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Impasse (L')

  • Impasse (L')
    Grâce aux méthodes d'enquête peu scrupuleuses du procureur, le criminel Carlito Brigante est libéré au bout de cinq ans, au lieu de la peine de prison de trente ans à laquelle il avait été condamné. Décidé de changer de style de vie, de se retirer dans les Caraïbes pour louer des voitures, Brigante accepte l'offre de son avocat Kleinfeld de gérer une boîte de nuit. Il retrouve sa copine d'alors, Gail, une danseuse dont la carrière peine de décoller. Tout semble aller pour le mieux, et Carlito s'approche de plus en plus de la somme d'argent nécessaire pour laisser sa vie ancienne derrière lui. Mais petit à petit, le vieux gangster se trouve rattrapé par son passé ...

Critique de tootpadu

  • Une sorte de suite ou de réverbération de Scarface, la collaboration précédente entre Brian De Palma et Al Pacino, ce film de gangster fonctionne cependant de façon bien plus élaborée, avec toute la maturité et l'assurance de leurs capacités que ces deux monstres sacrés du cinéma ont pu acquérir entre-temps. A l'image du protagoniste qui croit dur comme fer à son rêve sous les tropiques, qui pense qu'il suffit de pas faire de bruit pour échapper à sa voie prédestinée, Brian De Palma nous livre une version assagie de ses frasques d'alors en retournant à un genre porteur après ses deux échecs consécutifs du Bücher des vanités et de L'Esprit de Caïn. Dépourvue des figures de style habituels du réalisateur qui ont tendance à tourner dans le vide, cette Impasse est un film de genre réussi au rythme soutenu. Ponctué par des scènes d'anthologie (le billard, la gare), le récit prend son temps à souligner la vanité de la quête de Carlito, de l'écroulement sans appel de ses illusions; une situation sans issue qui tourne en boucle, comme la structure du film en un long retour en arrière. Cette résignation, on la sent de même dans la voix off du gangster, employée pour une fois très judicieusement, telle une version plus éclairée des propos d'un Travis Bickle.
    A la maestria de la réalisation correspond une interprétation sans faille, avec un Al Pacino en faux maître de son destin, constamment en mouvement pour échapper aux pièges de son milieu d'origine, une Penelope Ann Miller qui n'a malheureusement pas trouvé de rôle aussi juteux depuis, et un Sean Penn impressionnant dans sa déchéance la plus totale. Signalons enfin une bande originale très efficace, une très belle photo et un montage bluffant qui excelle surtout lors de la longue scène finale haletante.

    Revu le 09 avril 2004, en DVD, en VO

  • 3.5