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Tout l'argent du monde

  • Tout l'argent du monde
    Rome, 1973. Des hommes masqués kidnappent Paul, le petit-fils de J. Paul Getty, un magnat du pétrole connu pour son avarice, mais aussi l'homme le plus riche du monde.  Pour le milliardaire, l'enlèvement de son petit-fils préféré n'est pas une raison suffisante pour qu’il se sépare d’une partie de sa fortune.  Gail, la mère de Paul, femme forte et dévouée, va tout faire pour obtenir la libération de son fils. Elle s’allie à Fletcher Chace, le mystérieux chef de la sécurité du milliardaire et tous deux se lancent dans une course contre la montre face à des ravisseurs déterminés, instables et brutaux

Critique de Mulder

  • “Lorsque nous avons été informés de ces terribles allégations, six semaines seulement avant la date de sortie prévue pour le film, il nous a semblé impensable de faire comme si de rien n'était. Nous ne pouvions décemment pas faire fi de ces accusations. Lorsque Ridley et moi avons pris la décision de réattribuer le rôle à Christopher Plummer, nous avons pu compter sur le soutien total des acteurs et de l'équipe. Nous ne les remercierons jamais assez pour leur engagement sans faille tout au long du processus” - Dan Friedkin. (source : dossier de presse)

    Parmi les bonnes surprises de cette fin d’année, Tout l’argent du monde marque le grand retour de Ridley Scott dans un film nettement plus réussi que ses précédents Cartel (2013), Alien covenant (2017). Il s’était imposé comme l’un des plus intéressants réalisateurs avec notamment des films comme Blade Runner (1982), Black Rain (1989), Gladiaror (2000), La chute du faucon noir (2002), American Gangster (2007), Robin des bois (2010) et Seul sur Mars (2015).

    Rares sont aussi les films dont une inconvenue est si importante à quelques semaines de sa sortie en salles (obligation de retourner plusieurs scènes en remplaçant le comédien Kevin Spacey par Christopher Plummer dans l’un des rôles les plus importants de ce drame). Le résultat final montre aisément à quel point Ridley Scott reste l’un des réalisateurs les plus importants du cinéma mondial et surtout un orfèvre capable du meilleur comme du nettement moins réussi. Loin d’utiliser des effets spéciaux numériques, le réalisateur a enfin intégralement retourné toutes les scènes tournées par Kevin Spacey et d’autres comédiens par celles avec Christopher Plummer. Il en ressort que prendre celui-ci pour incarner J. Paul Getty est une excellente idée et apporte au film un apport indéniable.

    Le scénario de David Scarpa permet donc de permettre une reconstitution prenante de l’enlèvement de Paul Getty, petit-fils du magnat du pétrole J. Paul Getty. Celui-ci connu pour être non seulement un grand homme d’affaire au cœur de pierre refusa initialement de verser l’argent nécessaire pour faire libérer Paul. Le film suit donc le parcours aux multiples rebondissements de la mère de Paul, Gail épaulé par le chef de la sécurité de cet homme d’affaires considéré comme l’un des hommes les plus riches de la planète. La réalisation très inspirée de Ridley Scott malgré quelques longueurs et un rythme trop lent sied parfaitement au récit et surtout évite tout effet inutile pour nous livrer un thriller d’une efficacité redoutable. La grande force de ce film est de nous livrer avec minutie les nombreux rebondissements non seulement liés au kidnapping le plus médiatisé des Etats-Unis mais surtout de dresser le portrait d’un homme d’affaires grand collectionneur au cœur d’acier préférant s’atteler à établir une collection gigantesque (que l’on peut découvrir en visitant le musée J Paul Getty situé à Los Angeles) qu’à vivre avec sa famille et élever son fils (montré comme une épave humaine le temps d’une scène importante du film).

    Ridley Scott a su parfaitement s’entourer de comédiens talentueux dans les rôles principaux. On retrouve ainsi Mark Wahlberg (Fletcher Chase), Michelle Williams (Gail Harris), Christopher Plummer (John P. Getty), Charlie Plummer (John Paul Getty III), Timothy Hutton (Oswald Hinge) et surtout Romain Duris (Cinquanta) qui obtient là l’un de ses meilleurs rôles à l’écran. Ce soin de casting donne au film une aura importante et loin d’être un énième film hollywoodien s’oriente nettement vers une forme de cinéma indépendant redonnant au réalisateur Ridley Scott le moyen de retrouver une véritable inspiration qui manquait cruellement à son précédent film.

    Certes tout l’argent du monde aurait gagné à avoir un montage nettement plus rapide et ainsi nous livrer un thriller à la hauteur de ceux marquant des années 70. Reste que la somme de talents investis pour donner un film captivant, original et intéressant se ressent aisément à l’écran et pour cela on ne peut que vous encourager à découvrir ce film au cinéma.

    Vu le 27 décembre 2017 au Gaumont Disney Village, Salle 14, place A19 en VF

  • 3.5