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La mort de Staline

  • La mort de Staline
    Dans la nuit du 2 mars 1953, un homme se meurt, anéanti par une terrible attaque. Cet homme, dictateur, tyran, tortionnaire, c'est Joseph Staline. Et si chaque membre de sa garde rapprochée - comme Beria, Khrouchtchev ou encore Malenkov - la joue fine, le poste suprême de Secrétaire Général de l'URSS est à portée de main. (Inspiré de faits réels...)

Critique de Mulder

  • « Quand nous avons découvert les bandes dessinées de Fabien Nury en 2013, nous avons été frappés par l’originalité du scénario et nous savions que nous pourrions en tirer un film unique en son genre. Immédiatement, une question s’est posée : qui pourrait réaliser un tel film ? Réussir à faire une comédie basée sur l’une des périodes les plus sombres et l’un des personnages les plus sombres de notre histoire ? Un nom s’est imposé : Armando Iannucci. Nous adorons son travail depuis The Thick of It, et il nous est apparu évident que lui seul saurait comment gérer ce ton particulier. Et donc nous l’avons contacté, de manière très classique, par l’intermédiaire de son agent, avec un premier scénario et une lettre. Nous avons eu la chance qu’ils nous répondent de manière favorable. Armando voulait réaliser un film sur la dictature. Il était en plein tournage de Veep et nous a demandé si on pouvait attendre un an. Evidemment, nous avons accepté. Pour dire la vérité, nous n’aurions pas fait le film sans lui, » Yann Zenou.  

    Co-écrit et réalisé par Armando Iannucci (showrunner, scénariste et réalisateur de l’excellente série Veep avec Julia Louis-Dreyfus), La mort de Staline est l’adaptation du roman graphique en deux volumes homonymes de Fabien Nury et Thierry Robin. Celle-ci traitait de manière aussi déroutante que réaliste de la lutte de pouvoir des anciens subordonnés de Staline pour lui succéder et régler en même temps leur compte. Le film reprend donc la trame de ces deux bandes dessinées et nous live une satire d’une efficacité redoutable dans laquelle tous les coups semblent être possibles pour tirer vers soi la couverture et prendre la suite d’un dictateur craint non seulement par son peuple (comme le montre si bien la régie d’un concert au début du film) que par les membres de son bureau. On comprendra aisément qu’un tel sujet malgré qu’une grande partie du film soit tournée en Russie ne sera pas du goût de tous et entraine ainsi par exemple l’interdiction de sortie de celui-ci en Russie.

    On comprend aisément qu’après son film In the loop (2009), le réalisateur retrouve ainsi un sujet qui le passionne dans lequel la lutte pour le pouvoir s’accompagne souvent d’une bêtise humaine confondante. On appréciera aussi le fait que le réalisateur ait pu trouver la meilleure approche possible pour éviter une mise en scène trop théatrale et donc trop statique et surtout a pu bénéficier d’une excellente distribution. On retrouve ainsi Steve Buscemi (Nikita Khrushchev), Simon Russell Beale (Lavrentiy Beria), Jeffrey Tambor (Georgy Malenkov), Paddy Considine (Andryev), Rupert Friend (Vasily Stalin), Jason Isaacs (Georgy Zhukov), Olga Kurylenko (Maria Yudina) et Michael Palin (Vyacheslav Molotov). Depus Quantum of Solace (2008) qui l’a révélé à un public international Olga Kurylenko ne cesse de nous surprendre et alterner films commerciaux (Max Payne (2008), 7 psychopathes (2012), Oblivion (2013) et productions indépendantes (The november man (2014), code momentum (2015))..) et séries avec des choix judicieux. Elle apporte au film toute sa fragilité et sa beauté et remporte ainsi notre adhésion.

    Alors que de nombreuses adaptation de bandes dessinées nous déçoivent par leur manque cruel d’originalité et font pale figure face aux adaptations américaines de comics DC ou Marvel, il faut bien reconnaitre que La mort de Staline s’impose comme un exercice de style réussi et passionnant. Par sa complexité et ses nombreux rebondissements, La mort de Staline s’impose comme une véritable réussite et on ne peut que vous conseiller de le découvrir au cinéma.

    Vu le 22 mars 2018 à l’UGC Ciné-cité Bercy, salle 33, en VO

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