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Gaston Lagaffe

  • Gaston Lagaffe
    M’enfin ! Gaston débarque en stage au Peticoin. Avec ces inventions délirantes, il va changer le quotidien de ses collègues.  Chat, mouette, vache, et gaffophone seront au rendez-vous des aventures de notre bricoleur de génie qui ne pense qu’à faire le bien autour de lui mais qui a le don d’énerver Prunelle son patron.  Les gaffes à gogo de notre empêcheur de travailler en rond pourront-elles éviter que le redoutable Monsieur de Mesmaeker rachète le Peticoin ?

Critique de Mulder

  • "Ça fait mal, très mal même, car j’assiste impuissante au désastre, en espérant de tout cœur que le public saura distinguer le bon grain de l’ivraie, si je puis dire." Isabelle Franquin

    Créé par le dessinateur belge André Franquin en 1957 et apparu pour la première fois dans la bande dessinée Le journal de Spirou, le personnage de Gaston Lagaffe est la personnalisation parfaite du geek capable des meilleurs inventions possibles mais souffrant d’un problème de communication avec son entourage. Certes représentant le anti-héros et une personne aussi rêveuse qu’attachante, il fallait bien que le cinéma s’intéresse un jour à donner vie à celui-ci et surtout lui rendre le plus beau des hommages. De nombreux adultes de notre génération ont ainsi grandi en lisant ses nombreuses aventures (dix neuf albums). La grande difficulté d’adapter cette bande dessinée culte était non seulement de donner vie aux nombreuses personnages mais surtout réussir à trouver un bon fil conducteur permettant de nombreux gags parfaitement amenés, un casting adéquat et surtout un réalisateur maitrisant parfaitement l’univers de la bande dessinée pour réussir à la réinventer et à lui apporter un certain renouveau.

    Malheureusement le film Gaston Lagaffe passe totalement à côté de son sujet et préfère se focaliser sur les personnages que sur l’univers culte de cette bande dessinée. Certes nombreuses sont les adaptations cinématographiques qui ont également ratées leur approche comme ce fut le cas de Les bidochons (1996), Iznogoud (2005), Boule et Bill 1&2 (2013,2017), Lucky Luke (2009) et plus récemment le désastreux Spirou et fantasio (2018). La plus grosse erreur est de vouloir rester trop proche de la bande dessinée sans chercher à la réinventer intelligemment ou la rendre accessible uniquement à une tranche d’âge d’un public (le plus souvent enfantin) sans chercher à comprendre que la première cible de ses bandes dessinées sont les vrais fans de celles-ci. C’est d’autant plus catastrophique dans Gaston Lagaffe que le film ne trouve à aucun moment son rythme et semble placer mécaniquement les personnages dans des situations certes proches de l’univers de la bande dessinée mais tellement mal utilisées que le résultat final aurait sûrement irrité totalement André Franquin.

    Après une adaptation non officielle et déjà ratée en 1981, Fais gaffe à la gaffe ! co-écrit et réalisé par Paul Boujenah que l’on regretterait presque celui-ci en découvrant ce ratage abyssal qu’est Gaston Lagaffe. Certes après King Guillaume (2009) et Les Profs 1 & 2 (2013-2015) il ne fallait pas s’attendre à une réussite totale mais de là à se retrouver dans un film n’arrivant pas à nous faire rire mais plutôt à nous demander si il y a vraiment une direction d’acteurs et surtout si les deux scénaristes ont réellement compris la portée universelle de cette bande dessinée culte.

    Une nouvelle fois on comprend aisément que ce film n’ait pas été proposée à la presse online indépendante et n’ayant pas peur de parler franchement des films qu’elle a pu découvrir. Cette liberté permet ainsi de ne voir que des films qui sont susceptibles de lui plaire et non une multitude de films sans réellement s’attacher à prendre son temps pour écrire une critique honnête et maitrisée. Comme l’a si bien écrit la fille d’André Franquin ce film est un naufrage total avec des comédiens que nous apprécions mais lâchés en roue libre (Théo Fernandez, Arnaud Ducret, Jerome Commandeur). Seule Alison Wheeler donne à ce film une valeur ajoutée par son côté irrésistible et maladroite. Malheureusement c’est trop peu pour sauver le film.

    Vu le 5 avril 2018 au Gaumont Disney Village, Salle 3, en VF

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