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Une femme heureuse

  • Une femme heureuse
    Tara est une jeune mère qui vit dans la banlieue de Londres. Femme au foyer, elle passe ses journées à s’occuper de ses enfants, de la maison et à attendre le retour de son mari le soir. Cette vie calme et rangée lui pèse de plus en plus, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus supporter sa situation. Elle commence à se promener dans Londres, redécouvre le plaisir de s’acheter des livres, et songe à suivre des cours d’art. Son mari Mark, qui travaille dur chaque jour, ne comprend pas ses nouvelles envies. Tara prendra sur elle jusqu’au jour où, acculée, elle pensera à changer de vie.

Critique de Mulder

  • Entre Londres et Paris une femme heureuse nous livre un portrait d’une femme qui tente de sortir de sa vie trop routinière et de lui redonner un sens . Après plusieurs films et séries pour la télévision anglaise (Nice Girl (TV film) (2000), When I Was 12 (TV film) (2001), Out of Control (TV film) (2002), Love + Hate (2005), Born Equal (TV film) (2006), Freefall (TV film) (2009), Dive (TV film) (2010), True Love (TV series) (2012), The Secrets (TV series) (2014)), Une femme heureuse (The Escape) marque la première realisation pour le cinéma de Dominic Savage. Dès la première scène l’action est mise sur le personnage de Tara une jeune mère de famille londonienne au foyer qui partage son temps entre ses enfants à élever et attendre son mari et être là pour répondre à tous ses besoins.

    L’approche du réalisateur loin de celle adoptée par le cinéma hollywoodien est de nous livrer sans aucune fioriture le quotidien d’une femme rangée et à la vie trop calme dont la répétition de chaque journée commence réellement à peser sur son inconscient. Elle semble se rendre compte ainsi de sa vie trop routinière et de son incapacité à vivre sa passion. Pourtant, un jour, en se baladant dans Londres, elle se rend compte qu’il est encore temps pour elle de s’affirmer et entre la lecture de livre et son besoin de prendre des cours d’art de se mettre réellement à vivre pour elle-même. Ce réveil s’accompagne également pour elle d’une volonté de s’échapper loin de son mari et de ses enfants. Cette escapade la mènera jusqu’à Paris et à faire une rencontre extra-conjguale…

    La mise en scène très dépouillée renforce la description de cette femme triste partagée entre sa volonté d’être créative et sa vie rangée partagée entre un mari qui la prend comme un trophée et ses enfants. On apprécie le soin porté aux images du film et sa volonté de proposer un angle original pour l’analyse du couple moderne. Certains pourraient voir dans la volonté du réalisateur de rejeter tout le glamour des comédies dramatiques actuelles et de livrer un film trop connecté à la réalité mais cela serait sans prendre en compte l’importance volontaire donnée au personnage principal féminin.

    Entourée de deux comédiens que nous apprécions Dominic Cooper (récemment la série Preacher) et Jalil Lespest, Gemma Arterton nous livre ici une de ses meilleures performances et se laisse guider totalement et instinctivement par son réalisateur.. Elle dégage dans chacune des scènes du film une véritable fragilité et féminité. La réussite du film incombe ainsi principalement à sa présence et charme intense dont elle inonde le film en permanence. Captivé par sa présence, le spectateur suivra ainsi son parcours jusqu’à son dernier retranchement. Ce magnifique portrait d’une femme enfin libre et qui s’accepte telle qu’elle est donne à Une femme heureuse toute sa force. Certes la lenteur du récit risquera de surprendre certains spectateurs mais cela ne nuit en rien à la force du récit et surtout au plaisir de retrouver une comédienne que nous apprécions.

    Vu le 6 mars 2018 au Club Marbeuf en VO

  • 3.5