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Stronger

  • Stronger
    En ce 15 avril 2013, Jeff Bauman est venu encourager Erin qui court le marathon : il espère bien reconquérir celle qui fut sa petite amie. Il l’attend près de la ligne d’arrivée quand une bombe explose. Il va perdre ses deux jambes dans l’attentat. Il va alors devoir endurer des mois de lutte pour espérer une guérison physique, psychologique et émotionnelle.

Critique de Mulder

  • A mon père

    Certains films ne cherchent pas forcément à plaire à un public friand de blockbusters mais plutôt à chercher à raconter sobrement une histoire qu’elle soit inspirée de faits réels ou non. Si Stronger réussit à s’imposer aisément comme l’un des meilleurs films de l’année c’est non seulement par le biais d’une réalisation inspirée, d’un scénario ne cherchant à aucun moment à tirer les larmes des spectateurs mais surtout à un casting en parfaite harmonie dans lequel Jake Gyllenhaal s’imposer comme l’un des meilleurs comédiens actuels. Sorti au cinéma le 22 septembre dernier aux Etats-Unis, il aura fallu attendre plus cinq mois pour que le nouveau film de Daid Gordon Green (Votre majesté (2011), Prince of Texas (2014), Joe (2014), Manglehorn (2014), Que le meilleur gagne (2015)..) puisse enfin trouver le chemin de nos salles hexagonales.

    En adaptant le roman autobiographique co-écrit par Jeff Bauman et Bret Witter, le scénariste John Pollono revient à l’essence même du héros américain traditionnel, celui qui même battu sait se relever et tenir tête à un destin qui l’écrase et se battre pour arriver à son objectif. Le 15 avril 2013 changera à jamais la vie de Jeff Bauman qui était venu au marathon de New York soutenir celle qui fut sa petite amie. Alors que des bombes artisanales explosent, cet homme verra sa vie bousculée à jamais en perdant ses deux jambes dans un attentat qui marqua à jamais nos mémoires. Alors que le mauvais sort semble s’abattre sur lui.

    En découvrant Stronger on pense inévitablement à l’excellent film Traque à Boston de Peter Berg mais ici l’accent n’est pas mis sur le terrorisme mais sur le sort d’une victime parmi tant d’autres qui en se battant va redonner l’espoir à tout une ville et surtout montrer qu’un homme malgré ses blessures est capable de donner le meilleur de soi-même pour (re)conquérir la femme de sa vie. En reprenant le contrôle de sa vie, Jeff Bauman passera de bête de foire surexposée à la presse par sa mère en homme cherchant uniquement à retrouver une vie simple.

    Le réalisateur David Gordon Green réussit à trouver la parfaite approche pour narrer cette histoire vraie tout en pudeur et subtilité. En évitant livrer une simple reconstitution à un public friand de tragédie et plus réceptif à des films à gros budget souvent dénué d’une véritable âme, Stronger s’impose comme le mixte parfait du cinéma indépendant américain et du film hollywoodien. Aussi à l’aise dans la comédie que dans des tragédies, le réalisateur trouve ici matière à livrer simplement son meilleur film. En proposant un casting original composé de comédiens professionnels et pour les seconds rôles de non-professionnels, le réalisateur livre un film réaliste et sonnant juste à chaque scène.

    Le casting du film autour du comédien principal Jake Gyllenhaal (Jeff Bauman) n’est pas en reste et bénéficie d’excellents seconds rôles notamment Tatiana Maslany (Erin Hurley), Miranda Richardson (Patty Bauman), Clancy Brown (: Jeff Bauman Sr.), Frankie Shaw (Gail), Chaque personnage bénéificie d’une excellente interprétation et sonne juste. Le réalisateur a su ainsi s’appuyer sur un casting parfaitement maitrisé et surtout donner vie à un couple attachant et malgré de nombreux conflits personnels trouver une véritable osmose.

    Même si Stronger rappelle par moment Né un 4 juillet d’Oliver Stone, le film n’est pas comme celui-ci un pamphlet politique mais plutôt le portrait d’un homme ordinaire devenu le symbole d’un pays tout entier. Blessé, meurtri, cet homme handicapé réussira à se relever et à reconquérir la femme de sa vie.. Stronger nous touche droit au cœur et nous rappelle que le cinéma n’est pas qu’un simple moyen de divertissement c’est aussi un vecteur d’expression formidable et universel.

    Vu le 19 décembre 2017 à la Salle Metropolitan, en VO

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