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La ch'tite famille

  • La ch'tite famille
    Valentin D. et Constance Brandt, un couple d’architectes designers en vogue préparent le vernissage de leur rétrospective au Palais de Tokyo. Mais ce que personne ne sait, c’est que pour s’intégrer au monde du design et du luxe parisien, Valentin a menti sur ses origines prolétaires et ch'tis. Alors, quand sa mère, son frère et sa belle-sœur débarquent par surprise au Palais de Tokyo, le jour du vernissage, la rencontre des deux mondes est fracassante. D’autant plus que Valentin, suite à un accident, va perdre la mémoire et se retrouver 20 ans en arrière, plus ch’ti que jamais !

Critique de Mulder

  • A mes parents

    Le cinéma du réalisateur, scénariste et comédien Dany Boon redonne à chacun de ses films toute la splendeur du cinéma grand public que nous apprécions réellement. Loin de ces comédies commerciales, véritables moteurs à stars cherchant par tous les moyens possibles à plaire à un public de masse, la filmographie en tant que scénariste et réalisateur de Dany Boon est restée fidèle à elle-même soit divertir intelligemment les spectateurs et surtout proposer des films qui restent personnels et attachés aux valeurs et aux origines de celui-ci. En pratiquement douze ans, Dany Boon aura co-écrit et réalisé pas moins de six films dont le plus gros succès reste à ce jour le cultissime Bienvenue chez les Ch’tis (2008), ses autres films ont tous rencontré un véritable succès hormis son premier La maison du bonheur (2006) qui marquait son passage derrière la caméra.

    Son précédent film est le plus gros succès français de l’année 2017 et Rien à déclarer (2011) et Supercondriaque (2014) ont également été des succès. Sa filmographie témoigne de la volonté de ce scénariste et réalisateur de ne pas chercher volontairement à accoucher de succès aussi conséquents que Bienvenue chez les Ch’tis mais plutôt sur des films personnels et montrant de véritables qualités de directeur de comédiens mais aussi pour monter des comédies aux dialogues percutants et au rythme soutenu. Il serait donc simpliste de voir dans son nouveau film une sorte de suite à Bienvenue chez les Ch’tis même si les deux films entretiennent de véritables liens comme le fait de confronter le Nord « chtiesque » avec un milieu social plus élevé et surtout de confronter deux langages différents.

    On découvre donc le couple très bien assorti et complémentaire de Valentin D. et Constance Brandt des architectes désigners nettement plus concernés par la beauté et l’originalité de leurs créations que sur le confort (ce qui entraine plusieurs scènes enjouées et se moquant de ces désigners). Valentin D a menti sur ses origines afin de s’imposer plus facilement dans les milieux huppés de Paris et se construire un passé plus en rapport avec sa volonté d’être un désigner visionnaire. Lorsque sa mère, son frère et sa femme et leur fille débarquent sur Paris à l’occasion d’un anniversaire et que Valentin D est accidenté, son passé va resurgir et l’amener à revoir le sens réel de sa vie.

    Une nouvelle fois le scénario écrit par Dany Boon et Sarah Kaminsky donne une réelle épaisseur aux différents personnages et par sa volonté de rester dans un réalisme ambiant fait de la Ch’tite famille une comédie familiale aussi touchante qu’humaine. Loin de cet humour gras et guère à l’honneur du cinéma français, le nouveau film de Danny Boon est son plus personnel et semble clôturer de manière éloquente les cinq ans passées aux Etats-Unis de celui-ci afin de pouvoir proposer une version américaine de Bienvenue chez les Chtis. L’inspiration du film témoigne aussi d’une volonté de rendre hommage à sa famille, à son identité revendiquée Ch’ti, d’un milieu provincial populaire dans lequel il a grandi.

