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Cornelius, Le meunier hurlant

  • Cornelius, Le meunier hurlant
    Un beau jour, un village du bout du monde voit s'installer un mystérieux visiteur, Cornelius Bloom, qui aussitôt se lance dans la construction d'un moulin. D’abord bien accueilli, le nouveau meunier a malheureusement un défaut: toutes les nuits, il hurle à la lune, empêchant les villageois de dormir. Ces derniers n’ont alors plus qu’une idée en tête : le chasser.  Mais Cornelius, soutenu par la belle Carmen, est prêt à tout pour défendre sa liberté et leur amour naissant.

Critique de Mulder

  • A Anaïs,

    « J’ai lu Le meunier hurlant il y a une dizaine d’années et depuis, l’envie d’adapter ce roman à l’écran ne m’a pas quitté. On y plonge dans un univers foisonnant, picaresque, d’une immense liberté. Et très drôle. Un humour doux amer et burlesque souvent grinçant, sur un fil, mais d’une grande humanité et dénué de cynisme. « Yann Le Quellec

    En adaptant le roman Le meunier hurlant, de l’écrivain finlandais Arto Paasilinna, le co-scénariste et réalisateur Yann Le Quellec nous propose son premier film et surtout un univers décalé dans lequel un visiteur curieux , Cornélius Bloom rejoint une petite ville isolée pour y construire un moulin. Les habitants de ce petit village ne se doutent pas que ce personnage souffre d’un certain dysfonctionnement psychologique faisant qu’il hurle à la mort chaque nuit et se comporte plus que bizarrement une fois la nuit arrivée. Alors que la maire de ce village à l’écoute de ses habitants se voit contraint de chasser ce meunier excentrique, sa fille par un curieux hasard va tomber amoureuse de ce personnage.

    Produit de manière indépendant ce film ne jouit pas des mêmes moyens que le cinéma français actuel et réussit pourtant à remporter notre totale adhésion non seulement par le grand soin apporté à sa photographie mais surtout au travail conséquent fait sur le son et les chansons qui illustrent le récit. Par son approche très contemporaine, le film met également en avant les difficultés d’intégration de certaines personnes dans notre société formatée dans laquelle chacun doit rentrer dans un certain moule et éviter d’être trop différent. En découvrant ce film on pense également aux westerns qui ont marqué notre passé et surtout que le cinéma français se doit de sortir de son moule pour captiver les foules et surtout montrer qu’il est encore possible d’innover malgré des moyens réduits.

    La réussite du film tient également pour beaucoup par la présence d’une comédienne que nous apprécions Anaïs Demoustier. Après s’être fait remarquer en 2003 dans le film Le temps du loup de Michael Haneke et avoir tourné avec des réalisateurs de renom comme Christophe Honoré, Pascale Ferran, Valérie Donzelli, François Ozon ou Robert Guéduiguian, elle continue à préférer le cinéma indépendant loin d’un cinéma commercial dans lequel sa grâce innée et son jeu digne des plus grandes comédiennes actuelles pourrait faire d’elle une des jeunes comédiennes les plus douées de sa génération. Après plusieurs nominations au César et un prix Romy Schneider en 2011, elle donne ici au film une plus-value conséquente et forme avec le comédien Bonaventure Gacon un duo digne de la Belle et la bête. Elle transcende chacune de ces scènes et fait que nous ne pouvons que nous laisser immerger dans un film atypique. On retiendra aussi au casting de ce film les comédiens Gustave Kervern et Denis Lavant.

    Cornélius, meunier hurlant montre que le cinéma indépendant français mérite d’être découvert et aimer à sa juste valeur. On retiendra aussi de ce film la poésie qui s’en dégage le temps de quelques scènes et surtout une comédienne dont nous suivons avec le plus grand des intérêts le parcours loin des Spotlight du cinéma commercial. Certes la fin n’innove pas et semble plus que logique mais nous quittons avec tendresse ces personnages humain et à la fragilité certaine.

    Vu le 26 mars 2018 au Club Marbeuf

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