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Le petit Spirou

  • Le petit Spirou
    Petit Spirou, comme toute sa famille avant lui, a un destin professionnel tout tracé. Quand sa mère lui annonce qu’il intègrera dès la rentrée prochaine l’école des grooms, Petit Spirou, avec l’aide de ses copains, va profiter de ses derniers jours de classe pour déclarer sa flamme à Suzette. Et pas n’importe comment. Ils décident de vivre une aventure extraordinaire.

Critique de Mulder

  • Le petit Spirou rejoint la longue liste des adaptations cinématographiques de bandes-dessinées et réussit le tour de force de s’imposer parmi les plus réussies à ce jour. La plupart des adaptations récentes n’ont malheureusement pas réussi à garder l’âme de ces bandes-dessinées et se sont révélées être des films ratés comme ce fut le cas notamment pour Fais Gaffe à La Gaffe (1981), les Bidochons (1996), Lucky Luke (2009), L’élève Ducobu (2011) et Les vacances de Ducobu (2012), Boule & Bill 1&2 (2013, 2017), Benoit Brisefer : Les taxis rouges (2014). Pourtant on retiendra certaines adaptations très réussies comme Astérix et Obélix : mission Cléopâtre (2002), Adèle Blanc-Sec (2010), Sur la piste du Marsupilami (2012), Valérian et la cité des milles planètes (2017). Ces films ont en commun non seulement d’avoir été mis en scène par des réalisateurs chevronnés mais surtout des passionnés des œuvres originales qui ont nourri leur inspiration. A cette liste de réussite, il faudra rajouter Le petit Spirou qui non seulement montre qu’il est encore possible de proposer des divertissements familiaux de qualité mais surtout faire preuve d’une véritable inventivité pour donner vie à un univers propre à la bande-dessinée.

    Le personnage du petit Spirou fut créé en 1987 par Philippe Tome et Jean Richard Geurts d’abord sous forme de courtes bandes dessinées (moins de six pages) et surtout afin d’appréhender le passé d’un des héros de la bande-dessinée les plus appréciés Spirou (créé en 1938 par Jean Dupuis, Rob-Vel et Blanche Dumoulin). On compte ainsi pas moins de 18 albums, une série animée de soixante-dix-huit épisodes. En collaboration avec Laurent Turner, le réalisateur Nicolas Bary a su trouver la bonne approche pour écrire un scénario riche en rebondissements mais aussi mettre en scène l’univers coloré de cette bande-dessinée culte. Loin de chercher à abêtir les spectateurs le film dresse le portrait d’un jeune collégien dont le destin tracé à l’avance par rapport à une lignée familiale ayant eu le même emploi semble le destiner à un métier de groom. Pourtant, celui-ci est un véritable rêveur et aimerait devenir un aventurier et voyager à travers le monde. Fou amoureux d’une fille de sa classe et aidé par sa bande d’amis il mettra au point non seulement un moyen de transport original mais surtout réussira à faire de différents lieux de leur ville des reproductions de coins de certaines villes étrangères. Inventif et adorable par sa volonté d’apporter une approche sensible de l’enfance, le film trouve aisément son rythme et nous permet de passer un bon moment.

    Pour son troisième film, Nicolas Bary (Les enfants de Timpelbach (2007), Au bonheur des ogres (2012)) se révèle être le choix parfait pour donner vie à l’univers de ce film. Ce féru de bandes-dessinées, de jeux vidéo et de grands films hollywoodiens trouve le moyen ici de livrer un film original et sonnant juste. Que cela soit par la présence de nombreux comédiens que nous apprécions, la musique de Rolfe Ken et surtout la chanson de Vianney (Si on chantait) tout semble ici avoir été créé pour rester respectueux de l’univers du petit Spirou. On retiendra aussi l’importance d’avoir un bon storyboard pour donner au film son rythme et un découpage parfaitement maitrisé. Le réalisateur retrouve ainsi comme pour ces deux précédents films le talentueux Eric Gandois (From Paris with Love (2010), Les Kaira (2012), Lucy (2014), Médecin de campagne (2016), Valerian et la cité des Mille planètes (2017) et prochainement Taxi 5 (2018)).

    L’autre réussite du film est d’avoir pu reposer sur un casting composé de comédiens que nous apprécions. On retrouve ainsi autour du jeune Sacha Pinault (parfait dans son rôle du jeune Spirou), Pierre Richard(Grand papy)
    François Damiens (le professeur de sports Monsieur Mégot), Natacha Régnier (Mère Petit Spirou), la ravissante Gwendolyn Gourvenec (Mademoiselle Chiffre, professeur de mathématiques), Philippe Katerine (père Langélusse, un passionné d’heavy métal) Armelle (La Voyante d’une caravane). Destiné principalement à un jeune public et malgré sa durée trop courte, Le petit Spirou mérite donc amplement d’être redécouvert lors de sa sortie en vidéo le 30 janvier prochain.

    Vu le 20 janvier en DVD

  • 3.5