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Cinquante nuances plus claires

  • Cinquante nuances plus claires
    Pensant avoir laissé derrière eux les ombres du passé, les jeunes mariés Christian et Ana profitent pleinement de leur relation tortueuse et partagent une vie de luxe. Mais alors qu’Anastasia commence tout juste à s’adapter à son nouveau rôle de Madame Grey et que Christian s’ouvre finalement à elle, de nouvelles menaces viennent mettre en péril leur vie commune avant même qu’elle n’ait débutée. 

Critique de Mulder

  • Alors que les deux premiers volets qui ne nous avaient pas réellement convaincus s’étiraient en longueur et étaient à peine sauvés par une excellente bande son et un casting attractif, il faut reconnaitre que ce dernier volet gomme certaines faiblesses des deux premiers volets mais ne réussit toujours pas à retenir notre attention. Faute à un manque cruel de rebondissements et à une affaire policière reléguée au second plan qui aurait pu donner à ce volet la force nécessaire pour nous livrer un thriller érotique sophistiquée, on suit ce film sans réellement être convaincu.

    En adaptant le troisième volet de la série littéraire Fifty Shades (Cinquante nuances de Grey (2012), Cinquante nuances plus sombres, (2013), Cinquante nuances plus claires (2013), Grey (2015), Darker (2017)) le scénario écrit par Niall Leonard semble prendre un véritable plaisir à nous livrer un soap opéra luxueux entre Paris et Seattle avec son lot d’érotisme latent et issu de la relation entre Ana une journaliste et un puissant et très riche homme d’affaires. Après s’être mariés dans le second volet, ces deux personnages continuent à trouver le même plaisir malsain à pratiquer de curieux jeux sexuels sans se soucier réellement des limites et du respect réel de l’autre. Comme dans les volets précédents, la structure du film manque cruellement de profondeur et n’arrive pas entre les différentes parties sexuelles faisant toute la force de cette saga de donner une bonne image de la femme moderne cantonnée ici à un simple instrument de jeu pour une classe aisée se permettant tous les excès sans réellement rendre de compte.

    Certes on peut comprendre qu’après le succès mondial rencontré par les romans de E. L. James, un studio hollywoodien puisse trouver matière à adapter ceux-ci sur grand écran mais face à un réveil des consciences à Hollywood et enfin à des femmes maltraitées ou harcelées sexuellement qui prennent la parole, ce film tombe réellement mal. Une nouvelle fois on constate qu’une réalisation doit être inspirée et non consister à filmer platement des scènes sans âme. Malgré un casting attachant Dakota Johnson (Anastasia Steele), Jamie Dornan (Christian Grey), Eric Johnson (Jack Hyde), Rita Ora (Mia Grey), Luke Grimes (Elliot Grey), Victor Rasuk (José Rodriguez), Eloise Mumford (Kate Kavanagh), Jennifer Ehle (Carla) le film s’apparente à une succession de scènettes plus ou moins réussies mais pour la plupart du temps sans réel intérêt.

    Le film aurait pu également gagner en maturité en nous présentant le personnage Anastasia Steele assumant totalement sa maternité et amenant le personnage de Christian Grey à devenir réellement adulte et non à se contenter à ses jeux sexuels seuls réels intérêts d’un film creux et ennuyeux. De la même manière on se doute que la présence du réalisateur de James Foley pourtant capable du meilleur comme les films Comme un chien enragé (1986), Fear (1996) est uniquement de répondre au cahier des charges établis par le studio hollywoodien et non d’apporter une réelle approche innovante. On se doute qu’avec un réalisateur comme Paul Verhoeven le résultat aurait pu aboutir à un thriller sensuel et maitrisé.

    Malgré tout, le film bénéficie d’une excellente musique très inspirée dans laquelle la composition musicale de Danny Elfman cotoie des morceaux d’Hailee Steinfeld, Liam Payne, Black Atlass, Whethan, Julia Michaels, Kiana Ledé, Bishop, The Spencer Lee Band, Sabrina Claudio, Miike Snow, Shungudzo, Jessie J, Samantha Gongol, Sia, Jacob Banks, Ellie Goulding.

    Vu le 6 février 2018 au Gaumont Disney Village, Salle 1, place L24 en VF

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