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La surface de reparation

  • La surface de reparation
    Franck vit depuis 10 ans en marge d’un club de foot de province. Sans statut ni salaire, il connait bien les joueurs et les couve autant qu’il les surveille. Un soir il rencontre Salomé, l’ex-maîtresse d’un joueur, qui a jeté son dévolu sur Djibril, une vieille gloire du foot venue finir sa carrière au club.

Critique de Mulder

  • Le milieu sportif est rarement abordé au cinéma de manière originale et aussi réussi dans notre cinéma hexagonale. On pourrait notamment citer parmi les films marquants Coup de tête (1978, A mort l’arbitre (1983) et plus récemment Les seigneurs (2012). Pourtant l’approche choisie pour le premier film écrit et réalisé par Christophe Regin permet à son film La Surface de réparation de s’émanciper des autres films relatifs au milieu du football.

    Loin des grands clubs de football, l’action se situe dans un petit club de province dans lequel le personnage incarné par Frank Gastambide, ancien joueur de celui-ci s’est reconverti en homme à tout faire. Il suit avec attention chaque joueur de ce club et sans être réellement rattaché comme employé de celui-ci intervient à différents niveaux. Le hasard va mettre sur sa route l’ex-maitresse d’un joueur qui s’est amourachée d’un ancien joueur professionnel de division 1 venu finir sa carrière dans son club.

    En mettant en évidence la manière dont est géré un club de seconde division, le film capte toute notre attention et ne cherche à aucun moment à recourir à des effets inutiles. En privilégiant les coulisses plutôt que l’action sur le terrain, La surface de réparation s’attache particulièrement aux comportements de ces joueurs et surtout des personnages oscillant autour d’eux. On suit donc avec attention ces trajectoires croisées aussi bien dans les vestiaires que lors des différentes sorties nocturnes.

    Pour son premier rôle dramatique la véritable surprise du film est de redécouvrir Franck Gastambide réalisateur, scénariste de Les Kaira (2012), Pattaya (2016) et prochainement Taxi 5 (2018) très à l’aise dans un rôle plus mature et surtout plus sérieux. Loin des comédies qui ont lancé sa carrière, il témoigne ici qu’il est à l’aise dans des rôles nettement plus originaux et arrive à tenir tête à des comédiens confirmés comme ici son mentor incarné par Hippolyte Girardot. L’autre excellente du film est la présence d’Alice Isaaz qui montre qu’elle a toute l’étoffe des grandes comédiennes. Les deux marginaux campés par le duo qu’elle forme avec le comédien Franck Gastambide sont attachants et sonnent justes.

    La surface de réparation témoigne pour un premier film d’un talent indéniable d’un réalisateur et d’un scénario ne cherchant pas forcément à livrer un film commercial et sans réelle prise de risque. Au contraire, cherchant constamment à proposer une véritable étude d’un milieu sportif montre que le cinéma français est encore capable de nous étonner et nous émouvoir en même temps. Longtemps après vu ce film, on garde en mémoire l’interprétation solide et surtout une volonté de proposer un cinéma intelligent et sensible.

    Vu le 14 décembre 2017 au Siège Canal + à Boulogne Billancourt

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