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Madame Hyde

  • Madame Hyde
    Une timide professeure de physique dans un lycée de banlieue est méprisée par ses élèves. Un jour, elle est foudroyée pendant une expérience dans son laboratoire et sent en elle une énergie nouvelle, mystérieuse et dangereuse...

Critique de Mulder

  • Le nouveau film co-écrit et réalisé par Serge Bozon semble difficilement trouver son amarrage entre le film fantastique, le film social et un documentaire réaliste sur le milieu scolaire en banlieue. En voulant mélanger ces genres, le film n’arrive pas réellement à trouver ses marques et nous présente le personnage de Marie Géquil (Isabelle Huppert parfaite comme dans chacun de ses films) qui a du mal à se faire respecter dans sa classe, introvertie, elle semble en décalage total avec son environnement. Suite à une expérience qui tourne mal dans son laboratoire, elle se voit transformer en pure énergie lumineuse et se met à sortir chaque nuit sans but précis.

    Après L’amitié (1997), Mods (2002), La France (2006), Tip top (2013) le nouveau film de ce scénariste et réalisateur atypique semble vouloir incorporer en adaptant de manière guère convaincante le roman L'Etrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde de par Robert Louis Stevenson paru en 1886 une trame fantastique bricolée et artificielle. On voit donc le personnage de Marie Géquil se transformer peu à peu en une force diabolique détruisant selon sa volonté ce qui la dérange. Certes l’originalité du récit donne à ce film une certaine aura mais le manque cruel de rythme et de budget font que nous n’arrivons pas réellement à rentrer dans ce récit.

    Une fois de plus le cinéma français n’arrive pas à aborder la thématique du fantastique avec volupté et se confond dans un ersatz d’idées plus ou moins bonnes et d’effets spéciaux guère séduisants. On comprend certes plus aisément la volonté du réalisateur d’aborder la thématique de l’enseignement et du transfert de connaissances que cela soit entre cette professeur et son stagiaire ou celle-ci et sa classe. L’apport du fantastique dans le récit dessert plus qu’autre chose la trame de l’histoire racontée. A l’image de ce lycéen handicapé, le film vacille et ne trouve à aucun moment un bon rythme et nous laisse perplexe face à celui-ci.

    Certes le fait de retrouver Isabelle Huppert, une des meilleures comédiennes françaises dans un film décalé a de quoi être séduisant mais on aurait aimé un scénario mieux construit et surtout une évolution psychologique des personnages plus importantes. Que cela soit le proviseur du lycée (impeccable Romain Duris), un mari qui ne travaille pas, homme au foyer (José Garcia à contre-rôle parfait), Madame Hyde nous déçoit malgré tout et manque cruellement de piquant pour s’imposer comme un film à découvrir au cinéma.

    Vu le 27 mars 2018 au Gaumont Opéra Capucines, Salle 1

  • 2.5