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Death Wish

  • Death Wish
    Quand il ne sauve pas des vies, Paul Kersey, chirurgien urgentiste, mène une vie de rêve, en famille, dans les beaux quartiers de Chicago… Jusqu’au jour où tout bascule. Sa femme est sauvagement tuée lors d’un cambriolage qui tourne mal… Sa fille de 18 ans est plongée dans le coma. Face à la lenteur de l’enquête, il se lance dans une chasse à l’homme sans merci.

Critique de Mulder

  • “No stop signs, speed limit
    Nobody's gonna slow me down
    Like a wheel, gonna spin it
    Nobody's gonna mess me around”
    ACDC – Highway To Hell

    Dire que nous attendions avec une réelle impatience Death wish d’Eli Roth est une totale évidence. Non seulement la saga culte débutée en 1974 par Michael Winner s’est imposée dans le temps comme un classique du genre mais également remplacer Charles Bronson par Bruce Willis était un choix parfait même si Sylvester Stallone aurait pu camper un Paul Kersey digne d’un Punisher ou d’un Judge Dredd version 2018 (ce fut le premier pressenti pour reprendre ce rôle). Death Wish célèbre à sa manière les années 80, une période dans laquelle de nombreux films d’action rencontraient les faveurs du public quitte à se mettre une partie de la presse sur le dos. On se souvient encore le plaisir pris devant des films comme Commande (1986), Cobra (1986) et autres Portés Disparus (1985) dans lesquels des justiciers solitaires n’hésitaient pas à utiliser des armes à feu pour protéger des innocents et faire leur propre justice.

    Death Wish fut à la base un roman de Brian Garfield publié en 1972. La saga Death Wish (Un justicier dans la ville) comprenait cinq films de 1974 à 1994 (1974 : Un justicier dans la ville (Death Wish) (1974), Un justicier dans la ville 2 (Death Wish 2) (1982), Le Justicier de New York (Death Wish 3) (1985), Le justicier braque les dealers (Death Wish 4: The Crackdown) (1987), Le Justicier : L'Ultime Combat (Death Wish 5: The Face of Death) (1994) avec toujours dans le rôle principal Charles Bronson. Le premier volet d’une efficacité redoutable montrait comment un architecte, et heureux père de famille et prônait contre l’utilisation des armes à feu suite à l’assassinat de sa femme et à l’agression envers sa fille traumatisée à vie il décide en voyant la police incapable d’agir de devenir l’instrument de la vengeance. La thématique du film sur la légitime défense amena de larges débats sur la vente d’armes légales aux Etats-Unis et sur leur utilisation par certains esprits perturbés. Certes hormis les deux premiers films les autres n’étaient que des films d’exploitation manquant cruellement d’âme et dont l’existence ne se justifiait que par l’attrait du public envers des films violents et un personnage attachant et solitaire campé à la perfection par Charles Bronson.

    Le premier Death wish avec Charles Bronson plaçait l’action en plein dans les années 70 et les faits de ce justicier étaient aussi bien relatés par la télévision mais aussi par de nombreux journaux. En déplaçant l’action à notre époque, le scénario plutôt astucieux de Joe Carnahan (Narc (2002), Mise à prix (2007), Le territoire des loups (2012)), remanié par Scott Alexander, Michael Ferris et Larry Karaszewski, qui n’hésite pas à montrer l’importance des médias sociaux et surtout de youtube sur lequel les vidéos de ce justicier rencontre un énorme succès et s’impose comme un exemple de résistance et lutte contre les multiples actes illégaux qui gangrènent la ville de Chicago. De la même manière le personnage principal n’est plus un architecte mais un chirurgien urgentiste, dont la principale vocation est de sauver des vies et non mettre fin aux agissements dangereux de certains trafiquants et autres individus dangereux. On reconnait donc là l’importance et la qualité du scénario qui ne cessent de vouloir remettre à jour une histoire connue. L’introduction du film présent un véhicule de police roulant à pleine vitesse en direction d’un hôpital est également une excellente idée pour présenter le personnage principal travaillant dans ce lieu. Paul Kersey est donc un heureux père de famille ayant réussi sa vie et vivant dans une belle maison avec sa femme et sa fille. Quand sa femme est tuée et sa fille se retrouve dans le coma, il n’a plus qu’une idée en tête renouer avec son passé et faire ressortir sa volonté de faire régner l’ordre. Alors qu’il n’avait aucune réelle habilité avec les armes à feu, il va non seulement s’instruire grâce à de nombreuses vidéos diffusées sur youtube mais aussi en s’entrainant et en faisant régner la justice dans des quartiers difficiles de Chicago.

    Eli Roth qui a gagné une véritable réputation de réalisateurs de films d’horreur avec notamment Cabin Fever (2002), Hostel (2006), Hostel chapitre II (2007) et The Green inferno (2013) avait déjà abordé le genre du thriller avec une certaine réussite avec Knock Knock (2015) et signe avec Death Wish l’un de ses meilleurs films. En ne renonçant pas à son attrait pour la violence et le gore, il ponctue ce film de scènes violentes très efficaces notamment une dans un garage qui témoigne qu’il n’a rien perdu de son attirance vers une forme de violence expéditive. Il bénéficie également pour ce film de la présence de Bruce Willis qui retrouve enfin un rôle qui lui va à la perfection. La réussite de ce film tient en grande partie à sa vacuité à donner vie à son personnage et surtout à le rendre humain même si ses actes sont expéditifs et découlent d’une volonté de faire régner l’ordre dans sa ville. On retrouve également dans les seconds rôles importants Vincent D'Onofrio (Frank Kersey, le frère de Paul), Elisabeth Shue (Lucy Kersey, sa femme), Camila Morrone (Jordan Kersey, sa fille) mais aussi Dean Norris (Détective Rains), Beau Knapp (Knox), Len Cariou (Ben), Kimberly Elise (L’inspectrice Leonore Jackson).

    L’association Eli Roth et Bruce Willis s’impose comme une formule gagnante et donne à Death Wish l’aura d’un grand film d’action comme on pouvait en découvrir dans les années 80. Ce côté rétro fait que nous avons été totalement conquis par ce film divertissant, violent et d’une efficacité redoutable. En surpassant le film original, Death Wish s’impose comme une des excellentes surprises de ce mois de mai.

    Vu le 11 mai 2018 au Gaumont Disney Village, Salle 2, en VF

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