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Hostiles

  • Hostiles
    En 1892, le capitaine de cavalerie Joseph Blocker, ancien héros de guerre devenu gardien de prison, est contraint d’escorter Yellow Hawk, chef de guerre Cheyenne mourant, sur ses anciennes terres tribales. Peu après avoir pris la route, ils rencontrent Rosalee Quaid. Seule rescapée du massacre de sa famille par les Comanches, la jeune femme traumatisée se joint à eux dans leur périple. Façonnés par la souffrance, la violence et la mort, ils ont en eux d’infinies réserves de colère et de méfiance envers autrui. Sur le périlleux chemin qui va les conduire du Nouveau-Mexique jusqu’au Montana, les anciens ennemis vont devoir faire preuve de solidarité pour survivre à l’environnement et aux tribus comanches qu’ils rencontrent.

Critique de Mulder

  • Réalisateur et scénariste Scott Cooper signe avec Hostiles son quatrième film après Cray Heart (2009), Les Brasiers de la colère (2013) et Strictly criminal (2015). Sur la base d’une histoire écrite par Donald Stewart, celui-ci mélange habilement le western néo-crépusculaire et le drame social.

    A la fin du siècle dernier, dans une Amérique en pleine construction, le scénario nous conte l’histoire d’un ancien héros de guerre recyclé en gardien de prison et contraint pour finir son service d’escorter un chef de guerre cheyenne mourant Yellow Hawk en phase terminale d’une grave maladie souhaitant mourir sur ses terres. Ce voyage se transformera non seulement en quête spirituelle mais aussi comme un moyen d’exorciser les démons intérieurs de Joseph Blocker et de ses hommes après avoir massacré de nombreux indiens. Sur leur route, ils feront la rencontre d’une fermière Rosalee Quaid dont toute la famille a été assassinée par des comanches. Sur cette longue route dangereuse qui les conduira du Nouveau Mexique au Montana, Joseph Blocker, les cheyennes qu’ils doivent convoyer et Rosalee Quaid vont apprendre à mettre leur différents de côté et affronter de nombreux dangers.

    On comprend aisément que la résonance du scénario de Scott Cooper trouve un véritable prolongement dans l’Amérique actuelle. Alors que les amérindiens étaient massacrés et chassés de leur propre terre, c’est actuellement la communauté afro-américaine qui continue à rencontrer actuellement des problèmes d’insertion. De la même manière le film aborde avec intelligence les méfaits de la guerre sur les hommes qui perdent peu à peu leur humanité et leurs repères moraux. Hostiles témoigne de l’attachement d’un scénariste et réalisateur à livrer un film qui lui tient à cœur et il peut aisément y parvenir en s’entourant d’excellent comédiens. Il retrouve ainsi le comédien Christian Bale avec lequel il avait déjà collaboré dans le film les Brasiers de la colère et surtout donne à la comédienne Rosamund Pike l’autre rôle principal. Elle irradie chacune des scènes du film de sa fragilité et de sa volonté de vivre et de garder à jamais en mémoire son mari et ses deux filles massacrées par des indiens sans aucun code moral. On retrouve également au casting Wes Studi (Chef Yellow Hawk), Adam Beach (Black Hawk), Ben Foster (Sergent Charles Wills), Jonathan Majors (Caporal Henry Woodsen), Rory Cochrane (Sergent-chef Thomas Metz), Jesse Plemons (Lieutenant Rudy Kidder) et Timothée Chalamet (Soldat Phillipe Dejardin)

    Comme dans le mythique Danse avec les loups de Kevin Costner, Hostiles laisse une part importante des dialogues au dialecte indien (celui dans le cas présent des cheyennes du nord). Cela renforce aisément le réalisme du film et permet surtout de montrer la volonté du réalisateur d’apporter un témoignage juste de la culture des cheyennes devenus avec le temps un peuple opprimé et vivant dans des réserves indiennes pauvres et mal insérés. La beauté des images du film et son sujet fort donnent à Hostiles l’aura d’un grand western porté une nouvelle fois par un Christian Bale parfait et totalement investi dans son rôle. Sa dernière scène hantera longtemps après le film notre mémoire de cinéphile. Hostiles ressuscite avec brio le Western et s’impose dès sa découverte comme l’un des meilleurs films de ce début d’année.

    Vu le 28 février 2018 à la Salle Metropolitan, en VO

     

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