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La nuit a dévoré le monde

  • La nuit a dévoré le monde
    En se réveillant ce matin dans cet appartement où la veille encore la fête battait son plein Sam doit se rendre à l’évidence : il est tout seul et des morts vivants ont envahi les rues de Paris. Terrorisé, il va devoir se protéger et s'organiser pour continuer à vivre. Mais Sam est-il vraiment le seul survivant ?

Critique de Mulder

  • La nuit a dévoré le monde se rattache à la liste des films d’horreur de zombies à la française qui malgré quelques réussites (mineures) n’ont jamais pu atteindre le niveau des nombreuses réussites comme la saga de George A Romero , Braindead (1992), 28 jours plus tard (2002), Shaun of the Dead (2004) et Bienvenue à Zombieland (2009) et récemment les excellents Warm Bodies : Renaissance (2013) et Dernier train pour Busan (2016). Certes la Horde (2010), Goal of the Dead (2014) ont su montré qu’il était possible de proposer d’adapter ce genre assez particulier dans un paysage typiquement français. La réussite de tels films relève non seulement d’un scénario parfaitement maitrisé mais surtout sur des effets spéciaux et des maquillages efficaces quelque soit le budget disponible. Malheureusement ce nouveau film manque cruellement de rythme et surtout n’arrive à aucun moment à provoquer des effrois et semble surtout manquer d’un scénario suffisamment élaboré pour retenir l’attention des spectateurs.

    Le scénario assez classique est tiré du roman homonyme de Martin Page publié en 2012 aux editions Robert Laffont sous le pseudonyme de Pit Agarmen. On découvre donc le personnage du jeune Sam qui suite à une soirée un peu trop arrosée se réveille dans l’appartement de son ex-copine et se rend compte peu à peu que Paris est envahi par quelques morts vivants. Devant se retrancher dans cet immeuble, il ne pourra compter que sur lui pour survivre dans ce milieu hostile. La grande difficulté d’un film d’horreur est de planté un décor susceptible d’être réaliste et de proposer des personnages attachants pour lesquels les spectateurs peuvent s’identifier. Dans le cas présent le personnage de Sam n’arrive à aucun moment à capter toute notre attention et surtout en plein décalage dès la scène d’ouverture avec le milieu parisien présent dans l’appartement qui sera pratiquement le lieu unique de ce film. Pourtant, le film malgré ses nombreuses maladresses et des maquillages de zombies auxquels on ne croit pas un instant laisse dessiner une intrigue qui aurait pu être réussie si le réalisateur avait plutôt opter pour une durée plus courte et surtout accorder un plus grand soin aux zombies présents dans ce film.

    Les seules scènes réussies qui donnent à ce film une certaine notoriété sont celles dans lesquelles le personnage de Sarah apparait. Interprétée par Golshifteh Farahani elles montrent que le film aurait pu être réussie si le réalisateur avait oublié de donner à son film des apparences d’un Robinson Crusoé moderne et mélanger la comédie romantique, le film de zombies et surtout eu un recul nécessaire par rapport au roman original pour livrer un zombies like sombre et efficace. On appréciera aussi la présence dans le rôle d’un zombie coincé dans une cage d’ascenseur de Denis Lavant.

    Le film La nuit a dévoré la nuit aurait surtout gagné à être adapté sous la forme d’un court métrage d’une cinquantaine de minutes afin de resserrer au maximum le climax de cette histoire et donner une plus grande force à ce côté minimaliste omniprésent. Dans le cas présent, il ne s’agit que d’un exercice de style trop lent et manquant cruellement d’âme pour retenir notre attention.

    Vu le 26 février 2018 au cinéma nouvel Odéon

  • 2.5