    Certes la Ch’tite famille n’est pas complètement originale et s’impose comme la continuité d’un artiste passionné de cinéma américain et qui a su trouver la juste tonalité pour proposer des comédies grand public et des rôles sur mesure montrant qu’il est bien un des plus grands humoristes actuels.Les scènes cultes du film comme celle de la salle de bains digne de Charlie Chaplin ou celle dans une cuisine tellement sophistiquée qu’elle en apparait ingérable par le personnage de Constance Brandt, tout concourt à faire de la Ch’tite famille un divertissement de qualité et surtout porté par un excellent casting.

    Comme pour ses films précédents, Dany Boon a compris qu’une comédie repose sur d’excellents comédiens et il retrouve donc sa partenaire du film Radin ! (2016), la sublime Laurence Arné (parfaite une fois de plus dans son rôle d’une épouse qui ne tient pas à être une simple muse) mais aussi retrouve Line Renaud qu’il avait déjà dirigé dans l’un de ses précédents films. C’est également sa partenaire du film Eyjafjallajökull, Valérie Bonneton qui interprète sa sœur. Le casting comprend aussi Pierre Richard, Guy Lecluyse, Juliane Lepoureau et de nombreuses personnalités dans leur propre rôle (Kad Merad, Arthur, Claire Chazal, Pascal Obispo..). La Ch’tite famille s’impose aisément comme la comédie incontournable de ce début d’année et on vous la conseille donc…

    Vu le 2018 au Gaumont Disney Village, Salle 1, en VF

     

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Critique de Caro

  • Valentin D , personnage principal devenu un célèbre architecte à Paris a su se forger une place dans le Paris Mondain grâce à ses mensonges. En effet, issu d’une famille plus que modeste du Nord, il a renié ses origines et s’est proclamé orphelin dès son arrivée à Paris pour ses études. Des années plus tard, il est à la Une de « Paris Match » pour un vernissage de l’une de ses rétrospectives au Palais de Tokyo, son frère y voit une opportunité de le revoir et de fêter en famille les 80 ans de leur mère. Mais l’engouement de sa famille pour ces retrouvailles n’est de prime abord pas du même goût pour Valentin et sa compagne, surtout lors de cette exposition déterminante pour la suite de sa carrière.

    Pourtant, suite à un accident de voiture Valentin devient amnésique et se retrouve à l’âge de 17 ans à parler avec un accent ch’ti , à ne pas savoir se tenir à table, et même à ne plus reconnaitre les gens qui l’entourent. Il ne se reconnait qu’à travers les membres de sa famille. Cet accident lui a permis de redevenir lui-même ou du moins de se rappeler d’où il venait et de prendre conscience du mal qu’il a pu faire autour de lui en voulant cacher ce qu’il était pour plaire à des personnes qui n’ont aucun réel égard envers lui et qui s’en détourne et s’en moque à sa sortie d’hôpital lorsqu’il n’est plus ce Valentin D mais le Valentin authentique Ch’ti.

    Comme à son habitude, Dany Boon propose une comédie gaie , avec un casting très sympathiques à savoir Line Renaud , Laurence Arné , Pierre Richard et Valérie Bonneton. Il fait réfléchir sur l’authenticité et la valeur des gens en confrontant deux mondes diamétralement opposés d’un point de vue superficiel mais également moral. Contrairement à de nombreuses comédies françaises à l’humour grossier, Dany Boon offre une comédie familiale chaleureuse et agréable à voir où chacun d’entre nous pourra se reconnaitre à certains moments de sa vie à travers ces personnages touchants et attachants. Cette comédie pas si légère qu’elle y parait, laisse à réfléchir sur qui on veut être, comment on peut et veut le devenir et l’impact que cela a sur nos proches. Le film pose aussi la question de surtout savoir si se réaliser à tout prix finalement vaut vraiment le coup ?

    Dany Boon signe une comédie certes classique mais réussie que nous conseillons de découvrir au cinéma en famille ou entre amis. Après son César obtenu vendredi dernier, il confirme de nouveau avec ce film qu’il est non seulement un humoriste qui pointe avec talent les défauts de notre société mais surtout un véritable artiste. La ch’tite famille est donc la comédie du moment à découvrir d’urgence..

    Vu le 6 mars 2018 au Royal Palace Cinéma de Nogent sur Marne

  • 3