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Jurassic World : Fallen Kingdom

  • Jurassic World : Fallen Kingdom
    Cela fait maintenant trois ans que les dinosaures se sont échappés de leurs enclos et ont détruit le parc à thème et complexe de luxe Jurassic World. Isla Nublar a été abandonnée par les humains alors que les dinosaures survivants sont livrés à eux-mêmes dans la jungle. Lorsque le volcan inactif de l'île commence à rugir, Owen et Claire s’organisent pour sauver les dinosaures restants de l’extinction.  Owen se fait un devoir de retrouver Blue, son principal raptor qui a disparu dans la nature, alors que Claire, qui a maintenant un véritable respect pour ces créatures, s’en fait une mission. Arrivant sur l'île instable alors que la lave commence à pleuvoir, leur expédition découvre une conspiration qui pourrait ramener toute notre planète à un ordre périlleux jamais vu depuis la préhistoire.

Critique de Mulder

  • Lancé en 1993 la saga cinématographique Jurassic Park après avoir révolutionné le cinéma par des effets spéciaux spectaculaires redonnant vie devant nos yeux à des dinosaures plus vrais que nature a réussi à créer un véritable univers aux multiples facettes. On se doute que l’écrivain Michael Crichton après avoir écrit les romans Jurassic Park (1990) et Le Monde perdu (1995) n’aurait pu s’attendre à ce que ses deux romans aient pu rencontrer un tel succès et donner vie à un monde dans lequel les dinosaures et les hommes allaient s’opposer et se côtoyer de manière aussi impressionnante. Alors que le premier volet s’apparentait à une visite d’un parc d’attractions gigantesque dans lequel ses animaux géants allaient retrouver leur liberté et terrasser les humains. Le parc d’attractions Jurassic Park allait donc s’effondrer et permettre à la nature de triompher. Le second volet, Le monde perdu : Jurassic Park (1997) toujours réalisé par Steven Spielberg permettait à l’un des personnages principaux du premier (Ian Malcolm / Jeff Goldblum) de nouveau faire preuve d’héroïsme et sauver ses dinosaures d’un conglomérat souhaitant amener des dinosaures en pleine ville à des buts purement mercantiles.

    Le troisième volet (Jurassic Park3 (2001)) moins efficace que les deux premiers et réalisé par Joe Johnston allait mettre fin de manière prématurée à cette saga cinématographique. Le scénario trop simpliste n’avait pas réellement convaincu et semblait montrer que l’univers Jurassic Park avait révélé tous ses secrets. Pourtant quatorze ans plus tard, Jurassic World (2015) co-scénarisé et réalisé par Colin Trevorrow s’était imposé par son ampleur et ses effets spéciaux spectaculaires et surtout par des personnages attachants Owen Grady (Chris Pratt) et Claire Dearing (Bryce Dallas Howard). Une fois de plus suite à une erreur humaine, des dysfonctionnements importants allaient mettre fin à ce nouveau parc d’attractions bâti sur Isla Nublar. Ce nouvel opus non seulement avait réussi à faire oublier le troisième volet mais surtout montré la richesse de l’univers créé par Michael Crichton.

    On attendait donc avec une certaine impatience ce nouveau volet toujours co-écrit comme le précédent par Colin Trevorrow et Derek Connolly et mis en scène par le surdoué Juan Antonio Bayona (L'Orphelinat (2007), The Impossible (2012)) et l’inoubliable Quelques minutes après minuit (2016)). Alors que l’on pouvait de nouveau s’attendre à retrouver un nouveau parc d’attractions dans lequel tout allait de nouveau se détraquer, le scénario plutôt habile préfère être un développement du précédent volet. Cette fois-ci, l’ile Isla Nublar va se retrouver confronter au réveil d’un volcan provoquant la fin de cette île et donc des dinosaures qui y habitaient. Un seul moyen était alors possible, transporter certains dinosaures sur une autre ile pour éviter leur disparition pourtant une nouvelle fois Owen et Claire vont se retrouver confronter à un terrible homme d’affaire et affronter de nouveaux et nombreux dangers. Leur aventure les amènera dans le manoir du riche anglais Lockwood manipulé également par son assistant.

    Dès la scène d’introduction se déroulant dans un mini sous-marin, le scénario semble vouloir montrer une véritable volonté d’éviter des redites et de mettre fin d’une certaine manière au cycle précédent de Jurassic Park. Dans ce sens la (trop courte) présence de Ian Malcolm( Jeff Goldblum) au début du film et vers la fin de celui-ci semble monter que le monde actuel n’a pas réussi à maitriser ses créations et se retrouve ainsi dépassé face à ces nombreuses espèces de dinosaures qui vont prendre de nouveau peu à peu le contrôle de notre planète et donner son réel sens au titre du film (Jurassic Park devant Jurassic World) . En abordant aussi bien la thématique de l’évolution scientifique, des dangers de la science lorsqu’elle est confiée aux mains de puissants industriels, de la famille, Jurassic World Fallen Kingdom dépasse aisément son cadre de blockbuster parfait de ce milieu d’année pour donner vie à un film à de nombreux niveaux de lecture passionnant et envoutant.

    De la même manière, clairement découpé en deux parties, Jurassic World : Fallen Kingdom réconcilie le film d’aventure et de science-fiction avec ses nombreux scènes sur Isla Nublar avec des effets spéciaux spectaculaires et de nombreux dinosaures avec le thriller horrifique qui trouve sa place dans la seconde partie du récit nettement plus originale et novatrice. Dans cette partie se situant dans la propriété du riche anglais Lockwood, Juan Antonio Bayona semble prendre un véritable plaisir à rendre hommage à un genre qu’il affectionne. On pense notamment Nosferatu, Frankenstein et à Shining le temps de quelques scènes parfaitement amenées et chorégraphiées. Loin d’être une simple démonstration d’effets spéciaux spectaculaires, cette deuxième partie est surtout un thriller angoissant dans lequel la créature créée par l’homme semble vouloir trouver son indépendance.

    Comme le volet précédent, on retrouve l’excellente musique de Michael Giacchino qui renforce à la perfection le climax des scènes les plus importantes du film et surtout un duo à l’alchimie indéniable campé par Chris Pratt et Bryce Dallas Howard. Cette dernière occupe une place importante et s’impose comme une aventurière irrésistible capable de faire face avec courage à de nombreuses situations dangereuses comme échapper à des laves d’un volcan en éruption ou récupérer du sang d’un dinosaure emprisonné. Son personnage ici gagne en présence et en relief. De la même manière Chris Pratt en aventurier s’impose comme un digne descendant d’Indiana Jones avec une bonne dose d’humour et une véritable force.

    Alors que le cinéma hollywoodien a tendance à manquer cruellement d’originalité, Jurassic World Fallen Kingdom s’impose comme l’excellente surprise du moment. Nous ne pouvons que vous conseiller de le découvrir en IMAX 3D afin de profiter au mieux de cette excellente surprise du mois de juin.

    Vu le 06 juin 2018 au Gaumont Disney Village, Salle 11 IMAX place E16 , en VF

  • 5