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En eaux troubles

  • En eaux troubles
    Au cœur de l’océan Pacifique, le sous-marin d’une équipe de chercheurs a été attaqué par une créature gigantesque qu’on croyait disparue : le Megalodon, un requin préhistorique de 23 mètres de long. Le sauveteur-plongeur Jonas Taylor doit risquer sa vie pour sauver les hommes et les femmes prisonniers de l'embarcation… et affronter le prédateur le plus terrible de tous les temps. 

Critique de Mulder

  • En Eaux troubles (The Meg) avait tout pour séduire et s’imposer comme l’un des blobkbusters incontournables de cet été pourtant le résultat final que nous avons pu découvrir en format en Screen X n’arrive ni à créer un climat angoissant ni à retenir complètement notre attention. En adaptant à l’écran le livre de Steve Alten (Meg: A Novel of Deep Terror) le scénario d’En Aux troubles aura connu plusieurs réécritures (Dean Georgaris, Jon Hoeber et Erich Hoeber) et malheureusement oublié qu’un film de monstre marin doit reposer sur une véritable intrigue et surtout réussir à créer une ambiance inquiétante dans laquelle l’homme se voit confronter à une créature redoutable et invulnérable. Loin de vouloir utiliser des effets spéciaux à outrance, En eaux troubles aurait gagné à proposer une véritable terreur marine dans laquelle un requin géant menacait toute une équipe de chercheurs livrés à eux-memes en pleine mer.

    A l’image du film culte de Steven Spielberg, Les dents de la mer (1975) considéré comme le modèle parfait du film de requin, En eaux troubles auraient dû éviter de jouer ka surenchère inutiles d’effets spéciaux à outrance et surtout de ne pas développer suffisamment ses personnages principaux et d’en faire de simples pions prêts à être sacrifiés pour donner au public ce qu’il attend avec un tel film des moments de pur terreur et surtout des moments d’anthologies inoubliables. Certes le film de requins aura eu son heure de gloire dans les années 80 mais également été malmené par plusieurs séries B ou Z sans réel intérêt (saga des Shark Attack, des Sharknados et plus récemment Sharktopus vs. Pteracuda, Sharktopus). Certes des films comme Peur bleue (1999), Bait (2012), Instinct de survie (2016), 47 meters down (2017) avaient atteint leur objectif avec des moyens assez réduits et avaient amplement compris l’importance d’utiliser une musique omniprésente et des scènes horrifiques avec modération. En voulant jouer la carte de monstres préhistoriques (on se doute l’influence de la saga Jurassic Park/World) et proposer un film tourné clairement vers le marché asiatique, le film semble constamment chercher ses repères et hésiter entre le film d’action avec son héros marqué par son passé (Jason Statham nettement plus à l’aise dans des films d’action que dans la chasse au requin géant), le film de monstre marin et le thriller aquatique (on pense inévitablement à Abyss) de James Cameron.

    Après une scène d’introduction relatant un sauvetage à moitié réussi par le personnage principan Jonas Taylor (Jason Statham), on retrouve celui-ci devenu alcoolique et préférant survivre et noyer ses blessures dans l’alcool que de faire face à son passé douloureux. Lorsqu’un équipage scientifique ayant un passé commun avec lui décide de l’embaucher de nouveau, cet anti-héros par excellence va se retrouver confronter à deux gigantesques prédateurs sous-marin (des requins préhistoriques). Certes le film ne démérite en sauvetages héroiques et se paye même de luxe de montrer l’attaque d’un mégalodon près d’une plage envahie de nageurs mais il manque réellement un climat angoissant et des scènes chocs violentes pour faire crarmponner les spectateurs à leurs fauteuils. Malgré l’apport indéniable de cette expérience Screen X (écran à 270¨degré) , on regarde ce film d’un air songeur et on n’arrive pas totalement à s’identifier aux personnages ni à s’immerger dans un climat oppressant.

    En voulant rendre hommage aux séries B des années 80 avec ces personnages archétypes, le milliardaire prêt à tout, la jeune mère aventurière travaillant avec son père, ou l’afro-américain chétif, En eaux troubles semble se contenter de répondre à un cahier de charge de manière trop mécanique et manque cruellement d’ambitions. Malgré un budget très important (cent-cinquante millions), la présence d’un casting intéressant (Jason Statham, Bingbing Li, Ruby Rose..), En Eaux trouble ne révolutionne pas le genre auquel il se rattache et n’arrive pas à égaler le film parfait de Steven Spielberg Les dents de la mer. Il aura par conte permis une ressortie en salles de ce classique et surtout de proposer un rôle différent à Jason Statham loin de cet homme d’action aussi à l’aise avec toutes formes de combats qu’à conduire une voiture lancée à toute vitesse.. Ce film ne nous empêchera pas non plus d’aller profiter de la mer et de parties de plongée sous-marine pour explorer des fonds marins (en respectant les paliers de décompression contrairement à ce film)..

    Vu le 16 aout 2018 au Gaumont Opéra Capucines, Salle 3, en Screen X et VF

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