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Le grand jeu

  • Le grand jeu
    La prodigieuse histoire vraie d’une jeune femme surdouée devenue la reine d’un gigantesque empire du jeu clandestin à Hollywood ! En 2004, la jeune Molly Bloom débarque à Los Angeles. Simple assistante, elle épaule son patron qui réunit toutes les semaines des joueurs de poker autour de parties clandestines. Virée sans ménagement, elle décide de monter son propre cercle : la mise d’entrée sera de 250 000 $ ! Très vite, les stars hollywoodiennes, les millionnaires et les grands sportifs accourent. Le succès est immédiat et vertigineux. Acculée par les agents du FBI décidés à la faire tomber, menacée par la mafia russe décidée à faire main basse sur son activité, et harcelée par des célébrités inquiètes qu’elle ne les trahisse, Molly Bloom se retrouve prise entre tous les feux…

Critique de Mulder

  • Aaron Sorkin s’est imposé en plus de vingt-cinq ans d’une carrière prolifique comme l’un des meilleurs scénaristes de l’industrie hollywoodienne actuelle. Du film Des hommes d’honneur (1992), La guerre selon Charlie Wilson (2007), The Social network (2010), le Stratège (2011), Steve Jobs (2015) à son premier film en qualité de scénariste et réalisateur Le Grand Jeu (Molly’s Game), il a pu s’imposer comme un virtuose de l’écriture notamment par ses longs monologues et un véritable sens inné du rythme. Il a été également producteur de cinéma et de séries télévisées (Sports Night, A la Maison Blanche, Studio 60 on the Sunset Strip, The Newsroom). Ayant obtenu un Golden Globe et un Oscar en qualité du meilleur scénario pour The Social Network, on attendait avec impatience son premier film et surtout comment il allait aborder le personnage de Molly Bloom.

    En adaptant le best-seller en partie autobiographique « Le grand jeu : Les mémoires d'une reine du poker déchue » de Molly Bloom, Aaron Sorkin nous livre simplement l’un des meilleurs films de cette année. On comprend aisément en quoi le sujet du film occupe une place privilégiée dans le cœur de ce scénariste au point de vouloir passer à la réalisation pour ne rien perdre des nombreuses qualités d’un scénario brillant. En revenant via un processus de flasbacks réguliers sur le passé de Molly Parker, le film dresse le portrait d’une ancienne sportive reconnue qui suite à un accident lors d’une compétition de ski décide de changer de vie et de devenir la chef d’un réseau de salles de poker. Le film est certes une version romancée de cette histoire vraie et incroyable d’une femme d’affaires avisée mais il réussit à rester réaliste et passionnant et surtout à donner une vision assez réaliste du monde du jeu aussi addictif que dangereux. Le film dresse ainsi le portrait réaliste d’une face cachée de Hollywood dans laquelle de nombreux comédiens passionnés du poker se retrouvaient dans des parties clandestines. On comprend donc aisément que le scénario a su s’éloigner de la réalité et changer ainsi de nombreux noms afin de ne pas voir les foudres de personnalités influentes du cinéma hollywoodien actuel s’abattre sur ce film.

    Une nouvelle fois la férocité du scénario d’Aaron Sorkin réussit à capter toute l’essence du milieu du jeu clandestin et surtout à livrer de nombreuses scènes mémorables donnant de nouveau à trois excellents comédiens matière suffisante à créer des personnages passionnants. Il serait trop simpliste de comparer ce film à celui de Martin Scorsese Le Loup de Wall Street tant celui-ci ne cherche à aucun moment à être une caricature d’un milieu hors la loi dans laquelle des mafieux, des joueurs professionnels s’entremêlent avec autant d’harmonie. De la même manière dès la première scène, Aaron Sorkin nous livre une scène d’introduction mémorable et surtout réussit à capter pendant pratiquement cent quarante minutes notre attention.

    On retrouve ainsi dans les rôles principaux et importants du film Jessica Chastain (Molly Bloom), Idris Elba (Charlie Jaffey), Kevin Costner (Larry Bloom),Michael Cera (Player X), Jeremy Strong (Dean Keith). On retiendra du film les excellents échanges ente les personnages de Molly Bloom et de son avocat Charlie Jaffey qui après s’être analysés apprennent à s’apprécier et nous livrent aisément les meilleurs scènes de ce film au tempo parfait. De la même la scène vers la fin du film sur un banc entre Molly Bloom et son père Larry Bloom montrent à quel point Kevin Costner reste l’un des meilleurs comédiens actuels. On apprécie d’autant plus le premier film d’Aaron Sorkin par le fait de ne pas à chercher à impressionner son public ni à changer tout le charme qui fait la réussite de ces excellents scénarios. On ressort donc heureux et bluffé par une telle réussite pour un premier film et on attend avec impatience sa seconde donne.

    Vu le 29 décembre 2017 à l’UGC Ciné-cité Bercy, salle 23, en VO

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