à l'école avant de ne plus donner de nouvelles. C'est alors que Stephanie commence à découvrir les nombreux secrets d'Emily.

Critique de Mulder

  • Le nouveau film de Paul Feig (Bridesmaids, The Heat, Ghostbuster) sur un scenario de Jessica Sharzer mérite amplement d’être découvert par son mélange de genres entre la caricature sociale d’une peinture d’une Amérique obnubilée par le paraitre, le thriller (on pense aux Diaboliques et à Gone Girl) et la comédie débridée.

    En voulant sortir des comédies qui ont fait son succès le réalisateur prend un véritable risque et réussit à nous convaincre par l’ambiance envoutante qu’il arrive à créer tout au long de cette intrigue policière. Il est également intéressant d’avoir bâti l’histoire centrale du film sur deux portraits de jeunes mères au passé douteux. Impossible en suivant cette volonté de déconstruire cette image de familles américaines trop sages de ne pas y voir aussi un clin d’œil appuyé à American Beauty. A l’ombre d’Emily (A Simple Favor) nous a conquis également par cette volonté de n’utiliser que des chansons françaises pour illustrer cette histoire de Serge Gainsbourg à Orelsan, ce film permettra aux américains de découvrir une partie de notre culture musicale.

    Pour réussir un bon thriller, il ne suffit pas d’avoir un bon scénario et un réalisateur inspiré mais aussi d’avoir de bonnes comédiennes et le film bénéficie de la présence d’Anna Kendrick (une nouvelle fois parfaite) et de Blake Lively. Autour d’elles les personnages masculins ne sont relayés qu’au second rôle et semblent soient être manipulés ou influencés malgré eux soit trop imbus d’eux-mêmes pour se rendre compte de ce qui se trame dans leur entourage. Les différents niveaux de lecture du film permettent à chacun d’y trouver matière à réflexion mais aussi d’aborder le devoir d’un bon blogueur c’est-à-dire pas uniquement se mettre en avant mais partager sa passion, son savoir. On est donc loin de ces youtubers imbus d’eux-mêmes et se moquant de leur public et donc leur seule préoccupation est d’avoir le plus grand nombre de vues à des fin puériles.

    En soignant sa mise en scène et en réussissant à créer une véritable atmosphère paranoïaque, le réalisateur Paul Feig signe ici tout simplement son meilleur film. Le film s’impose comme un thriller envoutant marqué par l’interprétation solide de deux comédiennes que nous apprécions.

    Vu le 28 août 2018 à la Salle Metropolitan, en VO

  • 3.5