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Sans un bruit

  • Sans un bruit
    Une famille tente de survivre sous la menace de mystérieuses créatures qui attaquent au moindre bruit. S’ils vous entendent, il est déjà trop tard.

Critique de Mulder

  • “A QUIET PLACE is an extraordinary piece of work. Terrific acting, but the main thing is the SILENCE, and how it makes the camera's eye open wide in a way few movies manage.” – Stephen King

    Il aura fallu attendre plus de deux mois après sa sortie américaine pour enfin découvrir ce film événement qui s’emparera de nos salles dès le 20 juin prochain. Pour son troisième film en qualité de scénariste et réalisateur John Krasinski après Brief Interviews with Hideous Men (2009), La Famille Hollar (The Hollars) (2016) nous livre non seulement l’un des meilleurs films de science-fiction de cette année mais surtout se révèle être un conteur surdoué aussi habile en qualité de comédien principal que réalisateur aguerri.

    Il serait simpliste de cantonner Sans un bruit (A quiet place) à un simple film d’invasion extraterrestre tant celui-ci tient autant du thriller, du film horrifique mais surtout est une véritable expérience cinématographique inoubliable. Rares sont les films dans lesquels on rentre dès la première scène et dont le suspense ne se relâche à aucun moment, on suffoque, on tremble et on crie face à ce danger omniprésent et on ne peut que soutenir cette famille américaine recluse en pleine campagne dans un véritable no man’s land.

    Le scénario plutôt habile nous met directement dans l’action en nous présentant notre planète dont la population a pratiquement disparu et dans laquelle une entité extraterrestre que l’on pourrait penser s’être crashée emprisonnée dans un météore (si on regarde bien les nombreux extraits de journaux présents dans le bureau de cette famille). Aveugles ces créatures ont par contre une ouïe surdéveloppée faisant qu’il est impossible de parler et que le langage des signes est le seul moyen restant de communiquer . Dans cette famille marquée par le sort après la mort tragique du plus jeune des enfants, Regan est une fille sourde au caractère bien entier qui souhaite vivre normalement et surtout protéger son petit frère. Leurs parents Evelyn et Lee Abbott essayent de survivre par tous les moyens possibles et ont fait de leur maison une zone sous haute sécurité mais trop facilement pénétrable par ces créatures aussi voraces qu’invulnérables. On retrouve au casting dans le rôle principal féminin la talentueuse et superbe Emily Blunt, une nouvelle fois parfaite. Aussi à l’aise dans une comédie romantique (Cinq ans de réflexion (2012), le film de science-fiction (L'Agence (2011), Edge of Tomorrow (2014)) que le film d’action (Sicario (2015)..), elle donne à son personnage une épaisseur et une sensibilité prodigieuse.

    Pratiquement sans dialogue, le climat oppressant est parfaitement maitrisé et nous tremblons en permanence face à ces monstres rappelant par certains côtés les créatures de la série culte Stranger Things (l’une de nos préférées). Pour son troisième film, John Krasinski réussit pratiquement l’impossible soit mixer à la perfection différents styles et surtout utilise à la perfection les différents sons et la musique parfaite de Marco Beltrami. L’absence de dialogue passe à la perfection tant le travail sur cet aspect sonore et la direction de comédiens se révèlent être parfaitement assimilés.

    Une nouvelle fois, Sans un bruit montre qu’il est nettement plus éprouvant de ne pas tout montrer et surtout d’utiliser l’imagination des spectateurs pour créer une ambiance post apocalyptique réaliste et d’une force émotionnelle rare. Alors que les films de science-fiction récents ont tendance à jouer à la surenchère d’effets spéciaux plus ou moins réussis, Sans un bruit préfère distiller avec parcimonie les apparitions de ces créatures extraterrestres jusqu’à un final simplement inoubliable et laissant espérer une suite.

    Sans un bruit montre qu’il est encore possible d’innover dans un système hollywoodien faisant du cinéma plus un produit marketing parfaitement huilée qu’une création artistique véritable. En cela Sans un bruit même si il présente quelques anachronismes réussit amplement sa mission de nous divertir et nous faire frissonner en même temps. Il nous tarde de revoir ce film au cinéma et surtout en blu-ray en espérant que cette édition sera remplie de nombreuses featurettes et interviews.

    Vu le 31 mai 2018 au Publicis Cinémas, Salle 1, en VO

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