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Le rire de ma mère

  • Le rire de ma mère
    Adrien, timide, n’a pas la vie facile. Bousculé depuis que ses parents sont séparés, il partage son temps entre son père et sa mère. Un jour, il prend conscience d’une douloureuse vérité qui va tout changer, non seulement pour lui, mais également pour toute sa famille. Le jeune garçon se met à jouer dans une pièce de théâtre pour se rapprocher d’une jeune fille dont il est tombé amoureux. Dans cette période difficile, il veut comprendre ce que signifie le fait d’être courageux.

Critique de Mulder

  • Il fallait un sacré courage et trouver la juste tonalité pour aborder la thématique de la mort à travers le regard d’un adolescent. Il fallait le même pour s’éloigner d’un cinéma commercial complaisant et souvent vain pour retrouver tout le charme des films qui ont marqué notre mémoire. On pense ainsi en découvrant cette histoire réaliste et attachante aux films de Claude Sautet et Maurice Pialat qui étaient également plus attachés à parler de thématiques importantes et surtout à créer des personnages profondément humains.

    Dès la première scène du film nous découvrons le jeune Adrien et sa mère Marie divorcée qui essaye de refaire sa vie. Après une altercation en voiture avec son nouvel amant, elle n’a d’autre choix que d’appeler son ancien mari Romain pour venir les chercher au bord d’une route de campagne. A aucun moment les réalisateurs et scénaristes Colombe Savignac et Pascal Ralite ne cherchent pas à émouvoir constamment les spectateurs. Ils livrent une peinture sensible de notre société. Ils portent un véritable regard sur les différents problèmes de communication que cela soit entre parents et enfants, à l’école et surtout face à des sujets difficiles à aborder comme le divorce, la maladie (le cancer, véritable fléau de notre société actuelle) et la mort

    On comprend aisément l’importance qu’occupe la thématique de la filiation, de la place de chacun dans notre société actuelle que cela soit au sein d’un groupe (mis en avant à travers les ateliers théâtre), de sa classe concernant le jeune Adrien ou de sa famille recomposée ou non. La force de ce film est de brasser avec intelligence différentes thématiques actuelles et de s’éloigner d’un cinéma commercial de piètre qualité et malheureusement trop souvent présent dans nos salles de cinéma

    Enfin, les deux réalisateurs ont eu la chance de pouvoir s’entourer d’excellents comédiens et on retrouve avec le même plaisir intact le comédien Pascal Demolon qui continue à préférer avec des choix judicieux le cinéma d’auteur à celui d’un cinéma calculateur et froid. Après les excellents Radiostars (2012), Discount (2013), Elle l’adore (2014), il trouve de nouveau ici un véritable rôle à son étoffe et campe ainsi un gérant d’un vidéoclub sur le déclin, un passionné et humaniste qui a réussi à refaire sa vie et garder un lien avec son ex-épouse. On retrouve aussi dans les deux rôles principaux féminins Suzanne Clément et Sabrina Seyvecou.

    Le rire de ma mère mérite amplement notre attention et confirme une nouvelle fois qu’un bon film repose sur un scénario amenant à la réflexion, des comédiens habités par leur rôle et surtout des réalisateurs et scénaristes ayant réellement un message à faire passer. On espère donc que ce film trouvera sa place dans nos cinémas plutôt habituellement frileux à proposer un cinéma mûr et intelligent et loin des sempiternelles comédies trop bien huilées pour n’être autre qu’un produit de consommation aussitôt consommé qu’oublié.

    Vu le 05 décembre 2018

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