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Oh Lucy

  • Oh Lucy
    Setsuko mène une vie solitaire et sans saveur à Tokyo entre son travail et son appartement, jusqu’à ce que sa nièce Mika la persuade de prendre sa place à des cours d’anglais très singuliers. Cette expérience agit comme un électrochoc sur Setsuko. Affublée d’une perruque blonde, elle s’appelle désormais Lucy et s’éprend de John son professeur ! Alors, quand Mika et John disparaissent, Setsuko envoie tout balader et embarque sa sœur, dans une quête qui les mène de Tokyo au sud californien. La folle virée des deux sœurs, qui tourne aux règlements de compte, permettra-t-elle à Setsuko de trouver l’amour ?

Critique de Mulder

  • Co-scénarisé et réalisé par Atsuko Hirayanagi, Oh Lucy nous surprend continuellement et surtout réussi à nous livrer une œuvre atypique, un croisement entre l’œuvre de Wim Wenders et Woody Allen par ce croisement hybride culturel entre le Japon et les Etats-Unis. Le cinéma indépendant comme le montre si bien ce film doit nous proposer des histoires différentes et surtout surprendre les spectateurs en leur proposant un voyage culturel capable de réveiller toutes nos sens comme le fait si bien la nourriture japonaise.

    Après le court-métrage homomnyme remarqué notamment au Festival de Cannes en 2014 (2ème prix du Cinéfondation), la réalisatrice développe son intrigue et nous livre le portrait d’une femme renfermée sur elle-même et s’ouvrant finalement à la vie par le biais de cours d’anglais américain atypiques donnés en plein Tokyo par un exilé américain John (Josh Harnett parfait dans un vrai rôle de composition). Après la disparition de la fille de sa sœur et de ce professeur supposé être son amant, l’héroine Setsuko et sa sœur décident de partir en Californie (San Diego) pour les retrouver.

    Dès la première scène du film montrant un suicide très réaliste sur un quai d’une gare, Oh Lucy ne cesse de nous étonner et surtout de nous proposer un film d’une profonde originalité et nous présentant Tokyo sous un angle aussi nouveau et intéressant. On sent réellement que la réalisatrice n’a que faire des quartiers touristiques de cette mégalopole et préfère nous montrer le véritable visage de cette ville tentaculaire dans laquelle il semble facile de se perdre. Entre des cours dans lesquels les étudiants doivent porter une perruque et s’inventer un personnage (Lucy pour Setsuko) aux égarements dans une Californie également loin des quartiers touristiques, Oh Lucy créé un véritable envoutement et nous étonne et plait par la fraicheur du récit.

    Après avoir été cantonné à de nombreux blockbusters comme The Faculty (1998), Pearl Harbor (2001), Hollywood homicide (2003), Sin city (2005), 30 days of nighy (2004), le comédien Josh Harnett semble vouloir réellement se libérer de ses rôles dans lesquels Hollywood l’a cantonné. Il retrouve ainsi une véritable indépendant artistique dans des films nettement moins commerciaux mais surtout lui permettant de livrer une véritable interprétation comme ce fut le cas récemment avec bunraku (2010), The Ottoman Lieutenant (2017) et l’excellente série Penny Dreadful. Il livre ici le portrait d’un personnage sans réel code moral et semblant vivre au dépend des femmes qui ont croisé sa route. Oh Lucy bénéficie d’un casting intéressant composé de comédiens japonais comme Shinobu Terajima (Setsuko), Koji Yakusho (Komori), Shioli Kutsuna (Mika).

    Oh Lucy mérite donc amplement d’être découvert si vous aimez le cinéma indépendant consistant et parfaitement maitrisé. On s’éloigne ainsi du cinéma commercial trop souvent présent dans nos cinémas pour un film d’auteur passionnant et réellement envoutant.

    Vu le 11 janvier 2018 via lien presse privé

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