Logo
Accueil > Reviews > Pentagon papers

Pentagon papers

  • Pentagon papers
    Première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, Katharine Graham s'associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dévoiler un scandale d'État monumental et combler son retard par rapport au New York Times qui mène ses propres investigations. Ces révélations concernent les manœuvres de quatre présidents américains, sur une trentaine d'années, destinées à étouffer des affaires très sensibles… Au péril de leur carrière et de leur liberté, Katharine et Ben vont devoir surmonter tout ce qui les sépare pour révéler au grand jour des secrets longtemps enfouis…

Critique de Mulder

  • <iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/pV-KZSohqjU " frameborder="0" allowfullscreen></iframe>

    A la liberté de la presse sous toutes ses formes

    Steven Spielberg s’est imposé comme l’un des plus grands réalisateurs non seulement en jonglant habilement entre un cinéma commercial de qualité mais aussi par des films nettement plus personnels et audacieux. De son premier film Sugarland Express (1974) à celui-ci, cet illustre réalisateur et scénariste a su s’imposer comme un magicien du 7èm art par des films marquants et inoubliables comme Les dents de la mer (1975), Les aventuriers de l’arche perdue (1981), ET l’extraterrestre (1981), Indiana Jones et le temple maudit (1984), Jurassic Park (1993), La liste de Schlinder (1993), Le Terminal (2004), Le pont des espions (2015) et prochainement le très attendu Ready player one (2018). Véritable visionnaire du cinéma actuel, créateur du premier véritable blockbuster (Les dents de la mer), Steven Spielberg n’a de cesse de vouloir se réinventer et de livrer comme ce fut dès le cas en 1993, 2002 et 2011 deux films la même année l’un très académique et l’autre nettement plus commercial un peu comme un élève passionné préférant rendre son travail très bien fait pour pouvoir prendre plaisir à expérimenter de nouveaux domaines. On comprend dans ce sens sa passion pour la science-fiction qui a nourri toute son enfance mais aussi son désir de livrer un cinéma plus actuel, plus adulte. Ces deux reflets de sa personnalité montrent encore cette année que malgré l’âge Steven Spielberg est resté un grand enfant, un rêveur au sein de Hollywood.

    Pentagon Papers (The Post) dont le scénario est signé par Liz Hannah et Josh Singer est un peu la manière de Steven Spielberg de rendre hommage aux grands médias, à ces héros ordinaires ayant donné leur vie à leur métier et qui ont réussi à créer un monde meilleur. Loin des tabloids et des nombreux youtubers dont le niveau culturel sonne plus comme un affront à la liberté d’expression, Pentagon papers célèbre le véritable esprit journalistique celui dont certains de la presse écrite mais aussi en ligne continue à honorer la mémoire et à préférer vivre leur passion au lieu de faire acte de présence dans de nombreux événements sans réellement en transcrire l’essence véritable. En s’inspirant de faits authentiques, les fameux Pentagon papers dont le document tristement célèbre Relations entre les États-Unis et le Viêt Nam, 1945-1967 : une étude préparée par le département de la Défense le film consacre le Washington Post comme l’un des plus grands journaux et celui-ci a pu braver certains interdits pour s’exprimer librement. La diffusion de ces fameux Pentagon papers ont permis de révéler au peuple américain de véritables secrets importants cachés par quatre gouvernements successifs relatifs à la guerre du Vietnam mais surtout de donner à la presse la force et indépendance nécessaire pour s’exprimer sans contrainte (premier amendement de la démocratie).

    On comprend aisément que le sujet de ce film occupe une place importante dans le cœur du réalisateur et surtout une manière de protester contre le gouvernement américain actuel présidé par un Président des Etats-Unis ne tenant guère dans son cœur la liberté de la presse. Sans aucune fioriture, Steven Spielberg revient aux sources mêmes du grand cinéma, celui des années 70 dans lequel des thrillers comme les 3 jours du condors (1975) , Les Hommes du Président (1976) se sont imposés instantanément comme des classiques et des reflets de l’age d’or du cinéma. En restituant parfaitement l’ambiance des années 70 et surtout en gardant un véritable rythme constant, Pentagon papers s’impose aisément comme instantanément un classique du cinéma, une œuvre marquant d’un réalisateur redevenu enfin le grand maitre du cinéma qu’il fut pendant de longues années.

    Une fois de plus le réalisateur Steven Spielberg a su parfaitement s’entourer et on retrouve à la musique son fidèle collaborateur John Williams mais aussi Tom Hanks avec lequel il avait déjà tourné. Le reste du casting est tout aussi impressionnant avec notamment Meryl Streep (Kay Graham), Sarah Paulson (Tony Bradlee), Bob Odenkirk (Ben Bagdikian), Tracy Letts (Fritz Beebe), Bradley Whitford (Arthur Parsons), Bruce Greenwood (Robert McNamara), Matthew Rhys (Daniel Ellsberg) et Allison Brie (Lally Weymouth). Une nouvelle fois Steven Spielberg réussit le mixte parfait entre un cinéma engagé et un divertissement de haute volée.

    Pentagon Papers s’impose ainsi comme l’un des grands films de ce début d’année et même si le distributeur a voulu éclipser des projections de presse la presse web sans aucune raison valable alors que le film est justement une manière de défendre sous toutes ses formes la liberté d’expression, on ne peut que vous encourager à découvrir l’un des meilleurs films de ce début d’année.

    Vu le 26 janvier 2018 au Gaumont Disney Village, Salle 3, en VF

  • 4.5