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Budapest

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    Vincent et Arnaud ont beau avoir fait la plus grande école de commerce française, ils s’ennuient ferme dans leur travail.  L’un, Vincent, travaille avec acharnement pour une multinationale sans aucune reconnaissance. L’autre, Arnaud, stagne dans la société du père de sa femme, Audrey. A l’occasion de l’enterrement de vie de garçon d’un de leurs amis, qui est un vrai échec, ils font la rencontre d’une strip-teaseuse qui leur parle de Budapest. Vincent a alors une idée qui va changer leur vie : créer une entreprise qui organise des enterrements de vie de garçon dans cette ville de débauche, où les boîtes de nuit pullulent, l’alcool coule à flots et la démesure est au rendez-vous. Après avoir abandonné leur emploi, et emprunté beaucoup d’argent, Vincent et Arnaud se lancent. Avec l’aide de Georgio, un expatrié qui leur a fait découvrir les « trésors cachés » de Budapest, ils créent l’agence de voyage « Crazy Trips ». 

Critique de Mulder

  • Qui aurait pu croire un jour que le scénariste et réalisateur Xavier Gens aussi à l’aise dans les films d’action musclés (Hitman (2007)) que les films de genre (Frontière(s) (2008), La horde (2009), The Divide (2012) et plus récemment The Crucifixion (2017) et Cold Skin (2017)) allait se retrouver à la tête de la comédie française de l’année, une comédie totalement barrée qui ne recule devant rien, un film entre Hostel d’Eli Roth et Very Bad Trip de Todd Phillips. Jubilatoire serait ainsi le premier adjectif à raccrocher à ce film qui s’amuse réellement à exploser le sacro-saint de l’enterrement de vie de garçon, à mettre en avant le tourisme dans ce qu’il a de pire (drogue, armes à feu, prostitution). Le scénario co-écrit par Simon Moutairou et Manu Payet trouve la perfection pour nous livre une comédie allant jusqu’au bout de ses délires et en repoussant toute idée de censure et de politiquement correct.

    Alors que les comédies françaises manquent cruellement de piquant et semblent viser un public familial quitte à proposer des histoires aseptisées et interchangeables, Budapest montre qu’il est encore possible en France de rivaliser avec les grosses comédies hollywoodiennes estivales. L’histoire est plutôt simpliste puisqu’elle repose sur l’amitié entre deux jeunes adultes Vincent et Arnaud issus d’une grande école de commerce française et s’ennuyant dans leur métier. Vincent n’arrive plus en effet à supporter les moqueries de son responsable tandis qu’Arnaud qui travaille avec sa femme, semble être totalement sous son jouc. Lors d’une soirée sur Paris, se faisant refuser l’accès à une boite de nuit pour fêter l’enterrement de vie de garçon de l’un de leurs amis communs décident de s’associer et de créer leur propre boite pour organiser ce même type de soirée sans aucune limite. Se rendant à Budapest, ils vont faire la connaissance de Georgio, un expatrié et de sa copine qui va leur présenter ces connaissances et certains lieux de cette ville haut en couleurs. Que cela soit des bars avec des stripteaseuses ou un trafiquant d’armes proposant de conduire un tank ou de tester de nombreuses armes à feu.

    La mise en scène très inspirée de Xavier Gens montre que loin des films de genre qui ont fait sa renommée, il sait parfaitement livrer une comédie calibrée comme ces films hollywoodiens sans renier son propre cinéma. Les nombreux clins d’œil de Budapest (Suspira, Chucky, The Devil’s Reject, Predator, Hellboy et Robocop) font que ce film a plusieurs niveaux de lecture que l’on soit ou non un cinéphile averti. Alors que le film n’aurait pu être qu’une simple succession de scénettes, l’architecture de celui-ci laisse la place aux personnages principaux d’avoir une véritable profondeur et crédibilité.

    Inspiré d’une histoire vraie, celle de la société EVG (ne pas confondre avec IVG) par deux anciens élèves de HC, , Alexandre Martucci et Aurélien Boudier, Budapest nous propose une comédie sans aucun temps mort et repoussant toutes les limites du politiquement correct. Bénéficiant d’un excellent casting avec un trio irrésistible Manu Payet (Vincent), Jonathan Cohen (Arnaud), Monsieur Poulpe (Georgio) et dans les seconds rôles féminins Alice Belaïdi (Cécile) et Alix Poisson (Audrey) et Herietta Edvi (Suzanna), cette comédie s’annonce comme l’un des films incontournables de cette période estivale.

    Vu le 19 juin 2018 au Gaumont Opéra Capucines, Salle 1, en VO

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