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How to Talk to Girls at Parties

  • How to Talk to Girls at Parties
    1977 : trois jeunes anglais croisent dans une soirée des créatures aussi sublimes qu’étranges. En pleine émergence punk, ils découvriront l’amour, cette planète inconnue et tenteront de résoudre ce mystère : comment parler aux filles en soirée…

Critique de Mulder

  • John Cameron Mitchell signe avec How to talk to girls at the parties son chef d’œuvre, un film fort, lyrique mélangeant avec une dextérité parfaite la comédie romantique, le film social et le film de science-fiction. Après avoir signé des films indépendants marquants comme Shortbus (2006), Rabbit Hole (2010), pour son quatrième film, co-écrit avec Phillipa Goslett et mis en scène avec un talent indéniable, il nous livre une peinture de l’Angleterre des années 70, une période pendant laquelle la jeunesse se rebellait, que la musique s’imposait comme média libérateur mais aussi comme un véritable moyen d’expression, un réveil social et humain d’une société malmenée dans laquelle il était réellement indispensable de changer des choses.

    Publié en 2006 par l’éditeur Dark Horse Books, la courte nouvelle de Neil Gaiman est ici totalement revisitée et ne reprend en compte que la maison des extraterrestres et cette relation entre des jeunes londoniens et des extraterrestres à apparences humaines. L’histoire nous présente donc trois jeunes anglais qui lors d’une soirée font la rencontres de personnes étranges et aux mœurs surprenantes. On sent réellement la volonté du réalisateur d’insuffler dans cette adaptation des thématiques qui lui tiennent à cœur comme la famille, l’amour et surtout traiter du mouvement punk réactionnaire et permettant d’exprimer des idées nouvelles et fortes à travers la musique.

    Alors que le cinéma actuel tend à appliquer pour la plupart du temps des formules préétablies, John Cameron Mitchell voit plutôt le cinéma comme un moyen d’expression visuel et non une simple formule à appliquer. En cela chacun de ses films lui sont propres et ne ressemblent à aucun d’autre. En abordant pour la première fois la thématique de la science-fiction, le réalisateur semble prendre un véritable plaisir à nous raconter une histoire d’amour entre un jeune adolescent et une extraterrestre aussi originale que curieuse et campée à la perfection par l’une des meilleures jeunes comédiennes actuelles Elle Fanning. La réussite de ce film tient en partie à la fragilité qu’elle donne à son personnage. Zan est en effet en quête de connaissance et souhaite découvrir lors de sa courte période sur terre les us et coutumes de la société. Le duo qu’elle forme avec Enn donne à ce film toute sa force et un charme irrésistible.

    How to talk to girls at the parties permet également de retrouver les comédiennes Nicole Kidman et Ruth Wilson dans des rôles surprenants et montrent une nouvelle fois que ces deux comédiennes montrent non seulement un charme irrésistible mais donnent à leur personnage une véritable épaisseur. Autant Boadicea (Nicole Kidman) révèle une femme forte qui dirige un club musical avec une autorité naturelle, autant PT Stella (Ruth Wilson) est une extraterrestre d’une certaine manière bipolaire et aussi étrange qu’irrésistible.

    How to talk to girls at the parties n’est pourtant pas qu’une simple comédie romantique se déroulant dans les années 70, c’est surtout un film social marqué par l’opposition entre les humains et ces extraterrestres nous ressemblant. On apprend donc certes les mœurs de ces visiteurs et la raison de leur venue sur terre pour étudier la race humaine et comprendre comment perpétuer leur espèce. Le scénario plutôt astucieux dépasse donc la simple adaptation et amène de nombreuses idées originales et surtout réussit à créer une ambiance aussi surprenante qu’angoissante. Entre scènes de danse, numéros musicaux, How to talk to girls at the parties s’impose comme un des films les plus intéressants de cet été. On ne peut donc que vous encourager à découvrir ce film que vous soyez passionné de cinéma de science-fiction ou de comédie romantique originale. Elle Fanning ne cesse de nous surprendre en préférant des films indépendants réussis que des comédies hollywoodiennes préformatées, les signes d’un très grande comédienne à une carrière qui s’annonce longue et d’une véritable richesse créatrice.

    Vu le 12 juin 2018 au Gaumont Champs-Elysées Marignan, Salle 6, en VO

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