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Un raccourci dans le temps

  • Un raccourci dans le temps
    Comme la plupart des collégiens, Meg Murry manque d’assurance et tente de trouver sa place. Très intelligente (ses parents sont des scientifiques mondialement connus), elle possède - tout comme son petit frère Charles Wallace - un don rare qu’elle ne n’a pas encore exploité. La disparition inexpliquée de son père va l’amener à faire la connaissance de trois guides – Mme Quidam, Mme Qui, Mme Quiproquo– venues sur Terre pour l’aider à le retrouver. Accompagnés de Calvin, un camarade de classe,  ils trouvent au cours de leur quête un raccourci spatiotemporel les entraînant vers des mondes insoupçonnés sur lesquels règne un personnage maléfique…

Critique de Mulder

  • La nouvelle production des studios Walt Disney Company avait de quoi nous séduire suite à sa présentation à la convention D23 à Anaheim en juillet dernier. La réalisatrice Ava Duvernay avait déjà notamment à son actif les réussis Middle of Nowhere (2012), Selma (2014) et le scénario de Jennifer Lee donnait vie au roman de Madeleine L'Engle, un bestseller de la littérature pour adolescents traduit dans trente-cinq langues et vendu dans le monde à plus de vingt-trois millions d’exemplaires. Le succès de ce livre donna naissance à quatre suites (Le vente dans la porte (1973), Une terre à la dérive (1978), Mary Waters (1986) et An Acceptable time (1989).

    Malheureusement le résultat obtenu n’arrive pas totalement à nous séduire faute à un scénario trop linéaire et à des personnages qui n’arrivent pas à retenir notre attention. Le film semble en effet destiné uniquement à un jeune public friand de paysages merveilleux et d’un scénario simpliste permettant de s’identifier aux personnages. On peut aisément comprendre que ce mélange de conte de fée et de passage de l’enfance à l’adolescence faisant triompher les bons sentiments avaient de quoi séduire les studios Walt Disney Company et amener à la création d’une trilogie fidèle aux romans auxquels elle se rapporte.

    Malheureusement également le rythme du film joue en sa défaveur et nous n’arrivons pas à rentrer dans ce film malgré la beauté qui s’en dégage. Le film se rapproche ainsi de ces films des années 80 dans lesquels de jeunes enfants se retrouvaient plonger dans des aventures qui les dépassaient (on pense notamment aux Goonies ‘1985) et à Stand by me (1986)). On pense également fortement au film Le magicien d’Oz (1939) mais ce qui passait à l’époque pour une vraie magie se distille ici dans des décors assez kitchs et vides de sens.

    On retiendra pourtant de ce film son casting ambitieux dans lequel on retrouve la jeune comédienne Storm Reid (Meg Murry), Oprah Winfrey (Madame Quidam), Reese Witherspoon (Madame Quiproquo), Mindy Kaling (Madame Qui), Chris Pine (Dr. Alex Murry), Gugu Mbatha-Raw (Dr. Kate Murry), Zach Galifianakis (Le medium heureux), Michael Peña (Red) et Helena Bonham Carter (Margaret - Meg – Murphy). Une telle somme de talents avec un bon scénario aurait pu faire aisément de ce film un véritable blockbuster si le scénario avait été suffisamment inspiré et élaboré. Dans le cas présent, le film par ses choix artistiques nous déçoit et n’arrive pas à donner vie pleinement à ce conte sur le temps passé, présent et futur.

    On retiendra également l’excellente composition musicale de Ramin Djawadi qui illustre à la perfection les nombreuses scènes du film. On retiendra aussi les nombreuses chansons du film de Sia, Kehlani, Chloe x Halle, Demi Lavato et Sade ainsi que les excellents effets spéciaux qui donnent naissance à de multiples mondes et nous renvoient par moment à la beauté de certains plans de l’histoire sans fin (1984).

    Vu le 23 mars 2018 au Gaumont Disney Village, Salle 3 A19 en VF

  • 2.5