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Silent Voice

  • Silent Voice
    Nishimiya est une élève douce et attentionnée. Chaque jour, pourtant, elle est harcelée par Ishida, car elle est sourde. Dénoncé pour son comportement, le garçon est à son tour mis à l'écart et rejeté par ses camarades. Des années plus tard, il apprend la langue des signes... et part à la recherche de la jeune fille. 

Critique de Mulder

  • “People try to put us d-down (Talkin' 'bout my generation)
    Just because we get around (Talkin' 'bout my generation)
    Things they do look awful c-c-cold (Talkin' 'bout my generation)
    I hope I die before I get old (Talkin' 'bout my generation)”
    The Who – My Generation

    A mes trois frères d’arme

    Le cinéma japonais nous a toujours fascinés par les sujets abordés et surtout par sa volonté d’attacher une réelle importance aussi bien à l’écriture qu’à l’image. Malheureusement uniquement peu de films japonais arrivent à sortir de ce pays et être proposés à une audience internationale. Certes le fait que certains projetés dans certains festivals leur apporte une certaine aura médiatique, de la même manière les films d’animation japonais connaissent un véritable engouement qui ne s’est jamais tassé. Silent voice malgré une sortie trop tardive en France (le film est disponible en version originale notamment sur Amazon) s’impose aisément comme l’un des films événements de cet été.

    Sur la base des sept tomes écrits et dessinés par Yoshitoki ?ima et ayant connu un grand succès au Japon, la scénariste Reiko Yoshida a su restituer toute la force de cette histoire aussi tragique que belle. Loin d’être une énième histoire fantastique ou de robots géants, Silent Voice aborde avec intelligence différentes thématiques que cela soit le harcèlement scolaire, le fait d’être muet dans notre société actuelle, la rédemption et surtout les premiers émois amoureux. Comment ne pas vouloir protéger Nishimiya contre ces élèves stupides et n’ayant aucun respect pour autrui ni l’intelligence de se rendre compte que celle-ci a beaucoup à leur apprendre par son regard différent sur notre monde. Alors que Ishida un élève de sa classe n’arrête pas de l’embêter, son harcèlement se retournera contre lui quand le directeur de son école informera sa mère et interrogera les nombreux élèves de sa classe. Se retrouvant seul et prêt à se suicider, il ne devra sa survie par sa volonté d’apprendre le langage des signes et de trouver le pardon aux yeux de Nishimiya quelques années après les événements intervenus.

    Naoko Yamada après une carrière remarquée dans différents séries japonaises comme réalisatrice (K-On!, Tamako Market) nous livre pour son deuxième film après Tamako Love Story (2014), un film parfaitement maitrisé et on ne peut que la féliciter pour avoir réussi à donner une telle patine à celui-ci. On regrettera seulement que la sortie trop tardive en France gâche une partie du plaisir à découvrir un film qui n’est plus inédit et dont l’excellent accueil mondial en fait aisément un chef d’œuvre véritable…

    Silent voice a de nombreuses qualités que cela soit visuelle, scénaristique mais également avoir réussi à mettre en image toute la force de ce sh?nen manga. En plus de deux heures, il aura démontré ses nombreuses valeurs pédagogiques mais aussi l’importance de s’ouvrir au monde et d’aider son prochain. En abordant la thématique de l’importance du langage des signes, le film réussit à nous montrer sa beauté et surtout son caractère universel. On se laisse immerger dans un univers qui nous rappellera notre passé et l’importance d’avoir de véritables amis. Se dessine à travers ce film l’innocence de l’adolescence et la fragilité de la vie. Lorsque Ishida comprend enfin l’importance de Nishimiya dans sa vie, il acceptera de faire le plus beau sacrifice pour racheter ses erreurs passées

    Le film prônant également l’importance de la lecture et d’apprendre pour se construire, il montre également le caractère superficiel et dangereux des réseaux sociaux (dont sera victime à son tour Ishida). Dans notre société dans laquelle on recherche plus à mettre en avant l’audimat à tout prix (youtubers et autres programmes télévisés comme Star Académie) que la qualité des écrits et la passion véritable de certains envers toutes formes de cultures (lecture, cinéma, séries..), ce film s’impose comme un véritable réveil des consciences. Pour renforcer la force de ses thématiques, Silent voice bénéficie également d’un véritable travail sur la musique que cela soit celle du compositeur Kensuke Ushio ou de la parfaite utilisation au début du film du titre My Generation de The Who.

    Rarement un film m’avait aussi ému et rappelé qu’il faut savoir garder la tête haute malgré les différents difficultés que nous rencontrons chaque jour. Il faut savoir être là à veiller sur ses proches et surtout s’ouvrir au monde loin de cette vie virtuelle, des réseaux sociaux envahissants… Dire que nous attendons avec impatience maintenant Liz and the Blue Bird est un doux euphémisme.

    Vu le 17 août 2018 en VO (lien presse)

     

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